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Marius Tour de FranceMTF #Sur les pas des Huguenots

Jour 103 / Entre le Chemin de Compostelle et le Sentier des Hugunots il n’y a qu’un pas !

A 7 heures du matin, les tentes étaient démontées et pliées pour éviter de voir débarquer la police municipale ou les gendarmes ! Le bivouac a des règles et quand on occupe un espace public comme celui où on se trouve, avec plein de panneaux « Interdit aux chiens », on essaie de les respecter. Bref, du coup, ni vu ni connu, nos affaires étaient rangées avant que le bourg ne se réveille. Enfin, on a quand même croisé quelques pêcheurs qui revenaient au port.

20160701_124720Aujourd’hui, nous prenons la direction de Motz mais nous savons en partant que nous n’y arriverons pas ce soir. D’abord parce que nous devons trouver un point de rendez-vous accessible pour Vincent, l’ami de Xavier, qui vient le chercher cette après-midi ; ensuite parce qu’il semble improbable que nous aurons le temps d’y arriver.

20160701_164919Depuis quelques jours, nous marchons  sur le tracé de Saint-Jacques-de-Compostelle. En effet, au sud de Serrières, le chemin d’exil historique des Huguenots arrive depuis Aix-les-Bains par la rive Est du Lac du Bourget, tandis que le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle vise l’Ouest du lac, le charmant village médiéval de Chanaz et le Canal de Savière, qui relie le Lac du Bourget au Rhône. Ainsi, les deux chemins suivent l’axe rhodanien et traversent le doux pays de Chautagne et son vignoble. Au-delà de Chaumont, le chemin historique d’exil des Huguenots quitte le tracé de Saint-Jacques de Compostelle venant de Genève, contourne le plateau du Vuache et se dirige vers Genève par Savigny, Valleiry et le village de Chancy, poste frontière avec la Suisse. Les objectifs différents des deux chemins expliquent ces tracés, mais force est de constater qu’à la sortie de Genève les deux cheminements suivent l’axe historique de transport de marchandises et de personnes entre Genève et Vienne (Rhône). Que ce soit par voie fluviale ou par voie terrestre. Quand le chemin d’Exil rencontre celui du Pèlerin, c’est pour moi fort en symbole !

20160701_130708Nous retournons sur nos pas de la veille au soir pour regagner Chindrieux. En quittant le village, nous nous arrêtons sur un chemin ombragé pour tenter, Xavier et moi, de trouver une supérette que nous avons repérée quelques jours plus tôt sur Google Map. Elle se trouve hors du chemin, à quelques kilomètres de notre tracé. On décide donc d’y aller sans nos animaux pour gagner du temps et nous laissons alors Céline, avec la tribu. Le chemin disparaît rapidement au fur et à mesure de notre avancée et nous nous retrouvons dans un bois, puis dans un champ. Après environ 15 minutes de marche, nous constatons qu’il n’y a pas de supermarché mais seulement des bâtiments agricoles. Après vérification sur mon téléphone, le magasin se trouverait effectivement de l’autre côté de la colline que l’on voit en face de nous. Déçus, nous rebroussons chemin. Pour faire une blague à Céline, Xavier remplit notre sac de cailloux et le transporte sur les derniers mètres en lançant que nous avons trouvé « des choses trop bonnes » ! Le temps de rebâter, nous expliquons à Céline notre échec. Ce qui nous ennuie le plus c’est que nous allons bientôt manquer de croquettes et de gaz. Xavier nous propose alors de préparer une liste de course et de l’envoyer par SMS à Vincent qui effectuera nos emplettes avant de venir. Très bonne idée. Nous envoyons le texto avant de repartir, satisfaits d’avoir trouvé cette solution.

20160701_133943Un peu plus tard nous traversons Expilly, Chevigneux, Montagnet, Lachat puis le hameau de Putignet où nous pique-niquons à l’ombre d’un appentis, près d’une ferme. Nous n’avons eu presque que du goudron depuis notre départ du port de Chatillon. La température grimpe et il est encore important de se poser quelques heures pour nos animaux. Céline a aussi besoin de se reposer car elle dort peu depuis quelques nuits et pour elle une sieste s’impose. Mais entre les insectes et les ânes qui bougent dans tous les sens, elle ne parvient pas à se reposer complètement. En ce qui me concerne, je dors à peu près n’importe où dès qu’on fait une pause ! Certes, c’est un avantage mais dormir de travers peut me déclencher de sévères migraines. Et en me réveillant d’ailleurs, je sens un mal de tête naissant.

20160701_154801L’heure tourne. Il est déjà 16 heures lorsque nous quittons le lieu-dit. Vincent est à une heure de notre position. Le temps pour nous de rejoindre Chevignay pour y passer la nuit. Nous arrivons quasi en même temps et c’est au bord d’un chemin, près d’une petite route que nous nous arrêtons. Accompagné de deux covoitureurs, Vincent nous dépose les courses qu’il nous offre ! « C’est ma contribution à votre voyage » nous dit-il. Un peu gênés mais reconnaissants, nous le remercions chaleureusement.

Après quelques minutes à discuter, ils doivent reprendre la route. Nous leur souhaitons bon voyage et saluons Xavier en espérant le revoir bientôt parmi nous !

20160701_192634Pour nous, la journée n’est pas terminée. Le temps de débâter, rééquilibrer les sacoches avec les nouvelles courses et de repartir, une heure s’est écoulée. Nous traversons Chevignay à la recherche d’un peu d’eau pour remplir nos gourdes et d’un terrain pour installer notre campement. On demande à une dame à la sortie du village qui était prête à nous accueillir mais malheureusement son terrain n’était pas assez grand pour nos deux ânes ! Les outres remplies, nous repartons. Enfin, quelques kilomètres plus loin, nous trouvons enfin un bout de pré entre un bois de pins et un petit canal. L’endroit y est sympa pour notre caravane que nous posons enfin. Il y a de l’herbe, une fontaine et on trouve même des fraises des bois ! Le bonheur des choses simples ! On adore !

20160701_210848Motz? ce sera pour demain.

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