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Marius Tour de FranceMTF #BelfortMTF #Doubs

Jour 192 / La platitude des canaux avant l’altitude du Ballon d’Alsace et du GR5

img_20160921_114103C’est dans la péniche de Thierry et Nicole que nous prenons notre petit déjeuner. Nous papotons un long moment, échangeons sur nos voyages respectifs, évoquons les croisières sur les canaux… Dehors, nos compagnons de voyages broutent en liberté, à l’extérieur du petit port privé, et les chiennes profitent pour prendre un peu de repos d’avance. [Mercredi 21 sept]

L’heure tourne et nous devons quitter nos hôtes ainsi que les plaisanciers avec qui nous avons sympathisé. Nous faisons une photo d’adieu et reprenons la route. 

20160921_161637Nous, le canal, nous le longeons à pied, sur la voie de halage où jadis, chevaux, ânes ou mulets, tiraient les péniches pour les faire avancer. Un peu plus loin, nous empruntons le canal de la Haute Saône au bord duquel a été aménagé « la coulée verte » il y a quelques années. Drôle de nom qui évoque un peu les traces que peut laisser Marius quand il a mangé une herbe trop riche, mais bon, pourquoi pas. Aujourd’hui, le parcours n’est pas vraiment entretenu et certains tronçons sont mêmes fermés à la navigation et aux déplacements doux. Cette voie navigable débute dans le nord du département du Doubs, traverse la partie sud-ouest du Territoire de Belfort et un de ses tronçon, inachevé, est situé dans la partie est de la Haute-Saône.

capture-decran-2016-10-18-a-01-22-34Notre journée est ponctuée par quelques rencontres tout au long de ce chemin. Notre caravane a notamment croisé un cycliste scandinave, parti lui aussi il y a six mois pour un tour d’Europe, lequel touchait à sa fin. Après 33 000 km parcourus sur son vélo à assistance électrique et accompagné de… son chat, il rentrait au pays avec le blues. Dur retour à la sédentarité après une expérience de liberté aussi longue et riche. Nous avons aussi marché un moment avec François, voyageur à deux roues dans l’âme. Il est rentré récemment de Nouvelle Calédonie où vit sa fille. Depuis, c’est à vélo qu’il se déplace le plus souvent même s’il possède une voiture, qu’il laisse ici ou là sur des parkings pendant ses virées.

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Cette voie cyclable est passablement fréquentée, mais pas trop, ce qui reste agréable pour nous. En effet, en cas de grosse fréquentation, nous devons veiller à bien serrer à droite et tenir nos chiennes au pied continuellement, ce qui est contraignant sur des kilomètres. Les cyclistes sont souvent moins prudents que les automobilistes et ne ralentissent pas souvent.

20160921_174726C’est en fin d’après-midi que nous arrivons à Andelnans. Avant de trouver où nous poser pour la nuit, nous nous arrêtons au Leroy Merlin de la zone commerciale pour acheter de la cordelette, histoire de remplacer celle que nous avons oubliée dans le Doubs quelques semaines plus tôt! On s’en sert pour fermer des parcs partiellement clôturés, ou barrer des issues pour les ânes; elle nous rend souvent bien service. C’est sur le parking du magasin qu’Amandine, accompagnée de son petit Victor, est venue nous retrouver pour nous ramener un tube de vermifuge. J’avais en effet vermifugé Marius lorsque nous étions chez elle et, au vu de ce qui est ressorti dans ses crottins, Céline a décidé d’administrer le même traitement à Symphonie, même si elle n’aime pas trop donner de la chimie à ses animaux. Retrouvailles chaleureuses mais de courte durée. Amandine a un repas de famille et nous devons nous mettre en quête d’un terrain pour le bivouac.

img_20160922_100707Après avoir cherché un bon moment, nous nous échouons sur le stade, ou plutôt autour, comme chaque fois que nous avons des difficultés à trouver un lieu adéquat! L’endroit n’est pas très propre et nous ramassons pas mal de déchets pour éviter que nos mulânes ne s’étouffent avec ! La bande herbeuse sur laquelle nous établissons le camp est humide : il y a plus de mousse que d’herbe. Heureusement, nos compagnons profitent d’un grand moment de liberté et c’est sous les pommiers que nous allons les récupérer. Sûrement dû à cette humidité, c’est le premier soir où nous ressentons le froid. Même Kali ne rechigne pas à entrer dans la tente, ce qui est un sacré signe ! L’automne arriverait-il ? Tandis que l’équipe de foot local s’entraine sur la pelouse, je vais en quêter d’un peu d’eau. C’est un riverain qui me remplit les 16 L réglementaires, à savoir un cubi pliable de 10L et la gourde de Céline de 3L, exclusivement réservés à l’eau potable, et une outre de 3L, que nous remplissons parfois d’eau de rivière ou de fontaines non potables, pour les animaux. Avant de partir, lui et sa femme m’offrent une brioche pour notre petit déjeuner ! C’est très gentil et je n’ose pas refuser mais nous ne sommes pas fans de brioche. Cela dit, « Si le peuple à faim et qu’il n’a plus de pain, qu’il mange de la brioche » !! Et en effet, on a faim.

20160922_145129Au matin [Jeudi 22 sept], le  temps de faire sécher la tente trempée de rosée, Céline se rend au Cora pour faire quelques courses et revient avec deux cafés ! Ça réchauffe ! Nous avons du mal à nous mettre en route. Il fait plus frais, tout est humide et les rayons du soleil, caché par de grands conifères, tardent à nous rejoindre. Il est 12H30 lorsque nous quittons les abords du supermarché après un ultime café et une rencontre brève et atypique avec un vieux monsieur, peintre et voyageur, passionné des ânes et quelque peu original et déjanté. Nous rejoignons à nouveau le canal de Haute-Saône qui nous permet de contourner Belfort pour rallier Chapelle-sous-Chaux où nous sommes attendus par Ophélie et Kévin.

20160922_145054Ce canal est très agréable…. A près Botans, Froidvals, Essert, Bavilliers, et disparait à Châllonvilars. En effet, lors de sa construction à la fin du XIXe, les difficultés rencontrées lors du percement des tunnels de Châlonvillars et de celui du Chérimont, le volume de déblais énorme, dû aux tranchées profondes et aux remblais importants, ont eu raison de son abandon ! Le budget initial étant sous-évalué, des crédits supplémentaires étaient nécessaires mais ont tardé, du coup, le chantier traîna en longueur et l’achèvement ne pût avoir lieu avant la fin de la Première Guerre mondiale qui rendit l’Alsace et ses voies navigables à la France. L’utilité du canal n’étant plus établie, l’ensemble du projet fut remis en question et seul le tronçon (12,5 km) reliant le canal du Rhône au Rhin au port de Botans fut achevé et mis en eau en 1926. Ce port, géré par la Chambre de Commerce et d’Industrie, a servi jusque dans les années 1970 comme port charbonnier pour Belfort. 

capture-decran-2016-10-18-a-01-23-25C’est à Châllonvilars en Haute-Saône que nous cherchons un lieu pour dormir. Après avoir tourné un peu dans le village et faute d’avoir trouvé un stade, c’est sur une aire municipale que nous nous posons, après une longue hésitation. Un autre terrain arboré et pourvu d’une herbe plus intéressante que la pelouse humide pleine de mousse et de bouteilles en verre, vestiges de la dernière « foire », jouxte ce terrain, mais il semble  privé. Cette fois c’est Céline qui va chercher de l’eau à la maison qui se trouve juste à côté du terrain communal. Elle fait la connaissance de Jacky, qui nous propose de venir boire un café après nous être installés. Il nous confirme que l’autre parcelle est privée mais que le propriétaire serait d’accord que nous y passions la nuit, d’autant plus que c’est là que stationnent les chevaux lors de manifestations. Une fois les mulânes dans les arbres et les loulous installés vers nos affaires, nous nous retrouvons chez lui et faisons la connaissance de Marie-Hélène, sa femme, et leurs deux enfants. Nous découvrons une famille atypique, heureuse, joyeuse, simple et ouverte. Une petite chienne y allaite trois chatons orphelins, une poule déprimée s’y est vu offrir un poussin pour retrouver ses plumes, autant dire qu’ici, on aime les animaux. Les enfants sont ravis d’aller caresser les ânes.

20160923_130449Le café s’étant attardé, Jacky et Marie-Hélène nous gardent pour dîner et partagent leur repas, que l’on prend dehors, en terrasse. Ce soir nous parlons voyage et valeurs,  bien sûr, mais aussi jeux de rôles ! Nos hôtes, surtout Jacky, en sont passionnés, en particulier ceux grandeur nature, avec décors, costumes, ou comment vivre une aventure sur un week end, histoire de s’inventer des défis héroïques et des challenges. Encore un beau partage et une belle soirée avant de regagner notre tente et de plonger dans nos duvets.

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[Vendredi 23 sept.]

Après avoir traîné un peu, beaucoup papoté au café avec Marie-Hélène et finalement croqué un bout avec elle et Jacky, revenu exprès du boulot, nous quittons Châlonvillars vers 13h, traversons la commune d’Evette et ses très nombreux petits étangs. Nous n’en voyons que quelques uns. Beaucoup sont cachés par les collines. Nous rencontrons un agriculteur rigolos dans sa voiture, qui s’arrête, et discutons un long moment en échangeant plaisanteries et bons mots, avant de reprendre notre route. Après avoir traversé une voie de chemin de fer, nous passons devant la maison d’une famille d’agriculteurs. Les étangs sont plus grands ici mais là aussi, nous n’en voyons que peu. Il y a même le Lac du Malsaucy (55 ha) qui offre la possibilité de pratiquer les sports nautiques, mais nous ne passerons pas à coté. Tant pis pour les mulânes en pédalo..

20160925_124605Un peu plus loin, nous faisons une petite pause déchargement et casse croûte au bord d’un chemin. Nous remarquons que nous mangeons assez peu, en fait, en chemin. Surtout des petites quantités et plus souvent, comme des fruits secs. Cuisiner vraiment n’est pas évident sur un réchaud, et même le soir, quand nous avons théoriquement plus de temps, et d’eau, nous n’avons pas beaucoup de courage pour nous y mettre après avoir monté le camps. Mais bon, on se rattrape quand on s’arrête en général ! Marius et Symphonie broutent un moment puis s’en viennent siester vers les affaires, d’une oreille, car de l’autre ils observent les chevaux curieux d’un parc voisin.

20160925_133356Après un bon bout de piste et le passage d’un joli bois, nous arrivons enfin à la Chapelle-Sous-Chaux, chez Ophélie et Kevin, en toute fin d’après midi. Le couple et ses voisins nous attendent depuis un moment et nous ouvrent la barrière de leur jardin, où nous découvrons et saluons tout le monde et débâtons les doudous. Nos affaires sont entreposées dans les stabulations d’hiver, Kali et Bayah dormiront ici également. Nous tentons le contact avec Elkan, le berger australien bleu merle de la maison, mais ça tourne à la bagarre avec Kali… Bayah est au milieu et aboie en essayant de ne pas prendre un croc perdu… Bon, on a sûrement été un peu trop vite en besogne pour les présentations et en plus c’est l’heure de la bouffe, donc c’était une maladroite tentative. Bref, c’est donc en alternance que les chiens profiteront du jardin, ce qui est déjà chouette.

img_20160925_122327Nous amenons les mulânes dans leur parc, à 500 m de la maison. L’herbe y est rare et c’est plutôt bien, car le parc est grand. Ils auront un peu de foin également, et il commence à y avoir pas mal de pommes à grignoter en chemin. Il y en a d’ailleurs d’énormes dans le verger de nos hôtes.

Un excellent repas nous attend et c’est à nouveau un grand plaisir pour nous de raconter notre projet, la manière dont nous envisageons la route, l’itinérance, la richesse des rencontres, des épreuves et des cadeaux du chemin, les signes, le chemin intérieur qui se produit à chaque pas, les hauts et les bas de nos perceptions et de nos animaux qui ont aussi leurs humeurs, et la magie d’une fluidité retrouvée sous un rayon de soleil… Nous écoutons aussi l’histoire d’Ophélie, qui sort d’un accident important, manifestement une bousculade entre ses chevaux, dont elle ne se souvient pas et dans laquelle elle a été assez gravement blessée. Son compagnon n’était pas loin, heureusement. Trois mois après, Ophélie a bien récupéré et nous en sommes heureux. Cela nous rappelle qu’il est préférable de rester vigilant lorsqu’on vit au contact des animaux, un mouvement brusque peu toujours arriver et nous mettre en difficulté, même s’il ne nous était pas destiné.

img_20160923_193348Nous rigolons aussi beaucoup en échangeant sur divers sujets.

Le lendemain, Céline est fatiguée et moi aussi un peu, et je dois surtout finaliser la vidéo de la semaine. Nous devons aussi regarder les cartes du coin avec Ophélie, qui connaît les chemins équestres, afin de déterminer par où nous allons repartir pour rejoindre Thann, la ville où nous attraperons le chemin de Compostelle.  Nous demandons à nos hôtes s’ils sont d’accord qu’on reste une nuit de plus, et ils acceptent. Ophélie travaille ce week end dans un restaurant d’alpage situé sur le GR5 et nous ne la verrons malheureusement pas beaucoup… Kevin par contre est à la maison et en profite pour faire quelques travaux de rafraichissement. Le soir, ils nous proposent de les accompagner à la fête de la bière, mais nous avons trop à faire et besoin aussi de nous reposer si nous voulons repartir demain. Donc nous restons tranquilles et je finis la vidéo, avec la présentation que nous avons filmée dans le verger, en croquant une grosse pomme !

Tags : belfortChâllonvilarsTerritoire de Belfort

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