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Marius Tour de FranceMTF #Alsace

J233 / A quelques kilomètres de la frontière Allemande

img_20161103_113126[Jeudi 3 nov.] La nuit a été très froide, encore une fois nous avons apprécié nos duvets en plumes d’oies. Au matin, les chiennes frissonnent un peu, bien qu’installées à l’abri dans la cabane à côté de nous. Notre lit de paille nous a bien protégés. À 7h30, Fritz est là pour nourrir Pompon et le cheval. Il s’implique beaucoup pour le bien-être des équidés, lui qui, aujourd’hui, à de la peine à marcher à cause de la maladie de Lyme. Nous descendons chez lui prendre le petit déjeuner et de l’eau, et faisons la connaissance de son fils Nicolas, maréchal ferrant, avec qui nous avons l’occasion de discuter du monde des courses équestres. Il est difficile d’y trouver des chevaux respectés et non considérés comme objets de gain ou de prestige. Ceux-ci sont entraînés très dur et très jeunes, donc quand leur croissance est loin d’être terminée, souvent poussés à bout, dopés, et simplement jetés lorsqu’ils ne correspondent pas ou plus à ce qui est attendu d’eux. Autant dire que cela ne nous plait pas, à nous quatre autour de cette table. Céline s’est abstenue d’aborder les « pieds nus », ce n’était pas nécessaire ici.  Comme dit Fritz, nous sommes tous atteints du virus equus, y compris et surtout à longues oreilles, en ce qui nous concerne. Et pour cela, nous méritons tous les égards en sa conscience.

En partant, il nous donne encore quelques grosses poignées de croquettes, merci beaucoup, cela nous évite un long détour au supermarché juste pour ça.

20161103_110724De retour à la petite écurie, nous remballons et sortons Marius et Symphonie du parc afin que les équidés du lieu puissent retrouver leur espace. Au moment où nous bâtons, Daniel, que nous avons brièvement rencontré hier, vient nous voir. Dans la soirée, il a consulté notre blog avec assiduité, et il arrive ce matin avec un don en espèce, et des bouts de cartes de randonnée, imprimées et annotées, avec lesquels il nous propose des idées d’itinéraires pour traverser les Vosges du nord en passant par l’Allemagne. Il connaît bien la région pour l’avoir parcourue à cheval et nous évite ainsi quelques chemins scabreux Woahou, quelle chance nous avons de rencontrer des gens aussi bienveillants. Forts de ces nouvelles informations, nous embrassons Fritz qui semble très ému de notre passage, et reprenons le chemin, accompagné de Daniel qui nous attend en embuscade pour prendre des photos. Il nous présente ses chevaux, à quelques centaines de mètres. Bientôt, il va déménager avec eux dans une grande ferme dans la Nièvre. Peut-être y passerons-nous ?

img_20161103_122150Nous revoilà dans les champs, il est déjà presque midi. Puisque nous avons envie de prendre le temps de profiter des rencontres du voyage, il nous est par conséquent difficile de partir tôt, pratiquement chaque matin. Nous passons à côtés de plusieurs parcs à chevaux. Après avoir longé sur quelques centaines de mètres une départementale circulante, je ne me sens pas très bien. Comme souvent, je suis pris de fringales après une demi heure de marche. Nous nous arrêtons dès que possible pour que je puisse m’allonger et manger des fruits secs. Vu l’heure tardive, on finit par décharger les mulânes pour qu’ils broutent un moment et on fait la pause. Il y a quelques grosses pommes sur les arbres qui constitueront l’essentiel de notre repas.  Kali déterre deux mulots que Bayah mange allègrement en quelques bouchées croquantes : travail d’équipe…

img_20161103_131249Allez, on y retourne. Le chemin n’est pas difficile, on traverse de grandes étendues, des petits bois, le soleil est présent. Les nombreux miradors plantés ça et là nous font penser qu’on n’aimerait pas être un chevreuil ou un sanglier en ce moment… Même si il faut dire que nous n’avons pas croisé de chasseurs, ni entendu de tirs depuis longtemps, Bayah a maintenant son grelot. Céline n’a pas encore trouvé le moyen de fixer celui de Kali sur son harnais, mais ça viendra.

img_20161103_164749Ce soir, nous devons nous arrêter peu avant Wissembourg, à proximité d’une possibilité de ravitaillement. Nous devons nous préparer pour la traversée des Vosges du Nord, qui devrait durer 5 jours. Alors que nous traversons Oberhoffen, nous voyons qu’il y a plusieurs bouts de pré, et nous demandons à tout hasard a un monsieur devant un bâtiment qui ressemble à une ferme, s’il sait où nous pourrions trouver un terrain. C’est Dany, et il a deux ânes aussi. Sa femme Lilly nous propose un terrain en face de chez lui, qui ne lui appartient pas mais où il met ses ânes aussi. Un petit tour chez le proprio, Hike, et nous avons l’autorisation. La femme de Dany, Lilly, nous amène deux cafés au bord du champs et nous propose de nous faire de la soupe pour le soir. Une voisine vient nous dire qu’elle nous apportera du café le lendemain. Hike et sa femme brésilienne, Conse, passent nous voir et nous invitent à venir chez eux dans la soirée. Wouaw, quel accueil!!

20161104_113031Isabelle et ses enfants, que nous avions rencontrés à Walbourg, sont arrivés aussi, pour nous rendre visite, avec des petits pains grillés. Ils souhaitaient marcher un peu avec nous, mais comme nous sommes posés, nous décidons de nous retrouver demain matin pour ce faire. Nous nous arrêterons chez son papa, pas loin d’ici, le temps pour nous de faire des courses et d’étudier la carte selon les indications de Daniel. Nous débâtons donc les mulânes sous les yeux d’un public intéressé, et les enfants d’Isabelle, Raphaela, Nathanael et Gabriel, nous aident à monter la tente et à gonfler les matelas. Kali et Bayah sont bien installées aussi, dans leur tente. Entre temps, Dany a amené de l’eau et du foin, nos doudous sont super soignés ! À la tombée de la nuit, nous dégustons la délicieuse soupe de potirons de Lilly, puis allons prendre un café et une part de tarte aux quetsches chez Hike et Conse. Nous racontons notre histoire et répondons aux questions avec plaisir. Nous retournons nous coucher vers 21h le coeur en fête.

20161103_172506[Vendredi et samedi 4 et 5 nov.] À peine éveillés, Dany nous apporte encore du foin et nous invite pour le petit dej. La voisine, qui avait aussi prévu de quoi nous réchauffer, se joint à nous. À nouveau, nous partageons un super moment à leur raconter notre mode de vie, pourquoi et comment nous en sommes venus à partir sur ce périple et ce que nous y apprenons, notamment la confiance. Eux nous racontent comment se passe leur vie ici, ce qu’ils ont construit, leur famille, leurs expériences. Nous sommes toujours touchés de l’inquiétude des personnes rencontrées sur le fait de savoir si nous sommes bien accueillis en général. OUI, nous sommes accueillis avec tellement de coeur…20161104_082359

Il est temps de repartir, Isabelle et les enfants arrivent. Nous n’avons que quelques kilomètres pour rejoindre Altenstadt, où se trouve la maison du papa d’Isabelle. Cela nous sort un peu de l’itinéraire, mais qu’à cela ne tienne, nous avons le temps de prendre un jour pour faire les courses et finaliser le vlog de la semaine, entre autres choses. À mi-chemin, Isabelle s’en retourne pour aller chercher la voiture et faire quelques courses. Nous continuons avec les enfants, qui nous serviront de guides pour trouver la maison de leur grand-père, absent en ce moment. Raphaela, comme son amie Lou-Anne, s’occupe bien de Symphonie et la tient à la longe. Gabriel est plutôt avec Marius. Nathanael va de l’un à l’autre. Nous traversons la zone artisanale (comprendre industrialocommerciale), puis Raphaela nous emmène par un chemin où elle est sûre que nous passerons en largeur.

Arrivés à la maison, nous déchargeons dans le jardin, tout en constatant que Marius et Symphonie n’auront pas assez à manger, car l’herbe est très rase. Par ailleurs, le terrain n’étant pas clos, nous devrons les attacher en longue longe, et comme il y a quelques arbres toxiques, dont un if, nous ne pouvons pas trop les changer de place. Si nous voulons rester une journée, il nous faut du foin. Nous pensons tout de suite à Dany, et Isabelle embarque Celine pour aller le voir. Dany et Lilly l’accueillent comme s’ils ne l’avaient  pas vue depuis longtemps. Il faut dire que ce matin, ils ont tourné dans Wissembourg pour nous trouver, en vain bien sûr puisque nous n’étions pas là… Dany bourre le coffre de la voiture d’Isabelle de foin, coffre que nous avions auparavant garni d’une bâche. Il se propose de nous en ramener le lendemain si nous n’en avons encore besoin. Nous voilà sereins, merci Dany.

img_20161104_161954Les chiennes sont installées sous un couvert bien protégé attenant à la maison, avec les sacoches, et peuvent aussi profiter du jardin. Les enfants sont ravis d’avoir des ânes dans le jardin de leur papy, et nous, heureux de partager une belle soirée avec nos hôtes, qui nous gâtent. Nous avons fait une méga soupe aux légumes qui nous réchauffe. La journée du lendemain est très pluvieuse, et nous sommes bien contents d’être à l’abri pour finaliser le blog et faire nos courses. Nous recevons comme promis la visite de Dany qui nous apporte du foin, merci merci! Nous ramassons également les crottins au fur et à mesure pour laisser le jardin aussi propre que possible. Céline prend les mulânes et s’en va les faire brouter un moment dans une prairie voisine, sous son poncho de pluie, puis sort un moment Kali et Bayah, qui ont aussi envie de se dégourdir les pattes. Quant à moi, je m’occupe aussi des cartes. Céline apprécie un instant câlin avec Symphonie qui vient poser son museau sur son épaule, alors qu’elle écrit pour le blog. Magie tout en douceur. D’autant plus que cette après midi, la mulette s’est un peu emmêlée dans sa corde, en prenant peur à cause d’une caisse mal placée.

Le soir, nous partageons encore une belle soirée entre récits et confidences. Depuis la véranda chauffée, nous voyons la nuit tomber sur nos compagnons qui mâchent leur foin paisiblement.

20161106_115737[Dimanche 6 novembre]

Nous prenons le temps ce matin encore, car nous avons une petite journée  pour atteindre Weiler, après quoi nous serons la plupart du temps en forêt.

Nous bâtons en compagnie d’un timide soleil, et prenons la route avec la famille. Gabriel sera le dernier à nous quitter. Les au-revoir sont profonds comme la rencontre de l’autre, et c’est souvent que les enfants fondent en larme lorsqu’ils doivent quitter nos animaux. À Wissembourg, nous sortons en vitesse nos protections de pluie car nous prenons une belle rincée ! Trempés, nous traversons cette jolie ville dont la partie ancienne est magnifique. Nous longerons un petit canal, puis une route qui nous amène rapidement à Weiler. Nous avons repéré sur la carte un centre d’équitherapie, où nous avons  l’espoir de trouver refuge car la météo annonce pluie et grand froid.

img_20161106_125041Lorsque nous arrivons, il n’y a personne. Autre possibilité, le centre équestre en haut de la colline, à une poignée de kilomètres. Mais le site ne nous inspire guère. On redescend,  je laisse la caravane près d’une maison qui jouxte le centre d’équithérapie puis je décide de tenter ma chance en frappant à la porte du grand bâtiment qui se trouve en face de nous. Il s’agit d’un établissement pour enfants et adolescents handicapés « Le Mont des Oiseaux ». C’est dimanche, il n’y a pas de responsables. Du coup, lorsque je demande si nous pouvons nous installer dans l’un des parcs vides à côté du manège où exercent les chevaux de thérapies, la salariée que rencontre ne sais pas trop… En gros, il nous faut attendre l’arrivée de l’ancien directeur, qui habite une maison a côté du centre, et qui semble avoir autorité sur l’affaire. Il est 15h30, on décharge les mulânes à côté du manège, on sort les bâches, et on attend. Il fait froid et rester immobiles ne nous aide pas… Nous recevons des messages de Dany et Lilly qui ont décidé de venir nous voir. Ils arrivent avec du café chaud juste trop bienvenu, et une part de gâteau délicieux. Alors que nous dégustons ces denrées et sentons le temps se gâter, Pascal nous appelle!! Il a finit sa tournée avec Yann et se trouve à Weiler. Il nous dit avoir trouvé un petit terrain clos chez des privés.

img_20161106_151106Mais cela nous fait revenir en arrière puisque nous sommes ici à la sortie de Weiler. Dany m’embarque en voiture pour aller voir l’endroit avant d’y aller à pied. Pascal arrive entre temps avec Yann, on se croise. Quelle danse, et quelles retrouvailles! Quand nous sommes enfin tous réunis devant le centre d’équithérapie, puisque l’ancien directeur n’est toujours pas arrivé et qu’une grosse pluie se met à tomber, on bâte en vitesse pour partir dans le terrain trouvé par Pascal. Et puis soudain, j’ai une intuition: il faut qu’on reste ici. Il y a un grand avant-toit sur le côté du manège, les mulânes peuvent s’y abriter aussi et être installés à côté de nous, dans un parc attenant. C’est décidé, on redécharge avant d’être trempés, et on embrasse nos amis qui s’en vont. Le camps monté, il fait nuit, mais nous sommes tous au sec. Plus tard dans la soirée, j’entends une voiture et vois de la lumière dans la maison. Je vais à la rencontre de Paul, l’ancien directeur. Il nous ouvre les bras, je ne me suis pas trompé. Il nous apporte de l’eau froide et chaude et tout ce qu’il a pu trouver dans ses placards et son frigo. Merci infiniment pour cet accueil. Demain, les mulânes auront même du foin, Paul y veillera. Avec cet accueil et les visites reçues, nous nous sentons vraiment accompagnés.

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Tags : AllemagneAlsaceAltenstadtcarnet de voyageMarius Tour de FranceMTFOberhoffenSoultz-sous-ForêtsVosgesWeiler

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