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Marius Tour de FranceMTF #Doubs

Jour 188 / On quitte la GTJ pour le canal du Doubs


20160917_121318[17 septembre] 
Un petit Pedro bâté et tout fou de nous accompagner, voici ce qui nous attend ce samedi matin. Nous avons passé une dernière excellente soirée, et après un bon petit dej, nous préparons nos sacoches. Comme chaque fois, c’est remplissage – rééquilibrage en fonction de la nourriture, des croquettes. Là, nous sommes pleins. Amandine est toute contente de ressortir son bât et ses sacoches reliées, suffisantes pour des journées pique-nique. Elle en profite pour nous demander notre avis sur son matériel et la manière de s’en servir au mieux. Amandine ne manque vraiment pas de bon sens et d’ingéniosité pour améliorer ce qu’elle a déjà, c’est vrai que le sens de la bricole est très utile, même primordial, en randonnée.20160917_135944

Le temps ce matin est plutôt humide voire maussade, mais cela ne gâchera pas notre plaisir de partir ensemble pour un  bout de chemin. Cédric portera Victor dans son porte-bébé, emmitouflé dans un petit ciré. Pedro portera le pique-nique. C’est donc en fin de matinée que nous reprenons le chemin qui nous avait amenés ici, à l’envers, pour bifurquer dans la forêt, direction Blussans. Pedro est tout excité et cherche à marcher devant, comme pour montrer le chemin à ses potes. Nos mul’ânes ne sont nullement perturbés par la présence du nouveau, il faut dire que cela fait deux jours et trois nuits qu’ils papotent à leur manière de chaque côté de leurs parcs respectifs. Ils ont eu donc le temps de se mettre d’accord. Kali et Bayah aussi semblent apprécier la présence de Finka, la boule de poils blanche samoyède. Autant Kali se montrait gardienne à l’arrêt, autant en chemin elle court et saute partout en lançant des bâtons pour manifester sa joie. C’est vraiment cool de voir tout ce petit monde, nous y compris, juste heureux d’être là. Après 2h30 de marche à travers forêt, prairies, chemins boueux et villages, nous nous arrêtons à une maison forestière, ou plutôt une cabane de chasseurs. Il y a de l’herbe, un auvent, des tables et des chaises: royal!

img_20160917_143107Nous décidons de tenter la liberté pour les trois mul’ânes, puisque cela a l’air de bien se passer, et en effet, ça se passe nickel. Pendant ce temps, nous dégustons les sandwichs préparés par Cédric, le jus de fruit, les pommes, les gâteaux. Pedro rentrera plus léger!

Nous ne nous attardons pas trop car il fait froid et humide, et reprenons la route ensemble. C’est à un carrefour de pistes en pleine forêt que nos routes se séparent, et nous nous disons au revoir avec déjà dans le cœur la nostalgie de la rencontre. Mais ce qui a été partagé n’est jamais perdu, et nous sommes contents d’avoir pu contribuer à remotiver  nos hôtes pour aller randonner avec leurs animaux. C’est vrai, parfois deux jours de marche et un bivouac avec son âne apportent déjà un grand bol d’air, pas forcément besoin de partir tout de suite sur un tour de France!!

À ce carrefour donc, Amandine, Cédric, Victor, Pedro et Finka tourneront a gauche, et nous à droite. À la revoyure, les amis ! A Blussans, nous passons un tunnel sous l’autoroute. Sans encombres.

20160917_1811100Nous rejoignons le canal tant attendu et découvrons alors un tout autre univers, avec des bateaux, des écluses, et de longues voies cyclables heureusement pas trop fréquentées, un peu monotones mais rapides, des oiseaux d’eau, des roseaux. Ce paysage nous accompagnera jusqu’à Belfort et Céline en prend connaissance avec joie. Nous avons même droit à un rayon de soleil et le saisissons avidement, car la météo n’est pas très encourageante pour ce soir et demain. Nous avançons donc jusqu’à Colombier Châtelot, où nous nous mettons en quête d’un endroit pour nous poser, car il n’y a pas tant de possibilités que ça en bordure de canal, à moins de quitter le chemin sur plusieurs km. Après avoir tourné dans le village sans succès, nous croisons Gilles,  qui nous indique une parcelle privée, propriété d’un ami à lui, au bord de l’eau. L’endroit est super joli et en partie couvert d’arbres qui nous protégeront partiellement d’une pluie certaine. Nous nous y installons et à la nuit tombée, recevons la visite de Gilles et sa compagne Isabelle, cavalière, qui viennent voir si tout va bien et nous invitent pour le café le lendemain. Chouette, un bon café au chaud et au sec avant de marcher sera le bienvenu. Ça nous motivera à partir plus tôt (peut être).

Nous filmons l’introduction d’une vidéo dans la tente, après avoir installé tout ce que nous avions comme lampes pour faire projecteurs. 

Au matin [18 septembre], pas de surprise, il pleut. Symphonie s’est détachée, enfin plutôt le terrain très meuble n’a pas suffit à retenir son piquet d’attache. Elle se balade avec sa corde et son piquet au bout, en toute tranquillité, et n’a pas eu la mauvaise idée de sortir du périmètre. Tant mieux !!

20160918_084655On se hâte donc de plier le camp, moi sous mon capuchon, Céline sous son poncho, et malgré toutes nos précautions, rien à faire, tout est trempé. Bref, on se rappelle que ça sèchera plus tard, quand ça pourra, et on garde le sourire. Pas comme Marius et Symphonie qui nous montrent clairement qu’être bâté mouillé, c’est pas cool. Avec la perspective du café chaud qui nous attend, allez hop ! vous allez voir, ça va bien se passer.

On débarque chez Gilles et Isabelle et laissons nos mul’ânes brouter dans le jardin du voisin qui n’est pas là. Les trois chiens de nos hôtes nous accueillent, nous décidons de laisser Kali et Bayah derrière la maison, à l’abri, attachées à des meubles de jardin. Nous mettons à sécher quelques affaires, profitons d’un bon petit déj en échangeant avec Gilles et Isabelle, qui aimeraient bien voyager un peu à cheval. Peu de temps après, des aboiements attirent notre attention : c’est Bayah qui a décidé de nous rejoindre et qui se manifeste sous la fenêtre avec… la table de jardin en fonte qu’elle a traînée sur plusieurs dizaines de mètres. Note pour plus tard…

20160917_173821Malgré la pluie, nous décidons de repartir le long du canal. Céline se rend compte en milieu de journée qu’elle a oublié son piquet d’attache sur le lieu du bivouac. Il y a quelques mois,  la même situation aurait engendré du stress. Aujourd’hui, on se dit : on verra bien, il y a toujours une solution. Nous avançons tantôt sur du goudron, tantôt dans de l’herbe mouillée. On casse la croûte sous la flotte car il n’y a aucun abri. On s’habitue..

En fin de journée, on cherche un lieu, un bout de pré, lorsque j’aperçois de l’autre côté d’un pont, une maison qui a l’air sympa, avec une petite fumée qui s’échappe de la cheminée, et un gros bâtiment à côté qui semble abandonné. img_20160919_152746Céline attend avec les animaux pendant que je vais demander asile. Pascal et Jacqueline nous ouvrent leur porte et leur cœur. Ils ont des oies, des chevaux, font de la moto et exercent tout deux le même métier de mécanicien de précision, à leur compte. Nous sommes arrivés chez eux dimanche [19 septembre]. Ils nous ont gardé le lundi, on avait besoin de sécher nos affaires aussi. Nous avons eu droit à une chambre pour nous et les chiennes dans l’ancien moulin où se trouve notamment leur atelier, les ânes ont pu se promener libres autour de la maison et ont reçu un peu de foin. Symphonie semble même s’être réconciliée avec les oies… Ouf. Pascal et Jacqueline nous ont accueillis à leur table pour de généreux et copieux repas. Pascal connaît bien l’histoire de sa région et nous en fait profiter. Le chien de leur fils Vincent, un Shar Pei répondant au doux nom de Ulke, ne verra les chiennes que de loin, car nous préférons éviter les incidents de garde d’affaires. Nous voilà requinqués, séchés et d’aplomb le mardi matin[21 septembre], on décolle en fin de matinée. img_20160920_114638Encore du canal, sur la piste cyclable, des écluses et des bateaux. Après Montbéliard, un obstacle de taille se présente : le Doubs passe sous l’autoroute et la piste cyclable se transforme à cet endroit en passerelle en caillebotis, assez large mais au travers de laquelle on peut voir l’eau couler. Sur l’eau dans un espace restreint, sous l’autoroute, d’une longueur équivalente à largeur de l’autoroute,  avec des vélos qui surgissent devant ou derrière… Marius passe, mais Symphonie reste bloquée, après s’être engagée, puis avoir changé d’avis. Céline insiste, tente plusieurs manœuvres, en vain.. C’est trop pour la mulette, qui pousse quelques grands « brénissements » à fendre l’âme.

20160920_163019Je confie Marius et les chiennes à un cycliste et tente d’aller aider Céline, c’est peine perdue. Deux messieurs qui se trouvaient là et assistaient à la scène, dont François, se proposent de montrer à Céline un autre chemin possible pour aller prendre un pont sur l’autoroute. Aussitôt dit, mes deux coéquipières se lancent dans un détour environ 3 km, pendant que j’attends de l’autre côté, Marius en mode broute et les chiennes en mode ‘récup’. J’en profite pour passer quelques coups de fils. Trois quart d’heure plus tard, les voilà. Céline est fatiguée, elle fait une pause et nous mangeons quelques biscuits. Du coup, il commence à être tard… Nous repartons le long du Doubs, en quête d’un endroit où se poser, même si nous n’avons pas beaucoup avancé. La première possibilité se présente peu après : il y a un coin d’herbe, un point d’eau potable. Nous débâtons avec soulagement le long d’une grille entourant un petit port privé. Rapidement, plusieurs personnes viennent nous parler, puis nous invitent à rentrer en ouvrant la grille. Nous y serons mieux installés et les mul’ânes auront plus de place. Thierry et Nicole nous proposent de venir prendre le petit déjeuner avec eux le lendemain, sur leur bateau ! Alors ça, c’est insolite.

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Fatigués, nous montons le camp, mangeons un bout de nuit, mais sur une table (la « demande du jour » de Céline était de ne pas devoir cuisiner accroupie par terre, voilà, vous avez demandé les anges, ne quittez pas !).

Notre deuxième nuit dans un port. Plutôt sympa!!

Tags : Anteuilcanal du doubsdoubs

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