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Marius Tour de France

Jour 368 / Premiers kilomètres dans les Ardennes !


ll a fait super beau pendant notre jour de pause au bungalow et on a bien profité. Céline, notre hôtesse, et son papa, Georges, sont passés plusieurs fois dans la journée, pour amener du foin, papoter un moment et s’assurer que nous étions bien, puis lâcher leurs 3 poneys. Nous avons​ alors assisté à de joyeuses cavalcades et roulades, sous le regard perplexe de nos mul’ânes, Marius observant placidement toute cette agitation et Symphonie, collée à lui, s’assurant qu’ils soient bien séparés par un fil.

En ce jour d’anniversaire, nous avons donc fait la présentation du blog avec une bougie « numéro 1 », qu’on a galéré à allumer à cause du vent, plantée dans un gâteau de fortune fait de biscuits « ptit dej », faute de pâtisserie dans les champs. Josiane, la correspondante de l’Est Républicain qui était venue pour écrire un papier la veille, repasse à notre départ pour avoir sa photo.
Allez, c’est parti!
Marius et Symphonie toujours super fringants, nous avalons les km sans peine. En cette belle journée printanière où nous apprécions le retour des oiseaux, l’apparition des petites fleurs et des premiers bourgeons, nous descendons un chemin très humide et glissant dans la forêt pour rejoindre une belle piste droite. Nous enchaînons entre champs, villages et forêt, avec quelques petits bouts de route parfois bien fréquentées. À signaler un arbre incroyable qui m’interloque au début d’une piste où nous bifurquons, juste après le village de Bouvreuils. Nous avons déjà rencontré des êtres incroyables en forêt, de magnifiques vieux arbres tout en élégance. Celui-ci, planté dans son prés, ressemble plus à un vieux nain sorti d’un conte. Noueux et rabougri, il n’en n’a pas moins de présence et je le remercie de nous laisser passer sur son territoire.

Nous pique-niquons ensuite au bord du chemin, ou plusieurs passants viennent nous parler, pendant que Steph profite d’un brin de réseau pour charger des photos sur le blog ou régler quelques bugs. Plus tard, en voulant prendre un raccourci, nous nous trompons, trop occupés que nous sommes à regarder le paysage. On aperçoit depuis le bas du village de Varennes-en-Argonne un impressionnant monument est situé sur les hauteurs avec d’immenses colonnes.

En fait, la libération de l’Argonne a eu lieu majoritairement grâce aux troupes américaines du général Pershing. Ce sont des soldats originaires de Pennsylvanie, sous le commandement des généraux Ligett et Price, qui libérèrent Varennes le 26 septembre 1918. A l’issue de cette victoire, ils rassemblèrent leurs chars sur la place du château, lieu où fut construit ce monument de 1927 à 1928.

Bon, demi-tour, nous reprenons la route jusqu’au bon chemin qui nous permet de couper à travers un plateau où s’élèvent deux fermes. Nous avons décidé de nous arrêter à Apremont, premier village des Ardennes que nous traversons !

C’est à l’entrée du village que nous trouvons un petit terrain bien sympathique et une petite cabane où nos affaires pourrons être au sec. Anthony, un voisin, sa femme et leurs enfants nous y accueillent et nous proposent avec gentillesse de venir les voir si nous avons besoin de quoi que ce soit. Merci beaucoup !! Nous ne tardons pas à nous coucher car le froid tombe. Demain matin, Oriane et ses deux chiens, Missac et Ropain, viennent nous rejoindre pour marcher une petite semaine avec nous. Nous sommes ravis de cette compagnie qui mettra une nouvelle dynamique à notre quotidien.

[Vendredi 24 mars 2017 – 15 km]
Nous avons très bien dormi dans ce petit pré communal à l’entrée du village, nos affaires bien à l’abri dans la cabane. Le couple de la maison d’en face et leurs trois enfants, qui étaient venus nous saluer et nous avaient offert de l’eau, des noisettes et de la confiture de figues maison, nous offrent un café, que nous prenons avec plaisir… Très gentils et intéressés, ils prennent quelques photos et proposent de garder devant chez eux la voiture de Oriane, qui arrive ce matin, pour le temps qu’elle passera avec nous.

Les mul’ânes n’ont pas beaucoup eu de liberté, ni hier soir ni ce matin, puisque nous sommes dans le village et un peu au bord de la route. Nous les avons bien laissés vaquer un moment mais Symphonie avait trop envie d’explorer les lieux. Tant pis, parfois c’est comme ça. En voyage, ils profitent certains jours de grands parcs clos, et certains autres jours doivent se contenter d’un plus petit espace en longe, espace que nous choisissons toujours au mieux pour eux. Marius a, en ce moment, quelques petits dérangements digestifs dus à la mise à l’herbe, donc nous nous méfions de l’herbe trop verte. Mais on n’a pas toujours le choix. En ce moment, nous avons vu aussi beaucoup d’agriculteurs répandre de l’engrais sur leurs pâtures… Pas top non plus.. Peut-être pour manifester son mécontentement quant au fait d’avoir été trop attachée, Symphonie se couche au moment où je vais la chercher pour bâter… ou alors c’est juste le moment de la sieste puisqu’il est 10h. Elle consentira tout de même à se lever après avoir été étrillée couchée, Madame. Le temps que Oriane arrive et qu’on finisse d’équilibrer les sacoches avec quelques affaires à elle, il est 11h lorsque nous décollons. Un petit bout de route en montée et nous rejoignons le GR14 qui nous emmène dans la forêt sur de belles pistes plutôt marchantes, mais décidément Symphonie n’a pas très envie de marcher aujourd’hui. Elle veut rester derrière et s’arrête très souvent pour regardez le paysage ou écouter les bruits dans la forêt. Parfois elle baille même en marchant !! Nos deux mul’ânes doivent aussi faire connaissance avec les deux chiens de Oriane. Le temps est changeant, belles forêts avec clairières dégagées, belles lumières, dans l’une desquelles nous déjeunons avec de délicieuses salades préparées par Oriane, avec des cookies vegan maison à se relever la nuit !! Mmmh.. Nous espérions pouvoir faire 18 kilomètres jusqu’à Senuc, mais nous sommes partis un peu tard. Les ânes ont marché moins vite aujourd’hui, et lorsque nous arrivons à Grandpré, nous décidons de trouver un endroit où passer la nuit. C’est aussi suffisant pour les deux petits chiens d’Oriane, qui doivent se mettre dans le bain.

Comme nous avons vu une ferme sur notre route, nous décidons d’aller y demander un petit bout de terrain. Alors que nous remontons l’allée bordée de platanes qui conduit à la ferme et que les chevaux s’agitent dans les parcs à notre vue, un homme sort sur le perron et nous crie : « faites demi-tour, mon chien va vous bouffer ! » Nous stoppons net à 300 mètres et faisons en effet demi-tour, interloqués par un tel accueil. Bon, ça commence bien les Ardennes… nous trouvons un peu plus loin un bout de terrain communal coincé entre une départementale très fréquentée et la rivière, ma foi, ça fera l’affaire. Nous organisons notre petit camp, je vais chercher de l’eau chez des particuliers à quelques pâtés de maisons pendant que Stéphane et Oriane montent le camp, puis nous profitons du début de soirée avant que le froid ne tombe.

Ce soir, Oriane teste le mode « bâche tendue contre un grillage de stade », car il n’y a pas trop de possibilité pour installer son hamac. Symphonie est excitée par les nombreuses voitures qui passent et peut-être la présence de Missac et Ropain, elle se tape des petits galops en essayant d’entraîner Marius, et nous devons assez rapidement les attacher. Alors que nous sommes couchés, des jeunes gens manifestement un peu éméchés viennent se garer pas loin et nous crient « clochard, va dormir ailleurs ! » (ivres, virgule, …) Bon, c’était peut-être pas le meilleur endroit pour bivouaquer car nous sommes vraiment en bord de route… le balai de mobylettes du vendredi soir nous bercera peut être… Nous espérons pouvoir quand même dormir tranquille sans que personne ne vienne embêter nos animaux.

[Samedi 25 mars 2017]
Finalement la nuit s’est bien passée. Il y a eu beaucoup de vent et Oriane a eu un peu froid sous sa bâche, d’autant plus que Missac, qui s’était mis en tête de garder le camp, n’a pas fermé l’œil et a beaucoup bougé. Comme le froid nous a fait nous coucher tôt, nous sommes réveillés à 7h. Le lieu est assez bruyant aussi. Vu l’excitation des mul’ânes​ la veille au soir et la manière pressante donc ils nous appellent ce matin dès qu’ils entendent la fermeture éclair de la tente, nous préférons ne pas les lâcher et juste les déplacer, afin d’éviter de folles galopades. Nous sommes trop près de la route ! Nous essayons de nous réchauffer avec un café et quelques tartine à la confiture de figue mais finalement rien de tel que de démonter le camp pour faire monter la température. Tant et si bien qu’il est à peine 9h30 quand nous quittons le lieu du bivouac, woaw.

Heureusement, car en essayant d’éviter les 3 km de départementale tout droite et rapide qui nous amène au village voisin, nous empruntons​ des petits chemins parallèles et nous retrouvons à chaque fois bloqués quelques centaines de mètres plus loin dans des culs de sac… on n’y coupera pas, à cette satanée route. Mais comme récompense, à l’entrée de Seunuc, nous trouvons un café, ouvert qui plus est, et nous octroyons donc ce petit plaisir en vitesse car nous n’avons pas avancé beaucoup… plus loin, à nouveau, nous entrons sur un chemin et faisons demi-tour après avoir interrogé un pêcheur sur la possibilité de passer. D’après lui, le pont situé à plusieurs kilomètres de là est fermé. Retour sur la route, tant pis. À Terme, une dame nous offre de l’eau puis jusqu’à Mouron, re de la route. Le paysage est pourtant joli avec ses pâtures qui verdoient et sa rivière qui scintille. Le vent fait flotter fièrement notre drapeau.
Nous faisons une pause d’une demi-heure au bord de la route, en laissant brouter Marius et Symphonie derrière un grillage, pendant que les deux chiens vont faire trempette dans le cours d’eau en contrebas. Lorsque nous repartons, les chemins sont défoncés par les tracteurs et les coupes de bois. Aujourd’hui nous ne marchons que sur de longues lignes droites et ce n’est pas fini, puisque nous rejoignons une ancienne voie de chemin de fer, dite aménagée. L’aménagement est des plus succinct, mais au moins on peut évoluer.

On marche sur la caillasse, dans l’herbe sèche, on passe entre plusieurs silos où le vent siffle, sacrées rafales qui donnent une ambiance de vielles mines de western désaffectées. Il y a quasiment exclusivement des champs cultivés ou des pâtures fermées. On finit​ par trouver un chouette petit terrain avec une haie d’arbres dans laquelle nous faisons un petit parc pour les ânes. Cela leur permettra de se rouler et de bouger librement le temps que nous montions le camp, tout en étant en sécurité puisqu’à nouveau, nous sommes proches d’une route. À notre étonnement, après avoir à peine grignoté, ils se calent contre les arbres et se mettent en mode sieste, tout calmes.


Ce soir, Oriane va tester son hamac et nous cherchons le meilleur endroit où le mettre pendant que Steph va chercher de l’eau à la maison voisine. Je profite de quelques instants pour régler quelques nécessités administratives, puis nous mangeons​ un morceau au soleil couchant. Stéphane aide Oriane à s’installer dans son hamac et à y faire monter les chiens. Nous nous demandons quel genre de papillon émergera demain de cette chrysalide, et sur cette note joyeuse, tirons le rideau de cette journée bien remplie.

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