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Marius Tour de FranceMTF #Sur les pas des Huguenots

Jour 108 / « Ola paysan, elles sont où tes vaches mauves? »

Le chemin de la liberté se termine pour nous dans quelques heures. Dans une petite dizaine de kilomètres nous serons face à la frontière Suisse.

20160706_112932Céline a passé quelques coups de fil à deux contacts susceptibles de nous héberger. Cela fait plusieurs jours qu’elle tentait d’en joindre un mais en vain. Finalement, ce matin, elle a plus de chance avec les Jardins de Cocagne à Laconnex, à 25 km du centre de Genève et à quelques encablures de Chancy, le terme du chemin des huguenots à Genève. Frédéric et son locataire Claude acceptent de nous recevoir. Ils ont un peu de terrain devant leur maison qui selon eux devrait faire l’affaire pour nos deux équidés. Ils ont également du filet à mouton pour faire un parc, ce qui est idéal si on veut se poser une journée.

IMG_20160708_102402Céline galère physiquement depuis quelques jours malgré nos journées de marche raisonnables. C’est peut-être la chaleur qui nous fatigue. Elle se demande si elle arrivera à continuer dans de bonnes conditions. Nous entamons une discussion pour resituer nos objectifs de voyage et nos besoins respectifs. Il est parfois difficile d’entendre les réalités de l’autre mais c’est important d’en discuter régulièrement.

Un de mes objectifs est de filmer notre voyage et d’interviewer des personnes que l’on rencontre, soit parce qu’ils sont passionnés d’ânes, soit parce qu’ils ont une démarche particulière que je souhaite partager par ce média. Cela engendre certaines contraintes de temps et de matériels. Céline elle, pour qui la rencontre est plus importante que le film, est plus dans une démarche intérieure, voire une recherche de changement de vie. Démarche que moi j’ai déjà faite. Elle aimerait par exemple d’avantage s’intéresser aux plantes sauvages comestibles mais se rend compte que ce n’est pas facile à faire en chemin avec une caravane d’animaux à gérer et un rythme à tenir. On conclut par le fait qu’on a besoin de repos pour reprendre des forces, s’éclaircir les idées et en priorité établir un itinéraire pour traverser le canton de Genève. La traversée de la Suisse devra nous permettre de méditer notre discussion que nous mettons en stand-by car nous devons partir, maintenant que nous savons où nous rendre pour passer la nuit.

20160706_145053On descend donc sur Jurens puis on traverse l’autoroute pour arriver à Valleiry, dernière commune avant de passer la frontière (« frontchère » avec l’accent Valaisan), sans oublier le dernier pain et le dernier café à un prix abordable. Nos mulânes sont attachés à une fontaine ronde et nous attendent patiemment ! Mais après les avoir rebâtés, Marius, toujours attaché, se met à sauter dans tous les sens et manque de se retrouver dans la fontaine. Il me bouscule au passage alors que j’étais en train de boire dans ma gourde. Me voilà trempé, lui aussi mais heureusement, par miracle, il n’a pas piétiné le matériel photo posé à coté de mon sac à dos. Cette frayeur subite et inexpliquée nous a tous réveillés. Etait-il en train de se faire piquer par un taon-éléphant (après le moustique tigre) ou était-il dans la lune lorsqu’il a été surpris par quelque chose ? Nous ne saurons pas mais cela nous rappelle qu’il faut toujours être vigilant même avec l’animal le plus placide du monde…

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La borne frontière 10 qui marque notre passage en Suisse.

Nous quittons la route pour un sentier qui plonge dans la forêt et nous conduit vers la frontière. C’est en nous claquant les cuisses que nous passons la borne 10. Non pas que nous dansions une polka locale mais nous sommes attaqués par une horde de moustiques. C’est en vitesse que nous immortalisons l’évènement, on se fait piquer partout et nos animaux sont très excités !

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« Euh, sont nouveaux ces panneaux ? »

Peu après, nous retrouvons une petite route goudronnée qui descend lentement dans le Bois de Fargout. Nous longeons le Rhône puis continuons jusqu’à l’ancien poste des douanes et la route de Valleiry. La route est dangereuse car très fréquentée. Il faut être prudent. Chancy n’est pas très loin ! C’est pour Marius et moi une première de traverser à pied une frontière ! Ça fait bizarre !

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Tchin’

Pour fêter ça, on s’arrête dans un café restaurant pour boire un verre ! Deux jus de pomme au prix d’environ 10 euros ! Wouaw ! On ne va pas rester trop longtemps si on ne veut pas exploser notre budget ! A ce prix là, on déguste l’onéreuse boisson ! La patronne est très sympa, elle nous a laissé nous poser sur l’arrière terrasse alors qu’elle était fermée. Le patron, un valaisan, nous sort des vieilles photos de son grand-oncle qui amenait le courrier avec des mulets.

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Premiers pas sur les routes suisses !!

Allez, on reprend la route sous le bruit assourdissant des avions qui poursuivent leur descente vers Genève ! Il nous reste une poignée de kilomètres avant d’arriver chez notre hôte. Nous évitons judicieusement la grande route et je découvre les us et coutumes des autochtones à savoir par exemple, ramasser les crottes de chiens même si l’on se trouve sur des sentiers. On ne rigole pas avec les helvètes !

A Laconnex nous faisons la connaissance de Frédéric. Il a un cours de danse et ne peut pas trop s’attarder mais nous explique où installer le parc de nos ânes et nous demande de déplacer ses cinq oies pour les mettre avec eux. Bon.

Les parents de Céline et son amie Christelle arrivent à ce moment-là pour le pique-nique du soir, et nous aident à faire le parc en évitant un arbre fruitier, et à monter le camp.

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Celles-là ont eu chaud !

Nous ouvrons alors le parc des oies et les poussons gentiment dans celui des ânes. Et là.. Le drame! Symphonie, voyant arriver le groupe serré des oies qui se dandinent vers elle, prend sans doute ça pour une attaque et réagit violemment en fonçant dans le tas. Céline essaie bien de la retenir mais elle s’est transformée en furie! Sous nos yeux ébahis et impuissants, elle piétine les pauvres petites qui n’ont même pas le temps de s’enfuir. L’une d’elles ramasse pour les autres et se retrouve inerte au sol avec une aile vrillée. Céline éloigne la mulette qui s’est calmée, et nous restons choqués. Je ramasse l’oie et vais la déposer dans son parc. Après lui avoir remis l’aile dans le bon sens et constaté qu’elle était bien brisée, contre toute attente l’oiseau part en courant se cacher.
Tournée de Rescue pour tout le monde.. Nous ne donnons pas cher de sa peau… Impossible de joindre Frédéric. Sa fille, que nous avertissons, nous dit de ne pas nous inquiéter, que c’est un accident, et que nous ne pouvons de toute façon pas faire grand chose là maintenant.

IMG_20160705_211803Nous décidons de pique-niquer comme prévu en attendant, et passons quand même une chouette soirée, même si le sort de l’oie nous préoccupe et que la violence de l’attaque plane, suspendue comme un fantôme au-dessus de notre assemblée.

Merci à nos visiteurs pour tout ce qu’ils ont amené, encore une fois !

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