close
Marius Tour de FranceMTF #Moselle

Jour 331 / Voir briller l’étincelle de leurs rêves dans les yeux des gens !

[Vendredi 10 février]

Il a encore fait froid et venteux cette nuit. Les mulânes sont en bas du parc lorsque nous sortons, après un bon petit déjeuner avec les excellentes grosses pommes que Vincent nous a donnés. Ils nous appellent, manifestement ils n’ont pas trouvé l’eau qui se trouvait quelque part en haut du parc, alors on leur amène deux gamelles. Ils ont en revanche l’air calmé, contrairement à hier soir. En allant demander de quoi donner un petit coup de nettoyage à l’appartement, nous croisons Estelle, la femme de Vincent, avec qui nous discutons. Elle a relayé notre passage et le reportage de Mirabelle TV sur les réseaux sociaux. Ce matin, nous allons essayer de ne pas partir trop tard et d’avancer un peu mieux qu’hier. Nous préparons Marius et Symphonie devant la grange où ont dormi nos affaires, et sous les yeux intéressés du père de Vincent, expliquant à son petit-fils ce que nous sommes en train de faire. Nous saluons chaleureusement nos hôtes et prenons la route en fin de matinée, au pas soutenu de nos mulânes très motivés. Pour éviter les zones trop urbanisées et les autoroutes, notre tracé ne va pas en ligne droite, et nous faisons des détours. Malgré les routes à trafic, nous sortons de Peltre sans difficulté pour rejoindre le grand « Bois de l’hôpital », que nous avons prévu de traverser dans sa longueur. C’est une piste très agréable en terre, bien tassée, qui nous permet d’avancer vite.

Puisque nos compagnons ont l’air décidés à tailler la route, nous les laissons marcher devant, même parfois loin devant, en liberté. Lorsque nous nous arrêtons brièvement pour échanger quelques mots avec des promeneurs, ils se retournent puis s’arrêtent aussi, et nous attendent en broutant. Royal ! Bayah est heureuse aussi de fureter ça et là, et tient discrètement tout le monde à l’œil. Nous avons rendez-vous avec Brigitte à 13h à un carrefour au milieu du bois, accessible en voiture. Brigitte nous amène a nouveau une soupe chaude, des fruits, des carottes pour les mulânes, du tabac pour Céline. Le timing est parfait et Brigitte et sa petite chienne Princesse, copine de Bayah, arrivent 5 min après nous, juste le temps de décharger. Retrouvailles, plaisir, rires dans la forêt. Brigitte nous rejoindra demain dans la journée pour marcher avec nous jusque chez elle.

Après une petite heure de pause, nous repartons de plus belle. Il y a beaucoup de promeneurs dans ce bois, et un homme qui arrivait en face décide de faire demi-tour pour marcher avec nous. Ce retraité, veuf depuis quelques années, est inspiré par notre voyage. Il souhaiterait vendre sa grande maison et partir s’installer au Portugal, mais ses enfants ne sont pas enthousiastes à cette idée. Lui-même est assailli d’une multitudes de questions sur « comment ce sera là-bas ». Il nous laisse à sa voiture, garée à la sortie du bois, bien décidé à avancer dans son projet. Pour nous, c’est toujours un bonheur de voir briller l’étincelle de leurs rêves dans les yeux des gens, et si notre rencontre peut contribuer à leur redonner de l’allant, c’est gagné !

Nous reprenons nos ânes en longe car nous retrouvons la route, le temps de traverser une départementale et retrouver un chemin. Nous suivons le GRP  » Tour de Metz », qui passe devant la déchetterie au nord de Verny, et nous conduira à travers champs jusqu’à Cuvry. Nous passons également devant un Bal Trapp, et les quelques coups de feu que nous entendons ne nous inquiètent pas, jusqu’à ce que Bayah repère un chevreuil qui s’enfuit dans les bois juste à côté de nous, déclenchant plusieurs tirs d’un chasseur à quelques mètres. Nous laissons Bayah aboyer pour signaler notre présence, heureusement Marius et Symphonie restent stoïques. Nous ne voyons personne, mais espérons que lui, il nous a vus !!! Après un joli bout de piste, arborée, le tracé sur notre carte nous amène dans les champs. Le chemin est vaguement dessiné en bordure, et la terre mouillée s’accroche à nos chaussures, rendant la progression fatigante. Les mulânes gardent néanmoins un bon rythme, jusqu’à la route. À l’entrée de Cuvry, nous décidons de chercher un endroit où passer la nuit. Nous demandons à une des premières maisons, devant laquelle se trouvent deux chevaux et pas mal de parcs, mais le monsieur nous renvoie à un centre équestre de l’autre côté du village. Nous empruntons un chemin herbeux plutôt que la route, croisons un cycliste qui nous montre où se trouve le centre, sur la carte. Le soir avance et nous espérons que là-bas nous trouverons de quoi passer la nuit. Lorsque nous arrivons, il y a deux personnes devant le bâtiment des box.

Céline va à leur rencontre pendant que je garde les ânes qui broutent en bord de route. Nous apprenons qu’ici agit une association, Sauv’Equi, laquelle récupère des chevaux âgés et/ou maltraités. Il y en a une dizaine en ce moment, qui vont paisiblement finir leurs jours ici, bien soignés.  Carine est la Présidente et Christian  un bénévole. L’association leur donne beaucoup de travail, en dehors de leurs job, mais ils sont passionnés. Cela se voit car l’endroit est nickel. Ils ont aussi besoin de donations pour tourner, car ne reçoivent pas d’aide officielle. Carine accepte de nous recevoir avec plaisir, toute surprise par cette visite insolite, mais heureuse de nous rendre service, de nous faire visiter les installations et de nous présenter les pensionnaires. Elle a beaucoup d’énergie communicative ! Marius et Symphonie auront un grand parc cette nuit, avec de l’eau et une niche à foin bien remplie. Nous, nous renonçons finalement à monter la tente pour occuper une petite cabane avec Bayah, le « club bouse » du lieu. Il y a un petit chauffage d’appoint et une table, que nous pousserons, après avoir mangé un bout, pour installer nos matelas et duvets sur le sol. Les tapis de Marius servent à isoler la porte. Malgré cela, il y a quelques courants d’air, et Céline a froid cette nuit-là. La tente garde mieux la chaleur, mais il a plu et nous étions heureux d’avoir un petit toit et de quoi s’asseoir. On se demande si son duvet en plumes, sensé être en température confort à -12/-19, n’a pas commencé à souffrir un peu des conditions de voyage…

[Samedi 11 février]

Le lendemain nous ne voyons ni Carine, qui ne vient qu’à midi pendant la pause de son boulot, ni Christian. Notre rencontre aura été brève mais intense, comme souvent, et nous avons nos téléphones respectifs, au cas où…

Nous partons sous la pluie, forts de savoir que ce soir nous serons au chaud, chez Brigitte et Sader! À peine avons nous fait 500 mètres que nous entendons, en passant devant une grande bâtisse: « Vous voulez boire un coup ? ». Nous sommes devant une brasserie artisanale, la Micro-Brasserie de Haute-Rive! Voilà comment nous nous retrouvons à goûter une excellente bière pour l’apéro, en parlant avec passion de nouvelles méthodes d’agriculture, de local, de bio, mais aussi des difficultés rencontrées pour tenir bon et respecter son éthique personnelle tout en parvenant à gagner sa vie.  Aurélien Morhain est un jeune agriculteur brasseur et sa femme ont su par facebook que nous étions arrêtés à la ferme cueillette de Peltre. Quelques bières et un tour aux WC plus tard, nous rechargeons Marius et Symphonie, qui ont attendu sagement dans la cour, acceptons avec joie des madeleines au chocolat, et nous remettons en route. Brigitte attend notre appel pour nous rejoindre!! Nous suivons une petite route goudronnée, toujours sur le GRP, traversons un gros rond point et piquons dans les champs, sous une petite pluie fine.

Nous laissons les ânes brouter quelques minutes avant de rentrer dans Augny, où Brigitte nous rejoint avec Princesse. Nous traversons le village en répondant aux signes de la main de certains automobilistes tout sourire. Brigitte remarque à quel point les mulânes attirent les gens et leur donnent envie de les toucher. Nous faisons les 7 derniers kilomètres ensemble, en papotant, et s’amusant du regard en coin de Marius et Symphonie qui surveillent Princesse, ce nouveau chien au bataillon. La dernière heure sera un peu sport pour Céline car nous passons à côté de nombreux parcs où vivent chevaux, vaches ou poneys, et Symphonie a toujours du mal à être en confiance quand ceux-ci viennent nous voir avec curiosité et énergie, même derrière leurs fils. Pas peur d’un gros chien qui aboie furieusement à 2 mètres, mais d’un petit shetland qui trotte, oui… Bon.

C’est avec joie que nous arrivons à Jouy-aux-Arches. Les mulânes auront pour les 2 prochaines semaines un joli parc, avec des arbres, une haie à débroussailler et des branches à grignoter. Nous leur tendrons une bâche en guise d’abri, et Brigitte a d’ores et déjà fait livrer une grosse botte de foin de 400 kg. Les voisins ont été averti de leur présence. Nous sommes heureux d’être là, chez Brigitte, sa fille Nouchka, Sader, et sa fille Clara. Céline restera ici pour s’occuper des animaux. Moi, je partirai 10 jours pour voir Malone. En attendant, ce soir, c’est Champagne, pour fêter le plaisir d’être ensemble.

« Je ne peux pas me soucier uniquement de vendre mes produits si je sais que des gens, dans les pays d’à côté, souffrent de ne pas pouvoir vivre de leur métier et ont aussi besoin d’écouler leur production. Il faut une place pour tout le monde! » Aurélien Morhain, brasseur.

Tags : Bois de l'hôpitalCuvryJouy-aux-ArchesLorraineMirabelle TVMosellePeltreSauv'Equi

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !