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Marius Tour de FranceMTF #Moselle

J327 / A la Ferme Richardin : l’éthique avant le fric !

« J’ai arrêté de labourer mes cultures de céréales pour des raisons économiques, et puis c’est devenu une passion. Jamais je ne reviendrai en arrière ! »

Autour d’un bon repas partagé dans leur petite maison en bois, Benoît et son épouse Blandine (BB) nous parlent avec sincérité de leur vie et de leur métier d’exploitants agricoles. Ils ne sont pas enfants de paysans, et ils se sont lancés parce que c’était leur rêve. C’est peut-être cette caractéristique qui a encouragé leur ouverture d’esprit et cette faculté de se remettre en question pour trouver des solutions sans avoir à affronter les habitudes, coutumes et gestes immuables des générations précédentes. Avec leur fils Vincent, qui a repris le gros de la ferme, ils fonctionnent de la même manière. Si ce dernier a une bonne idée pour faire des économies ou rester le plus indépendant des institutions et des banques qui gèrent l’agriculture aujourd’hui, elle se discute en famille et pour le bien de tous. Ici, on fait preuve de bon sens, d’humilité, d’engagement, d’éthique, et on partage. À côté des animaux d’élevage, beaucoup d’animaux récupérés vivent ici. Sauvés de toutes sortes de situations, ils y coulent des jours tranquilles. La plupart peut avoir encore une progéniture ou finit par mourir de sa belle mort. Lamas, émeu, cochons asiatiques, chèvres du Maghreb, ânes, poneys, vaches highland, limousines, vosgienne et même une vieille charolaise gardée et estimée pour ses bons et loyaux services. Benoît et Blandine ne cherchent pas le profit avant tout, mais l’échange, le bien-être et le respect du vivant. Même le chien et le chat sont des rescapés.

Autant dire que nous avons passé une excellente soirée en leur compagnie, et qu’ils nous ont donné très envie de les interviewer ! Nous devions dormir dans le hangar à tracteur, mais finalement BB nous ont proposé de venir au chaud, avec Bayah. Les ânes ont eu droit à un chouette parc et à de belles brassées de foin, qu’ils ont dégusté en observant du coin de l’œil les lamas et l’émeu. Enfin, surtout Symphonie, qui a d’abord un peu sauté en l’air quand elle a senti et vu cette faune étrange. Très bon exercice pour elle.

Après une bonne nuit au chaud et un petit dej’ royal, nous sortons donc les caméras pour immortaliser cette nouvelle rencontre et aussi pour recueillir leur beau témoignage et leur vision positive de ce métier de la terre, malgré les difficultés.

Nous rencontrons aussi leur fils Vincent, leur fille, leur gendre, les deux petits fils. La maison est toujours ouverte ! L’heure avançant, nous prenons encore le repas de midi avec eux avant de nous motiver à décoller malgré le brouillard et la petite pluie qui nous attendent.

Nous préparons Marius et Symphonie à l’abri dans le hangar. Ils sont couverts de boue et les étrilles ont du mal à nettoyer tout ça. Symphonie n’est pas tranquille avec les animaux présents, rentrés pour l’hiver, mais prend sur elle, même si elle bouge un peu. Blandine nous offre des victuailles « maison » et un pain pour la route, nous sommes à nouveau très touchés. Nous embrassons nos hôtes et rejoignons la route. Nous y resterons pour la plupart des km parcourus aujourd’hui, car les chemins ressemblent plus à des mares de boue.

Pas grave, il y a peu de trafic et les automobilistes et camionneurs font attention. La bruine nous accompagne. Nous marchons 3h et peu avant Pange, alors que nous sentons la fin de journée pointer son crépuscule, nous passons devant l’ancien moulin de Chevillon. Le grand terrain derrière la belle et vieille bâtisse serait parfait pour notre campement. Céline va sonner à la porte, et un monsieur accueillant nous confirme que nous pouvons nous y installer pour la nuit. Mordu de photo, il vient prendre quelques clichés de notre caravane avant la tombée de la nuit, tout en nous expliquant le fonctionnement du moulin, comment l’eau de la rivière était détournée pour actionner la roue et quels ingénieux systèmes étaient mis en place pour gérer le débit de l’eau. D’ailleurs, le terrain est une grande île, et il nous suffit de tendre une corde devant le seul passage possible pour fermer le parc pour les mul’ânes qui, cette nuit encore, n’auront pas besoin de leur longue longe. Bayah retrouve sa tente après deux mois et demi de dodo dedans. Nous dormirons bercés par le ronronnement de la rivière.  

Tags : ChevillonLorraineMoselleRaville

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