close
Marius Tour de FranceMTF #Moselle

J247 / En Lorraine, sur la terre paternelle !

[Samedi 19 novembre]

Louis nous avait avertis qu’il ferait sans doute un peu de bruit très tôt ce matin en ramenant les vaches pour la traite, mais comme à notre habitude, nous n’avons rien entendu. Depuis notre hangar, nous repérons une paire de baskets de couleur orange flashy vers le parc des mulânes. Quelqu’un est en train de les regarder. C’est une jeune fille qui au bout d’un moment vient nous voir. Il s’agit de Lucy, la fille du patron. Elle s’intéresse à notre présence, et à notre voyage. Pendant que nous discutons avec elle et répondons à ses questions, Eliane et Jean-Philippe arrivent en voiture, avec café, fruits et croissants au chocolat. Quel plaisir de les revoir! Il n’ont pas beaucoup de temps car du travail les attend à la ferme et nous sommes très touchés qu’ils aient fait le déplacement. En allant sortir Marius et Symphonie de leur parc, on discute un moment avec Louis, venu nous ouvrir. Il se montre curieux de notre manière de vivre, tout en nous expliquant que pour lui, rien n’est plus important que d’avoir une maison et du terrain. Nous nous rendons compte que sa vie est bien remplie, entre son travail ici, où il commence tôt, finit tard, et les chevaux qu’il a autour de sa maison. Il nous partage aussi son envie de s’en aller lorsqu’il sera en retraite, pour vivre en outre-mer, au soleil. Symphonie s’est bien roulée dans la boue, y a du boulot  ! On se prépare en tenant compte des allées et venues des tracteurs venant chercher de la paille. Il fait bien meilleur aujourd’hui, le vent est tombé et le soleil ne va pas tarder à se pointer, avec une conséquence directe sur notre motivation. Nous quittons la ferme en faisant des signes de la main aux employés qui nous souhaitent bonne route.

À peine dans les champs, un chevreuil détale devant nous et Bayah derrière. Nous sommes tout juste partis, et déjà la première pause rappel… Il y en a vraiment beaucoup par ici, des chevreuils, et il n’est pas rare de voir des petites hardes de deux à sept individus gambader dans les cultures, avec leurs petits culs blancs qui sautillent. Le tout est de les voir avant Bayah pour anticiper. Nous suivons de petites routes goudronnées, longeons des prés, des bois, des pâtures. La vue est dégagée et les couleurs ravivées par les rayons ! Quel bonheur. Tout le monde a la pêche. Une voiture s’arrête et un homme nous salue. Il se présente comme le neveu d’Hubert. C’est chouette. Le monde est petit ! À Gros-Rederching, nous avons bifurqué: nous ne passerons pas à Sarguemine comme initialement prévu, mais prendrons plus au sud, car nous sommes attendus d’ici trois jours à Frémestroff. Notre objectif du jour est de rejoindre le canal à Wittring et d’avancer le plus possible en direction de Herbitzheim.  Les rayons du soleil nous réchauffent. Ca nous fait du bien au cœur et au corps ! Nous discutons à la sortie d’Achen avec une famille qui nous a vu arriver. Leur bébé beagle a trouvé un nouveau compagnon de jeu : Bayah ! Et s’il a peur des chevaux, il semble beaucoup moins craintif avec Marius et Symphonie. En sortant du village, nos ventres vides nous poussent à nous arrêter dans un pré. A quelques dizaines de mètres, des chevaux s’intéressent à nos longues oreilles. Il semblent s’exciter un peu derrière leur clôture. Alors que nous sommes en train de rebâter, un agriculteur arrête son tracteur devant nous et engage la conversation, sans doute intrigué par notre caravane. On échange quelques mots puis nous repartons rejoindre le canal au niveau de la commune de Wittring. Soit nous nous arrêtons dans ce village, soit nous avalons 7 km de chemin de halage car sur la carte, il semble que nous ne puissions pas nous poser au bord de ce qui fut la ligne Maginot aquatique. Ça va être chaud. La nuit n’est pas loin. Arriver jusqu’à Saint-Michel nous paraît impossible. Toutefois on y va. « On verra bien! »

Autrefois appelé « le canal des houillères de la Sarre », il a été construit de 1862 à 1866 pour transporter par péniche, du charbon, mais aussi des pierres des carrières de la commune. Aujourd’hui, il n’y a plus de péniches, mais des bateaux de touristes et de vacanciers.

On rencontre quelques cyclistes et une poignée de promeneurs sur le bitume de la piste. Les bateaux amarrés sont inhabités. En cette fin d’automne, la plaisance n’a pas grand succès! Après plus d’une heure de marche, un champ  nous tend finalement les bras !! Il est ouvert, bien herbeux, il y a de l’eau pour nos animaux qui coule entre le canal et la rivière, et une haie nous protégera du vent ! Idéal quoi !! Enfin presque : face à nous, de l’autre côté du cours d’eau, un mirador, et on entend au loin des coups de fusil ! Pas très rassurant tout ça d’autant qu’on ne voit pas à 10 m car il fait presque nuit. Malheureusement, on n’a pas vraiment le choix. On ressort les gilets jaunes qu’on met en évidence de chaque côté du campement. On ne laisse pas nos mulânes vaquer à leurs occupations trop longtemps car on ne voudrait pas qu’un chasseur les confondent avec un sanglier ou un chevreuil !! Et puis les deux loustics se sont fait la malle après petite course dans le pré. Du coup, on les attache près des tentes et on leur met des bandes réfléchissantes sur les licols. 

On ne s’ attarde pas trop après manger. Il fait vite froid. On va se lever tôt demain pour éviter de se trouver au milieu d’une battue au petit matin ! On ne sait jamais …[Dimanche 20 novembre]

Réveil sur le canal, ouf, nous n’avons pas eu d’incidents de chasse. Par contre, on a entendu aboyer des chevreuils cette nuit. Ont-ils été surpris de trouver notre campement et deux mulânes sur leur pâture nocturne ? Il ne nous reste que très peu d’eau, à peine de quoi nous faire un petit café « schnell », comme on dit par là, c’est-à-dire un soluble. Nous ne sommes pas loin des premières habitations de St-Michel, à côté d’Herbitzheim, où nous pourrons demander de l’eau. Nous pouvons donc vider nos gourdes. Marius et Symphonie profitent encore ce matin d’un long moment de broute en liberté pendant que nous plions le camp. Bayah a désormais sa tente pour elle toute seule, et a droit à quelques privilèges depuis la disparition de Kali. Il n’y a plus de compétition… Par contre, elle montre toujours autant de zèle à empêcher les mulânes d’approcher des sacoches, de la tente, de la gamelle d’eau. Parfois elle  » boit sans soif » juste pour ne pas leur laisser l’accès, c’est drôle.
Nous reprenons le canal, accompagnés d’un peu de vent pas désagréable. Nous croisons plusieurs pêcheurs à l’oeuvre, maniant de la canne, ce qui intrigue parfois nos compagnons. La première habitation qui se présente est une ancienne maison éclusière, toute repeinte et rénovée. Céline va demander de l’eau. C’est Olivier qui lui répond. Lui et sa femme ont magnifiquement décoré la petite maison. Ils viennent prendre quelques photos et nous repartons avec un cd fraîchement enregistré par Olivier qui est chanteur. Il a repris quelques chansons à la sauce manouche avec un musicien ponte en la matière. Céline l’avertit que nous n’aurons pas l’occasion de l’écouter tout se suite, vu les conditions… il n’y a pas de lecteur CD sur mon ordi.
Nous quittons le canal qui s’arrête un peu plus loin, et nous reprenons les chemins entre les prairies, parfois boueux, parfois goudronnés, en direction de Willerwald, un village tout quadrillé sur la carte, où nous espérons trouver un café. Dans une des rues du village, une dame sort de sa maison à notre passage. Emerveillée, elle nous pose quelques questions. Une jeune femme et un monsieur sortent aussi, tandis leur labrador nous épie d’un air suspect derrière la porte vitrée. En quelques minutes, la dame revient avec un sac de fruits, un don en espèces et des friandises pour Bayah. Marius et Symphonie ont droit à une pomme aussi. Wouaw. Merci beaucoup pour ce chaleureux geste. Nous repartons avec l’information qu’il y a une boulangerie pas loin, sur notre route, qui ferme à midi. En effet, elle se trouve au bord de la départementale.Pendant que je garde les animaux au bord de la route, Céline part en quête de pain, d’un petit casse croûte et d’un kawa à l’emporter. Il est midi moins deux, et malheureusement il ne reste qu’une baguette, un gâteau à l’amande de la veille à 50%, et la machine à café est déjà éteinte. Bon, et bien nous ferons avec ça. Pendant que nous grignotons le gâteau, un homme vient nous saluer. Daniel se présente, il semble intéressé et admiratif et nous échangeons un moment avec passion, au bord de la route. Le vent se lève à nouveau. Nous reprenons la marche, sortons du village en direction de la forêt de Sarralbe, que nous allons traverser. Mais avant, nous trouvons une belle haie abritée au bord d’une prairie, l’endroit idéal pour décharger nos doudous et les laisser brouter un moment. Nous, nous n’avons plus vraiment faim.. Pendant ce temps, je reçois un téléphone de Marie-Claire, une cousine de mon amie Brigitte. En fait, on s’arrêtera chez elle quelques jours avant Noël. Comme elle et son mari doivent partir une semaine, nous nous occuperons de leurs ânes, moutons, et autres chèvres, pendant leur absence et eux garderons nos mul’ânes pendant que nous serons dans nos familles pour les fêtes. Bref, nous calons les choses au téléphone en attendant de nous voir courant décembre.Nous quittons les parcs à vaches et nous nous retrouvons dans la forêt de Sarralbe. A cheval sur les départements de la Moselle et du Bas-Rhin, il s’agit d’une des forêts communales les plus importantes du coin. C’est du bonheur de se retrouver dans les bois. La maison forestière de Saint-Hubert passée (ancien chalet de chasse du baron De Schmidt) , nous empruntons la route forestière des grands chênes. Une longue piste goudronnée que nous quittons après quelques kilomètres, pour un chemin agréable, par endroit enfoui sous les feuilles. Nous y rencontrons une jeune cavalière et son  chien. Son cheval n’est pas tranquille lorsqu’il voit Marius et Symphonie, du coup, nous ne nous attardons pas pour discuter !!! La forêt est quadrillée par des miradors et on se dit qu’on a eu de la chance de ne pas tomber en pleine battue !C’est à Bettring, à quelques encablures de l’étang de Hirbach, que nous nous posons pour la nuit. Mais avant de nous installer dans un pré, je suis allé frapper à la porte d’une maison voisine. La propriétaire nous a déconseillés d’y bivouaquer, nous expliquant que le pré était très humide à cette période de l’année. Après avoir été chercher sa soeur, qui habite la maison d’à côté, elles nous conseillent de nous poser sur un terrain vague qui touche sa maison. Une parcelle qui conviendra très bien.

Si dans un premier temps nous attachons nos équidés avec leur longes de 12 m, on décide un peu plus tard de tirer notre cordelette à l’entrée du terrain pour le fermer et permettre à Marius et Symphonie de brouter tranquillement. Un autre voisin vient nous voir pour nous demander ce que l’on fait. Visiblement méfiant, on le rassure en lui racontant notre voyage. Le camp monté, je file chez une des deux soeurs pour leur demander si je peux m’installer chez elle pour transmettre le nouvel épisode du Vlog sur Youtube. On est dimanche et je ne veux pas manquer ce rendez-vous instauré depuis le mois d’août !Il ne fait pas trop froid ce soir. Céline reste un peu dehors à écrire le blog. Marius et Symphonie viennent se coucher à coté d’elle. C’est toujours un beau cadeau, cette proximité. Moi je rentre sous la tente après que l’on ait attaché nos compagnons de voyage !

Je ne vous ai pas dit mais la Lorraine, c’est ma terre paternelle ! Mon père est né plus au nord, en Meurthe-et-Moselle, près de la frontière Belge. Je ne sais pas si on y passera en début d’année, cependant ça me fait quelque chose de traverser cette région…

Tags : AchenBettringFrémestroffGros-RederchingHerbitzheimLorraineMarius Tour de FranceMoselleSarguemineTour de FranceWillerwaldWittring

Un commentaire

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !