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Marius Tour de FranceMTF #Jura

J143 / « Merci la vie pour ces beaux enseignements »

Aujourd’hui je laisse la plume à Céline pendant que je travaille sur les prochaines vidéos… Après plus de 4 mois de voyage, elle vous parle de son expérience, son ressenti, ses attentes, des craintes, ses envies …
IMG_20160725_180837Dans ma tête, depuis le début du voyage, l’arrivée au Larderet était la dernière étape avant l’inconnu, le dernier endroit où j’avais envie de passer, avant de m’ouvrir véritablement au nouveau, c’est à dire au fait que tout lieu pourrait être une destination ou une étape, sans exception. En me décrochant désormais de la sécurité d’arriver dans un lieu connu, j’accepte de découvrir. Le Larderet était aussi l’étape où j’avais prévu faire le point, sur ma façon d’être en voyage, ce qui me nourrit, ce que je souhaite mettre en place pour en profiter au mieux, ce qu’il me reste à améliorer, tant au niveau concret qu’au niveau intérieur, intime, profond. Il se passe des changements en chemin, et je découvre beaucoup sur moi. Certaines ressources, certaines limites, et je m’applique à vivre tout cela en conscience. Parfois je passe à côté. J’essaie d’être à l’écoute de mes besoins, de poser des actes, de me prendre en main et de les exprimer. Parfois je loupe des wagons. Dès qu’on s’arrête par exemple, l’angoisse de me sentir à côté de mes pompes réapparaît. Je me sens parfois en attente de quelque chose, sans trop savoir quoi. J’accueille tout ça bon gré mal gré en apprenant que souffler un bon coup et « laisser faire » reste la meilleure attitude à adopter pour moi en attendant l’éclaircissement. Je me rappelle que je suis libre et en train de vivre un rêve de toujours, avec ses moments exaltants et ses moments d’adaptation, certes.

IMG_20160808_132640Au Larderet vivent mes amis Florence et Alain, rencontrés en 2014 lors d’une retraite de quelques semaines en nature que nous avions passée, Kali et moi, dans leur gîte. Symphonie ne partageait pas ma vie à ce moment-là.
Je leur avait parlé du projet de voyager à pied avec mes animaux, et ils m’avaient annoncé qu’ils nous accueilleraient à bras ouverts, le temps que nous voudrions, si nous passions par là. Ça a été le cas, et bien au-delà de ce que je pouvais imaginer. Nous avons eu une chambre pour nous, des parcs pour les ânes, des repas partagés, le temps nécessaire. Un toit, de l’aide, du soutient, une possibilité de « poser », et même de revenir plus tard en cas de besoin. Ce lieu signifie beaucoup pour moi, et voir nos équidés dans les parcs où pâturaient habituellement les chevaux de nos hôtes, me touche. Je prends conscience que nous sommes arrivés jusque chez eux « à pied », avec déjà plein de souvenirs et d’aventures dans nos sacoches!
IMG_20160727_170815Nous sommes d’ailleurs arrivés peu avant qu’eux-mêmes ne partent pour trois mois avec leurs trois chevaux, leur poney et leur ânesse, pour aller respirer l’air de la montagne en Valais (Suisse). Ils ont donc quitté les lieux avant nous, nous laissant la maison ad leab.
Stéphane a profité d’une gare accessible pour ramener Malone chez sa maman, après trois semaines avec nous sur les chemins. La séparation fut un peu douloureuse pour père et fils. Malone a pu profiter avant son départ de monter quelque fois Symphonie, bien campé dans une petite selle western à sa taille. Il y a eu une chouette connection entre les deux, et j’avais toute confiance en ma mule pour prendre soin de son petit cavalier.
Nous avons coupé des orties pour les faire sécher, et des jeunes branches de frêne, ce que les mulânes ont bien apprécié. Nous-mêmes avons d’ailleurs goûté aux orties, hachées et intégrées, avec ail et oignon, à un bon reste de millet et un oeuf, pour en faire une galette succulente !!
IMG_20160805_164140Il y a eu de la pluie quelques jours pendant notre séjour là-bas. Moments propices à l’intériorité.. Les instants d’inaction apparente sont très instructifs également, pour se connecter à l’instant présent. Le voyage à pied me propose de lâcher prise sur certaines choses que je voudrais contrôler : le choix de la nourriture, les déplacements (au Larderet, quand on est à pied, on ne va pas bien loin), la présence des animaux que nous avons choisie, et que nous devons assumer à tout instant. Ils ne sont pas des vélos que nous pouvons poser en attendant, pour faire autre chose. Notre vie est rythmée par eux d’abord. À l’arrêt, ils sont en demande d’attention, ils nous appellent parfois. Les chiennes doivent se rehabituer à un rythme de sédentaires, moins d’action et plus de sommeil. J’ai vraiment l’impression que c’est en chemin qu’ils sont le mieux, en mouvement, avec nous, comme nous? Ce changement de rythme a également une incidence sur les mulânes qui en font moins et mangent de trop. Mais il y a assez de parcs ici pour permuter.
IMG_20160805_201459Stéphane passe beaucoup de temps à monter les vidéos et gérer le blog, garder contact avec les personnes qui nous interpellent, préparer les futurs tracés. Il a donc moins l’occasion que moi d’aller se balader en forêt. Quant à moi, il m’est difficile de gérer les quatre animaux en même temps à l’extérieur, tous avec leurs particularités, sous peine de devoir rappeler tout le monde à l’ordre tout le temps, ce qui ne m’apporte pas beaucoup de plaisir. Nous faisons donc de notre mieux pour nous occuper de nos amis à quatre pattes, et on se partage les balades avec Stéphane. Les chiennes d’un côté, les ânes de l’autre, tous ensemble à l’occasion, ou pas du tout certains jours. Le simple fait d’être avec eux un moment suffit parfois. Je me suis tout de même octroyée une grande promenade avec Symphonie et Kali seulement, pour essayer, pour voir si Symphonie accepterait de se séparer de son Marius. Ce fut une très agréable parenthèse de calme en forêt, et une belle preuve d’amitié et de confiance de la part de ma mulette qui, après s’être retournée quelques fois sur les appels de Marius, m’a suivie et a même montré des envies de continuer lorsqu’il fut temps de prendre le chemin du retour. Elle m’a aussi acceptée sur son dos pour le dernier bout, semblant apprécier l’exercice avec allant et sérénité.
20160727_172150Merci la vie pour ces beaux enseignements.

2 commentaires

  1. Bonjour,
    Sédentaire, mais nomade dans ma tête, votre voyage, est très enrichissant. Il confirme les expériences de nomadisme, dans la solitude et l’effort, c’est moments lents, qui permettent à l’esprit de se mettre à jour avec le passé, le présent, les envies, les besoins, les aspirations, les espoirs … Je m’aperçois que tout cela n’est pas simple, qu’on trimballe des doutes, des peurs, de fausses idées. Et j’ai bien envie de découvrir ce que mon esprit trouverait à l’intérieur de moi. Quand on travaille, même si on n’est pas un bourreau, on n’a jamais assez de temps pour une véritable introspection … Je devrai commencer à me préparer, pour être prête dès que mon premier jour de liberté sera là.
    Merci pour ces partages

    1. Bonjour Laurence,

      Désolé pour cette réponse tardive. Nous avons eu pendant plusieurs semaines un problème de blog au niveau des commentaires.
      Merci à vous de nous suivre. Effectivement, le voyage n’est pas simple. Il faut lacher prise, et c’est ce que l’on fait pas après pas. Il faut du temps pour jeter ce qui nous encombre. Mais la marche nous permet d’entrer dans un état méditatif.
      Le plus dur est de faire le premier pas …
      Bien à vous.
      Stephane

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