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« Nos sommes restés à l’écart de Motz cachés dans un sous-bois juste en dessous des barres rocheuses; la plupart d’entre nous se sont reposés, complètement éreintés par les longues marches et le manque de sommeil, l’angoisse aussi.

Il y a un instant, un homme s’est présenté pour nous aider à contourner le plateau de Vuache, nous conduire jusqu’au Rhône puis aux portes de la ville de Genève. C’est le passeur qui va nous permettre de franchir les derniers obstacles; il encourt la peine de mort s’il est pris, mais en contrepartie, comme toujours, il entend exiger le maximum d’argent à chaque passage. Vu l’affluence d’immigrés que j’ai vus sur les sentiers de l’exil, j’ai l’impression qu’être passeur est une corporation d’avenir » » Extrait d’ « Aller simple… Le récit d’un voyage compliqué » de Johannes Melsen.

IMG_20160703_121910Nous sommes arrivés hier en fin d’après-midi à Motz par un itinéraire qui cheminait dans la forêt de la montagne du gros Foug. Ce très beau chemin nous a offert une vue imprenable sur Vallée du Rhône. Le Rhône qui, Au XVIIe siècle, séparait le Royaume de France, sur la rive droite, de la Savoie, sur la rive gauche. Après avoir cherché un terrain sur les hauteurs du village, un habitant de la commune nous indique qu’en bas, il y a « deux filles qui font du miel » !

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Notre chambre !

C’est donc chez Stéphanie, une jeune apicultrice de Motz, que nous  avons trouvé un endroit pour nous poser. A côté du hangar dans lequel elle a installé sa miellerie et où elle et son amie construisent leur maison, un terrain idéal pour nos compagnons de voyage. Nous, c’est dans un bout de grange que nous avons dormi avecKali et Bayah.  Avant de partir, Stéphanie nous invite à prendre un café. L’occasion de découvrir un peu cette voyageuse qui a fini par s’installer ici près des montagnes de Savoie.

IMG_20160703_123437Aujourd’hui direction Seyssel, une des villes les plus anciennes de la vallée du Rhône. En quittant Motz, s’ouvre un nouveau paysage. Celui de la Savoie, la Haute-Savoie (où nous serons peu avant d’arriver à Seyssel) et de la Suisse qui, pas après pas, se découvrira à nous. Pour Céline, c’est une sensation étrange et agréable que d’arriver à pied dans une région qu’elle connaît bien. Pour une fois, c’est elle qui connaît les noms des montagnes.

20160703_123510Nous rejoignons doucement les rives du Rhône après avoir traversé le village de Chateaufort. Les agriculteurs s’affairent dans leurs champs pour ramasser le fourrage pour l’hiver prochain. Si l’on trouve ici un vignoble important, le pays regorge de produits du terroir et l’élevage est important. Pas étonnant que les paysages sentent le lisier ! Nous traversons un peu plus loin le pont de Fier par la départementale. Nous suivons ensuite la véloroute «du Léman à la mer», jusqu’au port de Seyssel. La voie verte est agréable, tranquille et peu circulante; aujourd’hui en tout cas ! Le Rhône est agréable pour les chiennes.
20160703_132837Le petit village de Seyssel est magnifique ! Nous empruntons le pont qui enjambe le Rhône pour aller boire un café dans une auberge située face au petit port du village. Depuis la terrasse où nous nous sommes posés, nous admirons le charme des maisons colorées construites en bordure du fleuve qui était autrefois l’une des principales voies de communication, car les routes manquaient partout ou étaient très mauvaises. En effet, tous les transports de la région se faisaient par le Rhône, et Seyssel, se trouvant au point extrême où le fleuve cesse d’être navigable, était l’entrepôt de toutes les marchandises (sel, charbon, fers, étoffes, cuirs, blés, vins de France…). Ces voies de transport étaient utilisées par un grand nombre de voyageurs venant de l’étranger ou de la France à destination de Genève, de la Suisse et de la Savoie pour de là, suivre les routes de terre.

20160703_133420Par sa situation à la frontière de deux Etats, Seyssel a eu à subir de nombreuses fluctuations et de fréquents changements de régimes, passant tantôt à la France, tantôt à la Savoie, voyant ses deux moitiés tantôt réunies, tantôt séparées, selon les vicissitudes de la guerre et les combinaisons de la politique. La bizarrerie des frontières tracées par le traité de Lyon de 1601 ne fut rectifiée qu’en 1760 par le traité de Turin. Le milieu du Rhône devient alors l’unique limite entre les deux Etats, le Royaume de France et le Duché de Savoie. Cette première séparation du bourg conduit à la distinction entre Seyssel Haute-Savoie (rive gauche) et Seyssel France (rive droite).

20160703_141453Nous traversons à nouveau le pont et sillonnons le village et ses rues animées par un vide-grenier. Bien évidemment et comme à chaque fois, nous ne passons pas inaperçus. D’ailleurs, lorsque nous sortons du centre-ville, deux dames qui avaient applaudi sur notre passage nous courent après et nous interpellent. L’une d’elle a dans les mains un plat avec plusieurs parts de gâteau à la noix de coco que sa fille a préparé pour vendre. Elle nous les offre et nous propose de l’eau.

20160703_165833Moment irréel sur un trottoir ! Doriane et Magali, deux soeurs, nous proposent même de nous arrêter chez elles si nous passons dans leur village dans les prochains jours. Il semble que oui mais seulement si on fait un détour de 2 ou 3 kilomètres. On note leurs numéros de téléphone puis nous reprenons la route. Le goudron commence à être trop chaud pour nos canidés et c’est un petit dénivelé qui nous attend. Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons au bord du chemin. Nous débâtons nos ânes qui ont été très patients pendant que nous buvions un café ! Il est temps de penser à eux et nous en prenons donc pour les laisser brouter une demi-heure.

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On a échangé nos mulanes !

Curty, le prochain hameau est notre village d’étape. A la sortie du bourg, une habitante nous propose de nous arrêter boire un verre. Nous acceptons bien volontiers. Elle et son mari nous expliquent que leur maison se trouve sur le chemin de Saint Jacques. Du coup, ils voient passer régulièrement des pèlerins. Certains s’arrêtent chez eux pour passer une ou plusieurs nuit. En discutant, ils nous indiquent un champ d’un ami éleveur où nous pourrions passer la nuit. Un coup de fil à l’agriculteur qui accepte, et la dame nous conduit dans le pré où nous allons passer la nuit ! Un vrai bonheur pour nos équidés qui seront en liberté ! Et une petite douche rafraichissante avec l’outre noire remplie au point d’eau, derrière le tas de bois.

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Sources : http://www.surlespasdeshuguenots.eu/

Un commentaire

  1. une pensee d’ENCOURAGEMENT et une multitude de poussieres d’EMOTIONS REVEILLEES PAR CET ARTICLE.
    NOUS ESPERONS QUE VOUS NE MANQUEZ DE RIEN, QUE NOUS AIMERIONS ETRE VOS YEUX !

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