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[Mercredi 23 Novembre 2018]

Lever du jour tranquille au pied du bunker su stade de Lelling. Dès qu’ils nous entendent remuer, les animaux se manifestent, appellent, pioulent et tournicotent. Au début du voyage, cela stressait Céline qui se sentait obligée de sortir de la tente en vitesse pour répondre aux attentes animales, et opprimée par quatre paires d’yeux implorant pour leur salut. Maintenant, elle prend son temps, et les animaux voyant que « c’est en cours », attendent tranquillement, voire même passent à autre chose. Ce matin, Symphonie, dont la longe a été laissée un peu trop longue, vient frotter son museau contre la tente: « Alors, vous sortez »? Ça nous fait beaucoup rire, d’autant qu’elle a eu la délicatesse d’attendre qu’on soit réveillés. La dame qui nous a donné de l’eau hier soir arrive en voiture avec sa fille d’environ 3 ans. Dès le réveil, la petite a réclamé à sa maman d’aller voir les ânes, et elle n’a pas lâché l’affaire. Chose promise, chose due, les voilà en habits de ville dans l’herbe haute. Céline porte la petite jusqu’à nos mulânes pour éviter qu’elle ne se salisse trop. Elle répète leurs noms consciencieusement : « Maïus, Saphoïe et Baya », adorable.

La dame partie, nous amenons les mulânes dans un petit parc herbeux et partiellement fermé jouxtant le stade, afin qu’ils puissent profiter un peu avant le départ. Nous tirons les sacs et les bâts que nous avions glissés sous le bunker et plions les tentes mouillées. Ma foi, ça séchera la nuit prochaine. Allez, nous nous motivons à partir assez tôt. Nous avons 17 km à faire aujourd’hui jusqu’à Haute-Vigneulles et aucune pluie n’est annoncée. Nous nous réjouissons de rencontrer Isabelle et Sylvain, qui ont eu la gentillesse de nous envoyer des photos de leur maison avec des explications sur le parc, l’écurie, et la présentation de leurs trois ânes. Passionné des ânes, Sylvain suit notre blog depuis quelques temps. Lorsqu’il a vu que nous passions à proximité de sa commune, il nous a proposé de nous arrêter chez lui.

Sur une petite route goudronnée, nous traversons une zone marécageuse très jolie, avec ses roseaux, ses oiseaux d’eau, puis longeons quelques parcs à vaches. Nous y retrouvons aussi la boue. Nous pensions bientôt longer ce qui nous semblait être une carrière sur la carte, mais en fait c’est une immense décharge, un gigantesque centre d’enfouissement, que nous allons contourner. Nous sommes impressionnés par les engins qui viennent déverser leurs gigantesques bennes de déchets, puis par ceux qui poussent les tas plus loin, lentement, sous le ballet des oiseaux. A certains moments, en fonction du vent, l’odeur est à la limite du soutenable… sauf pour Bayah qui a l’air de trouver ça plutôt cool ! 

Il nous faut bien 45 min pour contourner tout ça en glissant dans la boue, et nous voyons les différentes étapes, y compris le « résultat final »: de mignonnes petites collines revégétalisées sous lesquelles s’entassent toutes ces ordures. Nous sommes étonnés de voir une telle décharge dans une zone marécageuse… A l’entrée, un panneau nous parle de « Centre de revalorisation ». Un nom qui fait tellement plus… rêver ! En regardant le balai des engins qui poussent les énormes tas déchets, on ne peut s’empêcher de déplorer ce spectacle offert par notre magnifique société de consommation. Ca nous rappelle l’info que nous avions lu quelques jours plutôt sur la récompense de 30.000 dollars offerte par la NASA pour celui qui résoudra le problème du « caca dans l’espace ». Et si on commençait à trouver des solution pour notre planète ?De retour sur une large route qui relie la décharge à la départementale, nous croisons plusieurs gros camions, qui laissent nos compagnons indifférents. Une camionnette jaune annonçant un convoi exceptionnel passe plusieurs fois devant nous, mais nous comprenons que ledit convoi est trop large et trop lourd pour passer par le pont que nous venons de traverser au dessus des voies ferrées. Nous traversons le village de Teting-sur-Nied, et un café ouvert nous tend les bras. « Au bon coin », qu’il s’appelle, et l’enseigne est très à propos. Le patron nous accueille à bras ouvert, nous tutoie illico et nous pose plein de questions. Il nous offre une part de tarte avec notre café. Nous passons un bref mais chouette moment avec ce monsieur très sympa et souriant. Après l’épisode de la veille avec le maire de Lelling, ça fait plaisir ! 

A la sortie du village, nous nous dirigeons vers la forêt. On hésite à prendre les plus petits sentiers qui nous feraient gagner quelques km, mais l’état du terrain nous pousse à rester sur la piste principale en gravier. Ces bois sont super jolis, nous apprécions de retrouver des arbres. Nous décidons de nous arrêter pour manger un bout au bord d’une petite prairie dans les bois. Posés sur un carrefour, nous devons rappeler Bayah à plusieurs reprises, car il y a pas mal de vélos qui passent par là. Les mulânes broutent librement les bordures et vont explorer les taillis. Nous nous remettons en route sur cette piste vallonnée, jusqu’à sortir de la forêt un peu avant Laudrefang, sur la départementale heureusement peu fréquentée. En traversant ce joli village, nous entendons une dame nous héler derrière nous. Très enthousiaste, elle nous demande ce que nous faisons, si nous marchons pour une cause. Elle est adjointe au maire ici, et se rend à la célébration annuelle qui consiste à planter autant d’arbres qu’il y a eu de naissances dans le village durant l’année, quatre en l’occurrence. Elle nous propose de nous y arrêter pour trinquer, mais il est déjà passé 15h30 et nous devons avancer si nous ne voulons pas arriver dans la nuit noire. Nous apprécions néanmoins la gentillesse de cette dame, qui, après nous avoir pris en photo, nous affirme qu’elle écrira un petit mot sur notre passage dans le journal de la commune. A aucun moment il ne lui est venu à l’esprit de nous demander nos papiers!!!!

A la sortie du village, après avoir descendu une route très pentue pour la regrimper en face, nous passons devant une ferme puis un grand parc dans lequel s’ébattent une petite jument et sa toute jeune pouliche toute en jambes. Un dame est en train de les prendre en photos. Lorsqu’elle nous voit, elle s’approche tout en nous photographiant aussi. Symphonie et Marius s’arrètent pour regarder le joli spectacle de la ponette et son bébé, particulièrement la mule qui a un vrai faible pour les poulains. Dans sa vie passée, elle a souvent été « tata » pour différents poulains, et quelque chose me dit qu’elle aurait bien voulu être mère aussi. Les mules sont des hybrides et donc stériles par définition, mais il semble que, très rarement, certaines aient pu donner naissance à un petit naturellement. Il arrive aussi qu’elles soient utilisées comme mères porteuses, grâce à leur rusticité et leur robustesse.

La dame nous fait de grands signes et nous lance: « C’est vous qui avez été « bien » accueillis par le Maire de Lelling? » Nous rions ensemble de cette anecdote, les nouvelles se répandent vite sur les réseaux sociaux!!

A la sortie du village, nous longeons un bout de route dans les bois, que nous allons traverser pour rejoindre le GR5 en direction de Haute-Vigneulles. Il fait déjà sombre lorsque nous nous engageons dans la piste forestière, et nous profitons d’une courte pause pour installer les gilets fluos sur le chargement, car il nous faudra être visibles . La piste se transforme en un sentier qui descend, toujours boueux et glissant. Nous n’y voyons bientôt presque plus rien et faisons confiance à nos mulânes pour gérer leur progression. Nous sortons de la forêt pour rejoindre le GR5 qui est une piste en gravier, et nous traversons de grandes prairies et cultures, sous le vent qui souffle. Des phares arrivent en face, et nous nous demandons si c’est Isabelle et Sylvain, nos hôtes de ce soir avec qui nous avons échangés des sms, qui viennent à notre rencontre. Non, c’est un cyclise tout terrain équipé de lumières puissantes. Nous continuons tant bien que mal notre progression dans la nuit. Le dernier bout avant d’arriver est une descente assez raide, et nous sommes contents de constater que le terrain n’est pas trop mauvais. Alors que nous arrivons aux abords de la grande route, nous voyons d’autres phares, puis des lampes frontales. C’est eux! Isabelle et Sylvain, venus avec leur fille Lilou et les parents d’Isabelle. Notre rencontre se fait donc de nuit, au milieu des champs. Notre joyeuse petite troupe se remet en marche en contournant la grande route, jusqu’à leur maison, devant laquelle nous déchargeons nos compagnons. Bayah fait la connaissance de Carla, leur chienne berger allemand, et elles semblent tout de suite bien s’entendre. Nous amenons Marius et Symphonie dans leur grand parc. Il y a du foin, de l’eau, une caravane, et une grande haie au fond. Ils seront super bien ici, et demain, ils rencontreront Panpan, Ulane et Elvis, les ânes, et Rodolf le petit bouc!

Quant à nous, nous rentrons au chaud, heureux de cette belle soirée qui s’annonce, et de la journée de repos du lendemain.

Tags : Haute VigneullesLaudrefangLellingLorraineMoselleTeting-sur-Nied

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