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Marius Tour de FranceMTF #Sur les pas des Huguenots

Jour 73 / Arrivée à la frontale, un genou en vrac et les pieds en feu

C’est la tête dans le brouillard que levons le camp. Ce matin, nous avons la visite de la religieuse mais aussi de deux personnes d’une association qui occupe un des bâtiments du monastère Notre-Dame des Petites Roches.

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Un brouillard à couper au couteau !

Malgré toute l’attention portée par Céline, Symphonie a les antérieurs sensibles depuis quelques jours. Elle marche parfois sur des oeufs; surtout lors des grosses descentes caillouteuses. La faute en particulier à l’herbe trop grasse et à l’humidité dans laquelle nos mulanes pataugent depuis des jours. Nous avons fait le choix de ne pas ferrer nos équidés mais cela demande des soins réguliers, pour rétablir les appuis par exemple, mais avant tout pour veiller à ce que le pied reste sain, gage de succès. A noter que le ferrage ne règle rien mais ne fait qu’anesthésier les endroits douloureux et masquer le problèmes. Céline pourrait vous en parler pendant des heures !

20160601_105958En partant, nous croisons une habitante de Saint-Bernard qui prépare un mandala en sable et qui nous dit qu’elle aurait été ravie de nous recevoir la veille au soir. Parfois les rencontres se font … ou pas !

Nous rejoignons le tracé du Tour des Petites Roches et descendons vers l’église de Saint-Bernard plantée au milieu des prés, loin du village. Nous prenons un chemin pour longer les falaises du plateau. L’un des rares accessibles par ces temps humides. Il traverse de magnifiques prairies vallonnées, parsemées d’une multitude de fleurs, buissons et arbustes. Rapidement le balisage disparait et nous nous égarons. Nous finissons par retrouver le sentier… de l’autre coté du parc à vache où nous nous trouvons. Nous n’avons d’autre choix que de défaire les fils de la clôture, que nous remettons une fois notre caravane passée.  Le GR longe une falaise puis s’enfonce dans une forêt de hêtres et chataigners. Là encore, ça glisse fort dans la descente. Marius et Symphonie se retrouvent plus d’une fois à déraper sur plusieurs dizaines de mètres. C’est tendu mais pas dangereux… Juste impressionnant de voir nos ânes sur le cul comme sur des skis !

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Attention, ça glisse !

Le chemin finit par traverser une route départementale. Nous en profitons pour remonter à Saint-Bernard car nous n’avons pas très envie de passer notre journée sur ces chemins gras et casse-gueule. On aura essayé mais le détour nous a fait perdre au moins deux heures ! Retour à la case départ : il est plus de 12h30. Au village, alors que nous prenons la direction du col de Marcieu (1066m), « la dame du mandala », que nous avions croisée avant de partir, nous double en voiture. Nous la croisons à nouveau quelques minutes plus tard : elle nous indique un spot où nous pourrions passer la nuit dans un village voisin et nous tend un pot de pâté et du fromage de chèvres frais.

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Une plantation de bouteilles en plastique ?

Rencontre étonnante, comme nous en faisons une autre quelques minutes plus tard lorsque nous passons devant une maison. Un couple de retraités vient alors à notre rencontre et nous demande si nous n’avons besoin de rien. Nous lui expliquons que nous sommes à la recherche d’un coin où nous poser pour déjeuner.  Sans hésitation, ces deux personnes souriantes nous offrent l’hospitalité d’une manière très déterminée : leur terrain pour les ânes, un appartement disponible au rez-de-chaussée en cas de pluie, de quoi nous poser pour midi ou plus longtemps si nécessaire ! Nous acceptons cet accueil chaleureux et profitons d’une table pour manger un bout : il y a même une nappe !! Avant de partir, nos hôtes nous offrent le café, accompagné de petits cookies et de gingembre confit. Nous apprenons alors que le monsieur était thérapeute et a beaucoup travaillé avec la respiration consciente : la sagesse inée du souffle qui sait parfaitement se placer dans le corps. Il nous invite à profiter pleinement de notre voyage et de la nature pour entrer en contact avec notre respiration. Nous lui promettons d’y penser !

20160601_110557Pas le temps de trop s’attarder malheureusement. Nous avons perdu beaucoup trop de temps ce matin.  Nous avalons du goudron jusqu’à la forêt de Bresson où une piste nous offre une bouffée d’oxygène dans une forêt ! Pour Céline, c’est le début de la fin, avec de grosses douleurs aux pieds. Elle a beaucoup de mal à avancer, à grimper sur ces chemins détrempés et boueux. Par moment, elle s’accroche à la queue de Symphonie qui la tracte.

20160601_174745Au hameau Les Près, nous reprenons la route. A quelques kilomètres de Saint-Georges, nous nous arrêtons sur un banc. La douleur de Céline est presque insupportable. Ces pieds sont détrempés, elle marche en crabe pour avoir moins mal. Ses tendons chauffent et la peau des pieds humides depuis plusieurs jours, est mis à mal. Le physique joue rapidement sur le moral qui est encore alourdi par le fait que Symphonie n’est pas à l’aise pour marcher et qu’elle ne peut pas être soulagée de sa charge. Toutes les deux prennent sur elles pour arriver au bout de cette journée mais nous sommes encore loin du but…

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Petite pause … On débâte ?

Un banc au bord de la route nous permet de nous poser quelques minutes. On débâte nos ânes et nous, nous nous déchaussons histoire de faire sécher nos pieds. A ce stade nous aurions dû nous arrêter pour la nuit, mais la perspective d’une soirée dans une famille qui nous attend et la possibilité de nous reposer le lendemain nous poussent à poursuivre notre chemin.

13325478_10154174949228490_4448390673949397991_nSaint-Georges n’est pas loin. Barraux est à portée de pieds mais il est déjà 19h00 lorsque nous suivons le chemin bordé de buis qui descend le long d’un ruisseau. Les chiennes sont en forme depuis que la chaleur est retombée : elles courent dans tous les sens, la truffe aux aguets… Le gibier n’est pas loin. Après 40 minutes d’une longue descente où je suis tombé pour la deuxième fois de la journée, nous arrivons enfin aux premières habitations de la vallée. Nous poursuivons sur une route goudronnée. Il nous reste alors encore 6 km ! Ils nous paraissent interminables. On a vraiment du mal à avancer.

20160601_205329La nuit tombe et nous sortons nos gilets jaunes. Kali et Symphonie ont droit au leur. Brigitte, une cavalière qui nous suit depuis quelques temps et qui nous a trouvé un toit pour passer la nuit, nous rejoint à l’entrée de Barraux avec Thérèse,  qui sera notre hôte.

Il est finalement 22h lorsque nous arrivons enfin, exténués par cette journée. Tout le monde nous attend. Nous débâtons en mode automatique et amenons les ânes à travers le jardin jusqu’à un petit parc aménagé pour l’occasion dans le verger. Nous posons telles quelles nos affaires dans un réduit et donnons à manger à nos courageuses chiennes. Après nous être occupés de nos animaux, Dominique, le mari de Thérèse peut enfin lancer le barbecue ! Et c’est autour d’une joyeuse table que nous terminons cette journée qui ne fut pas la plus longue en terme de kilomètres et de temps de marche. Néanmoins, le cumul de différents facteurs comme l’humidité, le changement d’habitudes alimentaires et une fatigue générale nous rendent moins résistants.

20160601_205319La douleur aux pieds et au genou droit de Céline s’est amplifiée au fil des derniers kilomètres. La pause de demain devrait lui permettre de récupérer.

Un commentaire

  1. Courage celine, nous pensons à toi et merci pour ce blog qui nous permet de suivre votre voyage et de profiter des magnifiques paysages. a travers vos rencontres, nous sommes heureux de voir combien sont nombreux les hommes et les femmes pret au partage. meme les enfants a qui vous tuez les lapins bises à vous

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