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Marius Tour de FranceMTF #Moselle

J264/ « La force d’un voyage c’est ce qui nous en détourne »

[Mercredi 7 Décembre]

Lorsque nous sommes partis en mars dernier, notre idée du voyage était bien différente de ce que nous vivons depuis 8 mois. D’abord parce que nous pensions marcher à un rythme plus soutenu, et puis nous n’imaginions pas à quel point les gens pouvaient être aussi généreux, aussi bienveillants, aussi beaux. Les 10 années au cours desquelles j’ai sillonné l’hexagone durant mes congés m’avaient certes réconcilié avec l’Humain, mais je ne pensais pas que les rencontres pouvaient être aussi fortes. Céline encore moins ! Bien évidemment, nous avons croisé quelques bougons, des méfiants, des râleurs, des rabat-joie, des personnes renfermées sur elles même que rien ne fait plus rêver. Bref, on ne vit pas dans le monde des Bisounours, mais comme je le dis souvent, en regard de ce que nous lisons dans les média et les réseaux sociaux, on a l’impression de vivre dans un monde parallèle. C’est la bonté et l’enthousiasme que nous croisons en majorité au bord des chemins.

Un exemple ? Nous vous avons parlé dans le J250 de notre rencontre avec Sylvain et Isabelle à Haute-Vigneulles. Nous devions nous arrêter une journée, le temps de sécher nos affaires et de recharger nos batteries ! Presque 15 jours ont passé depuis, et nous sommes toujours chez eux !!! En fait, rapidement, on a décidé de rester une journée de plus, puis deux, puis le week end…

Il paraît que « la force d’un voyage ce n’est pas d’aller quelque part mais c’est au contraire, précisément, ce qui nous en détourne ». Entre la météo, l’hiver, les aléas de l’itinérance, les épreuves et inattendus, et surtout nos rencontres… on a l’embarras du choix !!! Plus sérieusement, nous nous sentons bien chez nos hôtes qui, à vrai dire, n’ont pas très envie de nous voir partir. Parce que la cohabitation se passe très bien et que nous avons plein de choses à partager, mais aussi car ils ont du mal à nous imaginer sur la route avec la vague de froid qui est arrivée. Nous humains, malgré notre bon matériel, mais aussi nos mulânes, qui seraient livrés aux intempéries et tributaires d’une nourriture aléatoire. Et puis, nous avons le temps. Nous prenons ce temps puisque nous sommes sensés laisser Marius et Symphonie pour les fêtes juste à côté de Metz, à une cinquantaine de km d’ici. Néanmoins, nous sommes toujours un peu gênés. Peur de nous imposer. Peur d’imposer notre présence. De nous incruster ou de déranger… Ce n’est pas évident de recevoir un tel accueil, de bénéficier de la chaleur et du confort d’une maison, alors que nous avons choisi une vie de nomades. Les rigueurs de l’hiver nous rappellent à l’ordre et nous pouvons choisir de remercier et d’accepter cet état de fait. Car en quelques jours, se sont tissés des liens d’amitié entre nous et notre « famille d’accueil ». Nous avons fait la connaissance de leurs familles, rencontré et découvert leurs ânes Ulane, Pan-Pan, Elvis et le bouc Rodolf, qui gambade toujours libre. Alors on se laisse un peu traîner, on se pose avec plaisir, ouverts à toute une palette de possibilités pour les prochaines semaines. Comme par exemple filmer et voir comment nos hôtes attèlent leurs ânes. Puisque la carriole est rangée dans le garage derrière une voiture en attente de réparations, ils nous montrent comment ils attèlent Ulane et Panpan l’un derrière l’autre, en tandem, pour emmener la petite remorque de fumier de la stabulation jusqu’aux champs où est entreposé le tas.  Leurs ânes sont dehors la journée dans un grand parc en deux parties, puis sont rentrés la nuit dans une stabulation intérieure/extérieure. Nos mulânes peuvent donc voir leurs nouveaux amis de l’autre côté d’un fil, histoire de respecter les distances nécessaires à une intégration en douceur. Nous partageons avec Isabelle, Sylvain et Lilou la passion d’observer nos compagnons. Après une semaine, nous avons essayé de les réunir tous les cinq, mais PanPan s’est révélé très protecteur de son troupeau et surtout d’Ulane, l’ânesse, qui était manifestement en chaleur. Il a donc tenu Marius sévèrement à distance, Symphonie s’en est mêlée pour protéger son pote, alors pour éviter trop de bagarre, nous les avons re-séparés, provisoirement. Il y a beaucoup de respect et d’amour échangés avec les animaux, ici dans cette famille. Nos hôtes ont d’ailleurs monté une petite association, L’écurie des Ânes. Avec eux, ils proposent des prestations en calèche, pour des particuliers ou des manifestations, ou des promenades pique-nique. C’est tout cela, en plus du quotidien, des repas en commun, des rigolades, des histoires de vie, de nos interrogations, que nous partageons chaque jour. Nous avons même partagé nos amis, puisque nous avons eu le plaisir de recevoir la visite de Brigitte et Jean-Luc, le couple de comédiens belges rencontrés chez un vigneron alsacien. En tournée dans la région, ils ont fait un saut à Haute Vigneulles, l’occasion d’un repas et d’une petite balade avec les ânes dans une belle lumière. Un grand plaisir de les revoir.

Et puis la veille du 7 décembre, nous nous décidons : demain, on y va, on remet nos cœurs sur les chemins. Nous sommes aussi attendus chez Brigitte, une autre Brigitte, mon amie qui suit mes aventures depuis 2011, juste a côté de Metz. Le but est de marcher 4 jours jusque chez elle, de passer une petite semaine dans sa famille, de faire au passage quelques examens médicaux, avant de rejoindre Lessy, à une petite journée de marche, où nous devons laisser nos mulânes pour les fêtes. Il est prévu que nous arrivions à Lessy pour le 18 décembre au plus tard, car nous faisons un échange de gardiennage d’animaux avec une famille. Nous nous occuperons des leurs pendant leur absence, puis ils garderont les nôtres pour que nous puissions rentrer pour Noël.

Tôt le matin, alors que nous retrouvons nos sacoches et nos sacs à dos et que nous sommes en train de tout plier, je reçois un message : la famille en question se désiste. La dame s’excuse en nous confiant s’être un peu avancée, son mari et son fils pensent que c’est une trop grande responsabilité de garder nos compagnons pendant dix jours. Elle nous donne quelques autres idées de lieux, dont des centres équestres de la région. Aoutch, nous voilà fauchés en plein envol, et on repose nos affaires, sous le regard malicieux d’Isabelle… Il nous faut savoir où on va laisser nos animaux avant de partir d’ici.

Ce message aurait pu arriver un jour avant, ou un jour après, mais il arrive le matin du départ !! Un hasard?? On a du mal à y croire, au hasard. On doit rester encore un peu, le temps de trouver une solution…

Tags : Haute VigneullesLorraineMetzMoselle

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