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Marius Tour de FranceMTF #Doubs

Jour 168 / « Doubs » comme notre voyage et nos rencontres

img_20160828_103034Naser et sa femme Céline étaient encore aux petits soins pour nous dimanche matin. Mais nous devons y aller. Et alors que notre caravane se met en branle, nous retourner en agitant nos mains pour un dernier au revoir destiné à cette magique rencontre.

Le couple de restaurateurs a refusé de nous faire payer le succulent repas de la veille et encore moins le café du matin. Nous sommes très touchés par leur gentillesse, leur accueil et leur bienveillance. L’échange était, encore une fois, présent. Nous nous rendons compte chaque jour que ce périple apporte aussi vraiment quelque chose aux personnes rencontrées. Un souffle d’air, une palette de possible, une bourrasque de confiance et de positivisme, un petit goût de liberté, le tout porté par nos mulânes dont la force tranquille se transmet instantanément.

20160828_120833Alors que nous reprenons la route, il fait déjà chaud. Doucement nous glissons des plateaux jurassiens au Haut-Doubs Heureusement, nous devons aujourd’hui traverser surtout de la forêt. Nous sommes par contre un peu désolés que les chemins soient si souvent goudronnés. On contourne la Chapelle d’Huin puis on arrive sur Bulle. Nous avons bien marché : il est 16h lorsque nous arrivons devant l’église du village. Nous avons avalé 15 km sans nous en rendre compte ! Peut être aussi que les grandes discussions menées avec Ben on fait défiler le temps plus vite ! Et puis nos mulânes sont rapides sur le goudron. S’ils cherchent encore la terre meuble des bordures, car ils semblent avoir les pieds toujours un peu sensibles, ils marchent toutefois d’un bon rythme. A Bulle, nous entamons la discussion avec deux couples attablés dans leur jardin. Les questions habituelles ne manquent pas tandis que nous leurs tendons nos gourdes qu’ils se sont proposés de remplir. L’une des personnes nous conseille une ferme à la sortie du village pour nous poser pour la nuit. C’est ici aussi que Ben va nous laisser, il doit être opérationnel tôt lundi matin pour un client. Bulle est sur une grande route menant à Pontarlier, et il lui a suffit de lever le pouce une minute à peine pour qu’un jeune gars le prenne en stop. Nous étions encore assez prêts pour pouvoir lui faire de grand signes d’au-revoir !

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Les agriculteurs sont absents lorsque nous passons à la ferme conseillée. On poursuit donc notre route et traversons Bannans, le village qui se trouve en face de Bulle. Sur le stade de la commune où nous aurions pu nous installer, se joue un match assez important au vu du nombre de spectateurs. C’est finalement sur un terrain adjacent que nous nous arrêtons. Un spectateur qui regarde le match nous indique qu’il est municipal (le terrain, pas le match). Les bouses de vaches nous indiquent, elles, que ce pré sert de pâture à un troupeau du coin ! Mais alors que l’on décide de s’installer et de planter la tente, un incident survient sur le stade. un joueur vient à proximité de nous, soutenu par deux personnes, et commence à vomir. Il ne se sent pas bien du tout et dégobille ses boyaux, puis s’allonge, presque inconscient. Finalement, les pompiers viendront lui apporter les premiers secours avant de le transporter à l’hôpital de Pontarlier. Ouf…Pendant ce temps et pour laisser le passage libre aux secouristes, je papote avec le riverain et Céline est entourée de gamins attirés par nos mulânes, dont les deux enfants de l’arbitre, qui attendent la fin du match pour avoir droit à un « bon sandwich ».

Nous sommes bien fatigués, la chaleur sans doute, et la remise en route. La nuit sera bienvenue et calme, dès que les derniers supporters auront fini de chanter.

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Le lendemain, nous plions bagages avec entrain. Le ciel est couvert et nous apporte un peu de fraîcheur !
Lundi soir, nous étions attendus à Oye-et-Palet par Rose et Angelo, un couple italien adorable, plein de coeur et d’initiatives événementielles, chez qui je m’étais arrêté en 2014. Quand ils ont su que nous allions passer devant chez eux, ils nous ont priés de nous y arrêter.

Dans la journée, nous traversons une partie de la zone humide de la Vallée du Drageon. C’est l’une des plus grandes zones humides d’altitude françaises avec plus de 2 000 hectares de tourbières, lac, marais, ruisseaux, forêts marécageuses de qualité écologique exceptionnelle. Nous traversons également de magnifiques forêts, croisons un Sapin Président au pied duquel nous cassons la croûte, un monument de culte druidique nommé  » La Pierre Qui Tourne « , et croisons vaches et chevaux dans bon nombre de parcs, ce qui ne manque pas d’émouvoir un peu Symphonie à chaque fois sans oublier les abords du lac de Saint-Point et de Malpas.

img_20160830_075137Notre arrivée chez Rose et Angelo est vécue comme une fête, des retrouvailles. Angelo me dit avec des larmes dans les yeux que suite à notre rencontre il y a deux ans, il a décidé de changer de vie pour se rapprocher de ce qu’il aime vraiment, la musique et l’organisation d’événements. Il a pris le risque de laisser un boulot en Suisse pour gagner moins d’argent mais plus de qualité de vie. Certaines personnes de leurs familles ne comprennent pas, s’inquiètent pour eux, mais eux n’ont pas de regrets. Wouaw, quel cadeau de savoir que mon parcours peut avoir un effet de déclic pour que des personnes osent se lancer.

Nous passons une excellente soirée autour d’un bon repas et d’un tiramisu pour lequel on se relèverait la nuit, les mulânes libres dans le jardin, les chiennes sur la terrasse couverte, nous aux petits oignons.

Le lendemain, après une bonne nuit, Angelo est déjà parti au travail lorsque nous nous levons. Nous préparons nos ânes sous le regard curieux de personnes du voisinage, à peine étonnées de nous voir ici tant cette maison est ouverte à tout. Rose nous accompagne avec son fils Manu et les deux enfants de voisins. C’est avec beaucoup d’émotions que nous nous quittons en bas de la route. Jusqu’à la prochaine fois…

20160830_130255Le chemin se fait sans difficulté, nous traversons plusieurs parcs à vaches occupés par de jeunes bovins plutôt peureux, et traversons le village de la Cluse-et-Mijoux, après lequel nous entamons une solide grimpette qui nous amènera entre les deux forts, le château de Joux et  une cité Vauban qui se font face. Il faut dire que le lieu était stratégique car ils surplombent la cluse de Pontarlier ouvrant passage vers la Suisse dans le massif du Jura

20160830_161830Nous nous arrêtons à  plusieurs reprises pour admirer la vue et faire des prises de vue. Il fait assez chaud, mais maintenant c’est de la descente qui nous attend. De collines en prairies, de forêts en petites routes, nous passons une ferme et finissons par descendre dans un immense parc à chevaux dont le chef vient à notre rencontre pour vérifier notre pédigrée et s’assurer que nous ne voulons pas de mal au troupeau. C’est un gigantesque hongre qui nous accompagne jusqu’à la sortie, suivi du reste de la horde curieuse. Symphonie presse le pas pour en sortir. Nous continuons de descendre des sentiers abruptes et caillouteux, traversons un jardin botanique et arrivons au camping de Pontarlier. Le centre équestre collé au camping accueillera dans un joli parc Marius et Symphonie qui auront droit à un jour  « off » bien mérité. Nous profiterons d’être ici pour faire quelques courses, voir un journaliste de l’Est Républicain, Willy, faire une lessive, redonner un coup de râpe aux sabots qui sont sur la bonne voie, graisser quelques cuirs, avancer sur quelques vidéos, et nous reposer aussi !! Les chiennes aussi ont besoin de se reposer, tout en gardant un œil sur le va et vient des gens.

img_20160901_082803 À noter Bayah qui se précipite, en arrivant, sur une fausse vache en plastique et son veaux, grandeur nature, pour aller leur renifler les fesses. Comment dire…?

Tags : doubsMarius Tour de Francepontarlier

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