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Marius Tour de FranceMTF Meuse

Jour 363 / Chez ces « grelotteux » qui voient l’agriculture différemment !

[Dimanche 19 décembre – 19 km]

Excellente soirée autour d’un bon repas chez nos hôtes, Danièle​ et Hervé. Pour l’apéro, un de leur ami agriculteur et sa femme sont présents et nous avons de grands débats autour de l’agriculture conventionnelle​ et bio, de nos modes de vie en surconsommation et en gaspillage qu’il nous faut changer. Nous ne sommes pas du même avis sur beaucoup de sujets, mais c’est aussi ce qui rend le débat intéressant. Beaucoup croient qu’il est obligatoire de produire intensivement pour nourrir le monde, nous pensons que cela tue la terre et que si nous réorientons notre consommation avec parcimonie et respect, il est possible de produire suffisamment et localement des produits de qualité sans chimie. Mais il faut que tout le monde s’y mette. Nous échangeons beaucoup avec nos hôtes, Hervé a pas mal voyagé, notamment en Afrique. La réalité qu’il a vécue là-bas a modelé son regard d’aujourd’hui sur nos besoins, le gaspillage, la guerre, les conditions de travail et tout ce que nous mettons en place au nom de la croissance. Danièle aussi a le cœur sur la main, elle est passionnée​ de chevaux et de communication, du fait de changer son regard sur les choses pour les vivre autrement. Eux et leur fils Guillaume, un des deux jumeaux, sont vraiment des personnes intéressantes. Comme ils ont chacun un métier et qu’ils tiennent leur ferme à côté, ils se font appeler des « grelotteux » par les agriculteurs. C’est le terme employé pour désigner quelqu’un qui n’est pas un « vrai » paysan et on en rigole.

Nous avons dormi dans le hangar à tracteur avec Bayah et nos affaires. Dame Bayah a tremblé jusqu’à minuit. Nous faisons plus de kilomètres en ce moment et avec les nuits froides, elle a du mal à récupérer… c’est décidé, demain matin nous appelons Brigitte qui s’est proposée​ depuis longtemps de prendre Bayah​ en pension si nous devions rencontrer un problème. Nous nous disons qu’elle sera mieux chez notre amie pendant quelques semaines, et nous préférons l’appeler maintenant car nous ne sommes pas encore trop loin de Metz. Au matin, bien qu’un peu raide, Bayah semble tout de même en forme et capable de marcher cette journée jusqu’à Jouy-en-Narbonne. Danièle​ nous a préparé un magnifique petit déjeuner et nous nous attardons encore comme d’habitude à discuter passionnément. Je bois d’ailleurs un peu trop de café et me sens assez speed lorsque nous préparons les affaires. Marius et Symphonie​ sont à nouveau bien boueux ce matin. La mule continue sa mue de printemps, nous semons des poils à tout va. La toison de Marius, elle, n’a pas encore bougé.

Il y a du mouvement à la ferme entre les chevaux, les tracteurs et les vaches qui bougent à côté, et nos ânes ne tiennent pas en place pendant le bâtage. Heureusement, bien que nous devons traverser Verdun aujourd’hui, nous contournerons les parties les plus fréquentées pour rejoindre un bout de canal, qui nous amènera jusqu’à Thierville-sur-Meuse.
En passant sur un pont, une voiture s’arrête et un monsieur très intéressé nous prend en photo et nous offre un paquet de petit beurre. Merci !
Nous traversons tranquillement plusieurs villages, Fromeréville-les-Vallons, Dombasle-en-Argonne, où nous trouvons des routes parallèles lorsque la circulation est trop intense.
De retour sur les chemins nous parvenons ensuite dans une zone militaire où nous pouvons rentrer par un petit passage à côté des barrières, le contourner nous prendrait trop de temps. La piste est super agréable, la flore assez particulière et l’ambiance plutôt sympa malgré les panneaux « attention chars ». Nous croisons un troupeau de moutons avec de tout petits agneaux qui errent​ dans cet immense camp. On se croirait dans un autre pays. Nous sommes bien conscients que dans la région, il vaut mieux ne pas trop s’écarter des chemins puisque encore aujourd’hui, autour de Verdun, on peut retrouver des obus ou des grenades datant de la guerre. Tout en marchant, nous sommes en communication presque permanente avec Pascal qui va nous accueillir ce soir à Jouy-en-Argonne. Il nous retrouve d’ailleurs peu après notre sortie du camp militaire, alors que nous longeons une petite route interminable et avec le même vent de face que nous avons eu toute la journée. Tout sourire lorsqu’il sort de sa voiture et ravi de nous avoir retrouvé, il nous confirme la direction à suivre, nous sommes à environ 5 km de notre étape.

Ces derniers kilomètres sur la route nous semblent très longs, en plus nous n’avons pas vraiment pu faire de pause dans le camp militaire où il était difficile de s’arrêter. Du coup, nous profitons d’un petit bout de prairie entre deux routes pour décharger les mul’ânes 20 minutes et poser un peu nos fesses. Lorsque nous arrivons à Jouy après quelques montées et descentes, un comité d’accueil nous attend à l’entrée du village ! Il y a Pascal et son âne Martin, un ami agriculteur, Régis, qui vit sur place et s’occupe aussi de Martin, une dame avec un poney et des enfants. Quel accueil !! Nous passons devant le centre équestre où tout le monde nous fait des signes puis allons décharger Marius et Symphonie devant l’ancienne maison de Pascal et sa femme Roselyne. Pour ce soir et demain soir, nos compagnons partagerons la pâture de Martin qui semble heureux d’avoir des copains, même derrière un fil.

Quant à nous un apéro nous attend dans la maison avec plusieurs personnes dont un photographe venu pour l’occasion. Nous échangeons et répondons volontiers aux questions de ces personnes adorables et très intéressées par notre projet. Le temps file et lorsque nous appelons Brigitte, il est trop tard pour qu’elle vienne chercher Bayah​, ça se fera demain. Nous n’allons pas dormir sur place mais à Verdun, où habitent Pascal et Roselyne. Là-bas, un bon repas nous attend puis une bonne nuit dans un petit appartement à côté. Nous passons une excellente soirée à parler principalement d’ânes, des motivations qui nous poussent dans ce voyage et des détails techniques qui vont avec. Pascal suit assidument le blog et il en connaît presque par cœur plusieurs passages : il a une très bonne mémoire, nous sommes impressionnés ! Nous décidons de prendre un jour de pause pour profiter de visiter un peu Verdun. Ça fera aussi plus près pour Brigitte, lorsqu’elle viendra chercher Bayah ce soir avec sa fille Nouchka et leur petite chienne Princesse.

Tags : grelotteuxJouy en ArgonneVerdun

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