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Lorsque nous sortons de la tente, tout est givré, ça y est, cette fois c’est l’hiver. [Lundi 7 nov.] C’est Paul qui nous a tiré de nos duvets, pour nous apporter le numéro de l’actuel directeur, qu’il a prévenu de notre présence. Il nous suffit de l’appeler pour que quelqu’un vienne nous ouvrir le club house attenant au manège, où nous pouvons trouver chaleur et sanitaires. Les deux termos d’eau chaude sont aussi au poil ce matin. La jeune monitrice allemande qui s’occupe des chevaux de thérapie vient nous voir et nous donne du foin pour Marius et Symphonie, qui sont bien contents d’avoir quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent que de l’herbe givrée. Ils ont passé une bonne partie de la nuit à côté de la tente, sous l’avant toit du manège. Nous nous sentons vraiment chanceux de tout ces petits soins, d’autant que Dany est revenu ce matin encore avec du café, un bout de gâteau, et des petits sandwichs pour plus tard! Que dire à part MERCI?

20161107_114711Nous plions notre campement tant bien que mal entre les visites et les allées retour au club-house pour se chauffer. Les deux chevaux de thérapie amenés vers le manège sont un peu effrayés par les mulânes et nous nous dépêchons de finir pour leur laisser sereinement la place. Malgré ça, il est 11h30 quand on part, direction Bobenthal, en Allemagne. Nous avons en effet décidé de suivre les indications de Daniel, rencontré à Soultz. Il connaît bien le coin et cela nous évite trop de dénivelé et de chemins potentiellement glissants à cause des averses de ces derniers jours. Nous économiserons ainsi environ 8 km, et c’est pas plus mal, car avec tout ça, on n’est pas encore arrivés en Bretagne! Les voies cyclables sont pourtant bien indiquées, mais nous avons dû louper quelque chose car c’est par la départementales que nous avançons d’abord, avant de rejoindre le « Rad und Wandern Weg », piste forestière goudronnée qui nous amènera à Bobenthal, puis Nothweiler, après quoi nous regagnerons la France.

20161107_125636 C’est drôle d’être en Allemagne, ça fait plaisir à Céline de pouvoir se remémorer la langue, la lire ou la parler un brin. Par contre, nous ne pouvons pas avoir le détail de nos cartes habituelles et devons nous débrouiller avec des cartes moins précises. Mais c’est suffisant au vu du balisage efficace de nos amis alémaniques, en l’occurrence un rectangle vert. Nous savons qu’à partir de maintenant et pour une semaine en tout cas, nous allons surtout marcher en forêt, et qu’il faudra bien viser les lieux de bivouac, c’est à dire les abords de village, où nous trouverons de la prairie et de l’eau potable. Idem pour le ravitaillement, nous ne trouverons rien jusqu’à Bitche.

img_20161107_131227La forêt est splendide par ici, et un peu vallonnée, ce que nous aimons bien. Il n’est pour une fois pas trop tard lorsque nous arrivons aux abords de la Maison forestière du Litschhof, où nous avions prévu nous arrêter. Une barrière nous arrête, et surprise, dans le parc broutent deux chevaux et un boeuf… Pour passer le dernier tronçon de chemin qui mène vers la maison, nous devons décharger les mulânes, recharger derrière la barrière, et probablement répéter l’opération 200m plus loin. Les différents parcs se ferment à l’aide de longues et grosses traverses de bois coulissantes, et j’en tire une pour que les chevaux et le boeuf restent dans leur partie et ne gênent pas les opérations.  Malheureusement, alors que nous avons passé la barrière et que nous sommes en train de recharger, les chevaux font tomber la traverse et se précipitent sur Marius pour le renifler. Céline détache Symphonie pour qu’elle puisse s’éloigner, tente de rappeler les chiennes qui tournent autour en aboyant, ferme avec une corde le parc où Symphonie s’est réfugiée, et essaie de repousser les chevaux qui oppressent Marius. Ce dernier se cabre, pendant que j’essaie moi aussi de le détacher, coincé contre la barrière. Lorsque j’y arrive, il se précipite dans l’étroit passage et se retrouve bloqué avec les sacoches !  Tout se passe très vite… 20161107_124205Pendant que Céline récupère la mule qui court partout avec son chargement, Marius force, et passe, je ne sais comment. J’ai le réflexe de bloquer le passage pour les chevaux et le boeuf, qui finissent par retourner brouter dans leur bout de parc. Cette fois, je mets deux traverses! J’attache Marius et Bayah et vais voir à la maison, car il y a des voitures, mais ne trouve personne. Nous décidons d’y aller, pas le choix. La bonne nouvelle est que le prochain portail est assez large pour passer avec les sacoches. On viendra chercher le reste des affaires lorsque les mulânes seront posés, de l’autre côté de la maison. C’est en mode cross country qu’on passe le chemin, car nos compagnons sont affolés par les chevaux qui nous suivent de l’autre côté du fil. Symphonie voudrait sauter la barrière à l’autre bout et je me hâte de l’ouvrir. Ouf… En l’absence des habitants du lieu et puisqu’entre temps, la nuit est presque tombée, nous nous installons dans un parc et plantons vite les tentes : il va faire très froid cette nuit. Les ânes ont quelques arbres pour s’abriter, les chiennes se blottissent dans la tente. Nous avalons un repas iophilisé, épuisés par cette grosse émotion. Il est 18h30 quand nous nous glissons dans les duvets. Céline ne se sent pas très bien, secouée par les événements, la fatigue, le froid et la nuit. Il faut dire qu’elle n’a plus de tabac, aussi!! Elle est inquiète pour la suite, pour les animaux. Je la rassure en lui rappelant que tout va bien aller, et elle s’endort en frissonnant. Nous entendons les propriétaires rentrer vers 23h, réveillés par Bayah qui aboie, nous irons les voir demain matin.

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Brrrrrrrrrrrr !!

[Mardi 8 nov.]

Matin tout blanc, il neige. Nous faisons la connaissance de Félice et André, qui nous invitent à nous réchauffer autour d’un copieux petit dej’. Nous parlons et André prend des notes, il est correspondant pour les DNA et adjoint au Maire. Il souhaite faire un papier sur notre périple et notre vision de la vie. Chouette. Félice et André nous donnent également les coordonnées d’un garde forestier à Obersteinbach, notre destination du jour, au cas où nous ne pourrions nous arrêter au centre équestre conseillé par Paul la veille. Avec quelques victuailles supplémentaires, nous repartons, il est 11h et la neige a fondu pour laisser la place à des pluies éparses. Symphonie se retourne plusieurs fois pour regarder les chevaux, avec qui elle a finalement bien sympathisé pendant la nuit. Alors que Bayah est au taquet, Kali elle, ne semble pas bien… Elle n’était pas sortie de la tente, elle frissonnait un peu et là elle marche aux pieds des ânes, avec un air penaud.

20161108_125906Arrivés à un étang, notre chemin est bloqué par des travaux forestiers et de grands troncs en travers… Nous décidons de repasser par l’Allemagne, par Schönau. À Hirschthal, nous rencontrons une famille au bord de la route qui nous propose du foin, en allemand. Céline discute un peu  avec eux et ils nous indiquent par où prendre la piste cyclable pour aller facilement à Schönau, puis Oberstzonbach. Cool. Nous nous extâsions au passage devant des distributeurs de cigarettes dans la rue, on n’a plus l’habitude, mais on n’arrive pas non plus à les faire fonctionner. Nous recevons un message de Dany et Lilly qui voudraient passer nous voir, et Céline envoie également un message à Isabelle car nous avons oublié une lampe solaire chez elle… On devrait avoir de la visite aujourd’hui!!  À la pause de mi journée,  Kali s’endort profondément et Céline la recouvre d’une bâche car elle semble avoir froid. C’est bizarre…Nous avons plus de route aujourd’hui, c’est pas plus mal, car on avance plus vite et on n’a pas de mauvaise surprise de terrain glissant.

20161108_132553À Schönau, nous tournons un moment pour trouver le chemin, car nos GPS sont à l’ouest. Alors que nous avons enfin trouvé la petite route forestière en suivant les indications des habitants, des appels de phares derrière nous: c’est Dany et Lilly, qui ont aussi galèré  pour nous trouver car il n’y a que très peu de réseau par ici, des deux côtés de la frontière. Embrassades, Lilly sort du café et une soupe que nous transvasons dans notre thermos, et Dany tend à Céline un énorme paquet de tabac. Avec ça, elle devrait tenir un moment. Retrouvailles courtes mais grosse chaleur au cœur ! Il fait déjà sombre et nous devons avancer car nous sommes encore à au moins une heure et demie de Obersteinbach, devons grimper un col et redescendre dans la forêt.

20161107_150008Heureusement les mulânes semblent assez motivés à grimper, et la nuit ne leur fait pas peur, c’est nous qui voyons mal! Juste avant de sortir de la forêt, à signaler que Marius passe un petit ruisseau comme si cela ne lui faisait rien du tout. Il fait nuit noire lorsque nous traversons Obersteinbach à la recherche du centre équestre. Peu avant d’arriver, une voiture s’arrête à notre niveau et une femme nous demande si nous savons où dormir cette nuit. C’est Sylviane, la femme de Johan, qui tient la « Ferme équestre des Fjords ». Johan est un chuchoteur de renommé. Sylviane nous invite à aller nous installer, elle revient dans une heure. Nous y allons et c’est un propriétaire de cheval qui nous accueille, nous montre les paddocks et où prendre le foin. Les ânes auront les pieds dans la boue cette nuit, mais quand même un arbre pour s’abriter, et plein de foin.

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Dany et Lilly que nous avions rencontré quelques jours plus tôt, reviennent nous voir avec du café et nous amène une délicieuse soupe encore toute chaude !

Quant à nous, nous pouvons dormir dans un dortoir chauffé, avec les chiennes, où habite Ion, un roumain installé ici depuis quelques années. Il fait très chaud dedans, le poêle à bois bourdonne. Sylviane vient nous rejoindre  un moment, apporte un kouglof maison, nous mangeons la délicieuse soupe apportée par Dany et Lilly sur la route. Nous nous sentons chanceux !! La télé tourne en permanence et nous suivons malgré nous l’élection de Donald Trump… Gasp. Kali finit à peine ses croquettes et semble toujours fatiguée. La nuit au chaud nous fait à tous du bien, même si Céline fait un cauchemar puissant, ce qui ne lui arrive presque jamais. Le dortoir est-il hanté?

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Tags : AllemagneAlsaceBobenthalLitschhofNothweilerObersteinbachRad und Wandern WegVosgesWeiler

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