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Marius Tour de France

Jour 229 / Que de richesses dans nos partages, que d’émotions…

20161031_131949Nous avons laissé la voiture chez Gilbert hier soir, alors ce matin [Lundi 31 oct.] c’est Régine qui nous emmène à l’écurie à Weyersheim, avec Lou-Anne et Ulysse, Yann étant en tournée boulangerie avec son papa. Ce matin, au café, nous avons eu la magnifique surprise de trouver un mot adorable de Pascal sur la table, ainsi qu’un mot de Yann, plein d’humour et d’amour, nous suppliant de les attendre avant de partir. Les trois nuits passées chez eux ont été l’occasion d’échanges riches et très positifs, eux comme leurs enfants sont en constante évolution, disposés à exprimer leur sentiments et ouverts à l’expérience de la vie. Chacun dans cette famille peut faire ses propres choix et beaucoup de conscience est mise dans le non jugement et l' »être ». Pascal est boulanger ambulant, il fait ses tournées chaque jour. Un matin il nous avait amené un sac contenant plusieurs sortes de pain pour le petit dej’, que Céline a posé dans le véhicule de Gilbert en attendant. Les chiennes étaient dans la voiture, et c’est malheureusement Bayah qui en a fait un festin, ce qui lui a valu un bon ventre gonflé et des gaz fort désagréables pour une journée… Régine était thérapeute mais a cessé de travailler pour profiter de la vie et de son enseignement, faire son jardin, être disponible pour sa famille et elle-même. Que de richesses dans nos partages, que d’émotions. Gilbert a également été très présent, notamment pour les repas pris en commun. Lui aussi regarde la vie toujours du bon côté, prêt à se remettre en question et toujours avenant et partant pour s’impliquer. Nous n’allons pas quitter Régine, Pascal et les enfants tout de suite car il se trouve que leur maison est située sur notre chemin, à 12 km de l’écurie où nous attendent Marius et Symphonie. La famille, très encouragée par les enfants qui s’impliquent dans cette histoire, nous trouve  un terrain juste à côté pour les ânes, et nous dormirons chez eux à nouveau ce soir, si tout se passe bien!

20161031_162224Arrivés à l’écurie, nous retrouvons nos affaires entreposées dans un container. Des souris se sont servies pendant notre absence. Elles ont grignoté une partie de notre nourriture, ce qui nous oblige à jeter l’essentiel de nos provisions. Nous rééquilibrons nos sacoches, reprenons contact avec le chemin, et préparons Marius et Symphonie qui ne se font pas prier pour sortir de leur parc. Ils nous font sentir que ces deux semaines ont été un peu longues et se montrent un peu impatients. Cependant, la reprise se passe bien. C’est Lou-Anne qui étrille Symphonie et lui cure les pieds, car elle connaît les chevaux et a très envie de s’en occuper. Nous saluons et remercions chaleureusement Patrick, qui est très occupé avec ses travaux agricoles, et disons au revoir à Jean-Charles, passé exprès pour nous voir entre deux rendez vous, notamment pour nous montrer d’un coup de voiture, par où passer. Il est presque 13h lorsque nous quittons les lieux, ça y est, nous sommes heureux de marcher après plus de deux semaines d’arrêt.

20161031_142620Régine et les enfants démarrent avec nous. Symphonie a l’air beaucoup mieux, cette pause a eu l’effet escompté: elle a de l’allant, est à l’écoute, semble apprécier les interactions et les câlins, ne fait plus la tête. Cool. Marius est fidèle à lui même, toujours partant et un peu grognon parfois. Les chiennes sont toutes folles et courent partout.

Après une demi heure, nous saluons Régine et les enfants qui s’en retournent, en nous disant « à ce soir ». Nous marchons à travers champs, le chemin prévu se perd un peu, heureusement que les maïs ont été fauchés. Deux chevreuils détalent devant nous et avant que nous ayons le temps de dire « ouf », Kali et Bayah se précipitent. Tout en appelant à tue-tête , nous voyons au loin les chevreuils promener les chiennes d’un bout à l’autre du champ.

20161030_203742Nous longeons une ancienne gravière, traversons de magnifiques bois aux couleurs automnales, des prairies, des voies ferrées, contournons Bishwiller  et c’est de nuit que nous arrivons à Kaltenhouse, tout près du parc dévolu aux mulânes, où nous attendent nos hôtes. À la frontale, nous les installons et chargeons à bloc la voiture de Pascal avec nos affaires. Encore une belle soirée tous ensemble.

[Mardi 1er nov.] 

Départ à 12h30 avec toute la famille et Gilbert venu pour l’occasion. Les mul’ânes ont été préparés devant la maison, Lou-Anne s’occupe bien de symphonie.

20161101_130217Nous allons rejoindre la Moder, une rivière que nous suivons sur la piste cyclable pour retrouver un peu plus loin le chemin de Compostelle que nous avions laissé, quelques semaines plus tôt, pour nous rendre à Weyersheim. Il fait super beau, les vaches paissent, et notre joyeuse équipe avance sereinement. Après quelques km, Régine fait demi tour avec le cadet, Ulysse. Ils nous attendrons à notre étape du soir, Walbourg, où ils récupéreront tout le monde pour rentrer. Nous empruntons une piste équestre sablée qui nous évite de la route mais aussi de traverser la ville d’Haguenau. Nous croisons d’ailleurs pas mal de parcs à chevaux à proximité d’un centre équestre. Entre deux bouts de forêt, nous tombons sur des sculptures magnifiques en bois, représentant des animaux et des univers poétiques et fantastiques. Pris d’une petite faim, nous nous installons pour un pique-nique en bordure de forêt, où se trouvent tables, bancs et pistes de pétanque.

20161101_144610Au moment de repartir, lorsque nous allons récupérer les mulânes, Symphonie part au galop quand Céline veut la rattraper. Oups, aurait-elle installé cette mauvaise habitude? Nous verrons.. Lou-Anne et Yann sont très courageux, Yann a mal à un pied mais marcher avec Marius l’aide selon lui, alors que sa soeur ne quitte pas Symphonie. Puis nous pénétrons dans la « forêt Sainte » ou « Heiliger Forst ». Une appellation qu’elle doit au fait qu’au Moyen Âge, la forêt attirait, selon la légende sacrée d’Alsace, foules d’ermites. Par ailleurs, pas moins de huit couvents et églises ont été fondés dans et en lisière de forêt, notamment entre le VIe siècle et le XIIIe siècle. Cette « forêt des Saints » quadrillée de chemins rectilignes. C’est un peu monotone mais la lumière est fantastique et en cette période, les rayons de soleil embrasent  les feuilles jaunies par l’automne.

img_20161101_160231L’Arrivée se passe de nuit  à Walbourg à 18h30, alors que Régine vient à notre rencontre avec une amie, Isabelle, et ses enfants. Il fait trop sombre pour voir combien nous sommes, mais c’est un joyeux troupeau qui s’avance jusqu’à l’église, où nous avons rendez-vous avec M. Kopf, contacté par Gilbert. Le terrain autour de l’abbatiale n’est pas top pour nos équidés, M. Kopf nous propose son jardin qui est assez grand et herbeux, arboré. Le temps de serrer nos amis dans nos bras en échangeant des au-revoirs émus, et nous nous remettons en route.  Le terrain est parfait pour Marius et Symphonie, la tente et les chiennes aussi. Le camp monté, Céline reste un moment avec Symphonie en écrivant, pour un moment gratuit. Il fait assez bon..20161101_141430

[Mercredi 2 nov.]

Il pleut au réveil, mais ça se calme vite. Petit dej’ chez Jean-Louis et Martine et leur petite fille Louise. Céline en profite pour prendre une douche bien méritée. Nous discutons, écrivons un mot sur le Livre d’or, malheureusement nous n’avons pas le temps d’aller voir l’abbatiale, que fait visiter JL, historien et prof de français à la retraite. Nous recevons beaucoup d’encouragements de sa part, et cela nous réchauffe. Départ à 11h, les mulânes sont bien dans leurs sabots.

img_20161102_111107On tourne en rond en essayant d’éviter un passage un peu dangereux le long de la voie ferrée. Un autre itinéraire est possible mais beaucoup plus long avec un passage sur une départementale très fréquentée et dangereuse… Aller, retour, aller, on attend qu’un train passe pour lui emboiter le wagon, en vain. Finalement on y va. Un train passera peu après, ouf!! On se trompe un peu plus loin et on doit revenir en arrière pour prendre le sentier de l’ancienne voie de chemin de fer. On a perdu en tout cas une heure avec tout ça… Les chemins sont splendides en forêt, amortis de feuilles mortes, la lumière toujours somptueuse surtout que le ciel s’est dégagé et les rayons mettent le feu aux ramures incandescentes. Les chiennes sont sages.

On traverse plusieurs voies ferrées, devant lesquelles nous trouvons des grains de maïs. Les chasseurs feraient-ils de l’élevage??

20161103_110648Nous devions aller jusqu’à Birlenbach mais comme nous avons du retard et que la nuit va tomber, on décide de s’arrêter un peu avant. À la sortie de Soultz-sous-forêts, un monsieur nous hèle et nous fait de grands signes. Une fois arrivés à sa hauteur, il nous raconte qu’il avait des ânes attelés avant, des bourbonnais. Fritz a été juge d’attelage, jockey, dirigeant d’une écurie de course et il a fait la guerre d’Algérie à cheval. Maintenant il est âgé et il s’occupe du cheval d’Isabelle et d’un jeune mulet, Ponpon, qui cabriole en voyant nos mulânes. Rapidement Fritz et Isabelle nous proposent un parc pour eux, en partie du verger, en partie en sable, avec eau, foin, et plein d’amour ! Pour nous et les chiennes, un bon lit de paille dans la petite grange. Royal! Il n’est que 17 h mais ce genre de proposition ne se refuse pas! Merci beaucoup! Nous rencontrons aussi brièvement Daniel, qui s’apprête à déménager dans la Nièvre avec ses chevaux, et qui montre beaucoup d’intérêt pour notre périple. Puis nous nous retrouvons gardiens du temple, jusqu’au lendemain. Marius et Symphonie resteront tout près de nous cette nuit là.

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Tags : AlsaceBishwillerComposellehaguenotKaltenhouseSoultz-sous-ForêtsWalbourgWeyersheim

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