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Marius Tour de FranceMTF #Alsace

Jour 203 / En Alsace, qu’est ce qu’on déguste !

20161003_131351Il est passé midi ce lundi 3 octobre lorsque nous disons au-revoir à Joël et Louison. Comme d’habitude, nous sommes très touchés de l’accueil reçu, par ce petit bout de vie partagé, et les adieux sont émouvants. Nous repassons devant chez les « voisins du haut », chez qui nous avons vécu de si beaux moments, pour leur dire au revoir. Seuls Philippe et Benjamin sont présents, et nous faisons ensemble une photo souvenir. Philippe nous accompagne sur un kilomètre, histoire de nous relancer sur le bon chemin. Les mulânes nous semblent un peu « mous du genou », malgré leurs trois jours de repos. Bon, nous aurons ces prochains jours des petites journées d’environ 12 km, car notre objectif est d’atteindre le Mont St-Odile dimanche prochain, où se tiendra un grand pèlerinage annuel au monastère. Mon ami Jean-Charles y sera présent avec sa carriole et son âne Toto pour promener les enfants et ainsi récolter des dons pour l’association « Les Semeurs d’étoiles ». L’idée est donc de le rejoindre là-haut.
20161003_141710Le temps est splendide. Nous longeons de belles prairies, avec comme horizon un doux paysage vallonné couvert de forêts. Alors que nous faisons une petite pause au bord d’un chemin, un gros tracteur et sa remorque manquent d’écraser nos affaires en passant : nous avons juste le temps de les « lancer » dans le pré où broutent les ânes, et seuls une fourchette et un couvercle de boîte passeront en partie sous l’énorme roue !
Nous traversons quelques jolis villages et croisons de nombreuses fontaines où nous proposons à boire à nos animaux. 
 
img_20161003_164324En montant un chemin dans une forêt, nous croisons un couple de randonneurs à cheval et discutons un moment avec eux pendant que nos équidés à courtes et longues oreilles s’observent. Très intéressant d’échanger nos expériences respectives de la vadrouille. Cela nous permet également de rectifier certaines croyances relatives aux ânes, notamment sur leur caractère, ou sur leurs besoins alimentaires. En effet, nos mulânes n’ont pas besoin de compléments, de céréales, ou pire de « granulés ». Ils trouvent dans leur environnement les plantes nécessaires, ce qui est rendu possible par le fait que nous nous déplaçons. C’est pour cela que nous aimons les laisser brouter dans les forêts, où ils peuvent grignoter plein de plantes différentes à leur guise, en fonction de leurs besoins. Par ailleurs, une quinzaine de km par jour, même un peu chargés, est tout à fait acceptable pour leur constitution et l’herbe leur suffit. De plus, en ce moment, ils ont des bonus « pommes glands châtaignes » partout sur les chemins, ce qui est déjà pas mal!img_20160929_181225
 Nous retrouvons le chemin de Compostelle peu avant d’arriver au couvent St-Marc, à Gueberschwihr, où nous avons prévu de nous arrêter pour la nuit. D’ailleurs, occupés à ressentir la forêt, nous le loupons et devons revenir sur nos pas, c’est à dire grimper tout ce que nous venons de descendre sur quelques centaines de mètres, pour rejoindre le couvent… Il y a de grandes prairies autour des bâtisses, c’est parfait. Céline reste avec les animaux pendant que je passe le grand portail du couvent pour aller demander la permission de nous installer. Je rencontre une sœur à l’accueil, puis un prêtre fort intéressé par notre voyage qui me rappelle que Jésus aimait les ânes, m’assure qu’il priera pour nous, me bénit et me donne l’aval pour bivouaquer ici. Lorsque je reviens, Philippe est là aussi. Il est venu en voiture nous faire un coucou et s’assurer que tout s’est bien passé pour notre reprise.
Nous nous hâtons un peu de monter le camp après le départ de Philippe, car le froid tombe rapidement. Marius et Symphonie, qui broutaient librement, reviennent soudain au galop vers le camp. Quelque chose leur a-t-il fait peur ? Nous en profitons pour les attacher à leur longue longe et filons nous coucher.
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Nous quittons le couvent assez tôt [Mardi 4 oct.], après avoir fait quelques prises de vue de cet endroit magnifique. Nous entrons gentiment dans une partie de l’Alsace où nous allons surtout rencontrer de petits villages entourés de vignes immenses ou de forêts. Nous suivons des pistes plutôt faciles et laissons les mulânes marcher en liberté, sauf lorsque nous passons des châtaigneraies, car ils resteraient scotchés là à ramasser des « bonbons ». Nous en grignotons d’ailleurs aussi quelques unes, et elles sont excellentes ! On s’étonne que personne ne les ramasse… Il y a un marché en Alsace, dans la châtaigne.
 
C’est le temps des vendanges et la plupart des vignes sont occupées par une ribambelle de tracteurs et de travailleurs affairés, que nous saluons au passage. Certains nous offrent une grappe de raisin que nous acceptons avec plaisir mmmmh nous aussi, on a nos bonbons.
img_20161004_124709A Husseren-Les-Trois-Châteaux, nous espérons trouver un café pour une petite pause. Nous y trouvons d’abord des vendangeurs qui rentrent manger et forment un attroupement intéressé autour de notre caravane. Un vigneron sort une bouteille et nous fait goûter un vin blanc de son cru, là sur la route. Joli et court partage, ils doivent aller manger. Nous remontons au dessus du village et nous arrêtons à la brasserie des Trois Châteaux, au départ pour prendre un café puis finalement pour manger, car malgré le standing assez haut de l’établissement, celui-offre un plat du jour tout à fait abordable. Allez ! On laisse les ânes faire la sieste,  attachés sous les arbres, les chiennes vers nos affaires au bord d’une place de parking et on s’installe sur la terrasse au soleil ; de là où nous pouvons garder un œil sur toute l’équipe.
 
Nous reprenons notre route en suivant ce très beau chemin de Compostelle à l’envers, qui nous prend toute l’après midi. Beaucoup de forêt aujourd’hui. La plupart des terres étant couvertes soit d’arbres, soit de vignes en pentes, soit de maisons serrées, il n’est pas évident de trouver du terrain pour se poser la nuit, et nous sommes aux aguets de toute opportunité.
 
img_20161005_110630Il y en a une à Turckheim, où nous avons repéré des prairies sur la carte, et plus loin un lycée agricole. En sortant de la forêt, nous voyons en contrebas une grande ferme alsacienne avec trois personnes qui discutent. Céline va demander avec Kali si nous pouvons nous installer. Valentin, jeune agriculteur fraîchement installé, va demander son accord à son associée, Camille. Ensemble ils nous trouvent une place où nos mulânes pourront débroussailler. Ils ont une jeune chienne malinois qui vient suivre toute l’installation du camp, et nous laissons jouer Kali et Bayah avec elle, mais à tour de rôle pour éviter tout abus de pouvoir de la part de nos anciennes. Nous avons aussi la possibilité de prendre une douche et d’utiliser les sanitaires installés dans la chaufferie de ce bâtiment qui fut jadis un lieu d’accueil pour pèlerins. Camille nous explique qu’ils sont plusieurs jeunes agriculteurs à s’être mis ensemble pour reprendre cette exploitation, le but étant que chacun puisse y exercer son activité : production laitière, vergers, pension de chevaux  ou, en ce qui concerne Camille, apiculture.  Nous parlons donc « abeilles » pendant un moment.
Pour l’instant, ils en sont au tout début, il n’y a que de jeunes animaux et nos hôtes terminent à peine des clôtures efficaces qui seront capables de retenir également cochons et chèvres.
img_20161005_073553[Mercredi 5 oct.]
Avant de partir, Camille nous propose un café et nous invite à ramasser des pommes pour nous et nos compagnons, y compris Kali et Bayah qui aiment aussi les fruits.
Il y a du vent depuis ce matin et il ne fait pas chaud. Nous reprenons le chemin et retrouvons les villages et les vignes.  Nous devons nous arrêter pour nous ravitailler, surtout pour les chiennes car nous n’avons quasi plus de croquettes. Après une heure de marche, nous nous posons donc dans une ruelle de Turckheim, un grand village touristique que nous traversons, à proximité d’un café et d’un petit casino.  Nous ne faisons pas vraiment attention à l’heure qu’il est et, alors que nous savourons un kawa, une part de tarte et laissons un peu charger le portable de Céline, nous voyons dépités le casino fermer ses portes, pour la pause de midi. Quoi, midi ???
img_20161005_115924Bon, ben va falloir faire autrement, on ne peut pas attendre la réouverture car nous n’avons pas beaucoup avancé et les possibilités pour bivouaquer ne sont pas nombreuses. Alors on se remet en route sans oublier de ramasser les « cadeaux » déposés sur la chaussée par Marius et Symphonie. Les vignes nous offrent de superbes paysages vallonnés où la lumière vient jouer. Il y a quand même pas mal de trafic à cause des vendanges, et pas mal de vélos, ce qui nous oblige à surveiller Bayah et tenir Kali, qui est un peu moins réactive quand on la rappelle, ce qui peut être dangereux. Nous devons souvent serrer à droite et ce n’est pas toujours agréable. Après une petite pause « broute » et « ramassage de châtaignes » que Céline espère pouvoir faire griller bientôt, nous parcourons quelques centaines de mètres et tombons nez à nez avec Clément, vigneron en production biodynamique à Katzenthal. Il nous propose quelques grappes de raisin, nous discutons voyage, aventure, bateau. Il a lui-même beaucoup vadrouillé et, malgré le succès de son vin, nous dit son projet de tout arrêter très prochainement pour faire autre chose, sans savoir quoi.
20161005_133814Clément propose de nous accueillir sur son terrain. Il a un petit parc clos et arboré pour les ânes, car il en avait aussi, un replat confortable et à l’abri du vent pour mettre la tente, des toilettes, du courant électrique pour nos batteries, et même une piscine naturelle (que nous nous contenterons d’admirer avec les yeux) ! Il est très tôt encore, 15h, et nous avons peu marché, mais nous savons qu’il ne sera pas évident de trouver pareille occasion à tous les coins de rue… Marius et Symphonie sont assez contents d’être déjà libérés, d‘autant plus qu’il y a un beau cynorhodon à grignoter, ce qui occupe la mulette toute la soirée. Clément est très occupé par les vendanges mais une dégustation de ses vins est tout de même prévue en fin d’après-midi, à laquelle nous sommes conviés. Nous y rencontrons notamment Jean-Luc et Brigitte, un couple de comédiens belges alors en tournée en Alsace pour leur spectacle : « Six pieds sur terre, La mort ? Plutôt en rire ! Pour ne pas avoir à en crever », traitant avec humour et amour de ce mortel sujet. Nous goûtons ensemble les vins Déméter de Clément : le voyou, le gentil, le Wink, le gewurztraminer, et les grands crus. Force nous est d’admettre que les vins alsaciens tiennent leur promesse !! Et si en plus ils sont biodynamiques, alors là c’est la totale.20161005_174802
 
Entre temps, épisode moins sympa de la soirée, les chiennes débusquent dans la propriété un jeune renard et le malmène, le temps qu’on comprenne ce qui se passe et qu’on les récupère, attristés par cet incident. Le renard était déjà mal en point, il est plein de gale et de croûtes, il n’a presque plus de poils sur le dos. Nous appelons un véto, lequel nous donne les coordonnées de plusieurs organismes susceptibles de nous aider, de l’aider. Résultat des courses selon la Brigade verte : En gros, les renards sont considérés comme nuisibles, donc il faut laisser faire la nature, voire le faire tirer par un garde chasse demain s’il est toujours là. Ah… Nous nous sentons impuissants et tristes de le voir comme ça. Nous le laissons dans les hautes herbes où il s’est réfugié, en attendant, et allons vérifier régulièrement qu’il est encore en vie. Puis nous avalons une petite purée en vitesse car la nuit est tombée, il fait froid et il est malheureusement trop tard pour griller les châtaignes. Céline est encore un peu barbouillée, depuis notre départ de chez Joël. Elle a très peu mangé ces derniers jours, surtout des fruits, c’est ce qui passe le mieux. Moi j’ai un peu mal à la cheville, Céline à son genou, rien de grave, mais l’arrivée de l’automne nous rouille un peu on dirait. Nous installons Kali et Bayah à l’abri sous une remorque, après leur avoir donné le peu de croquettes qu’il nous restait, agrémentées de riz.
Vite sous les duvets, il va faire très froid cette nuit.
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Tags : Alsacecompostellecouvent Saint-MarcGueberschwihrHusseren-Les-Trois-ChâteauxKatzenthalTurckheim

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