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20160628_140628Depuis que nous avons changé de département, la présence des huguenots semble avoir disparu. Nous ne voyons plus de cimetières familiaux par exemple. Le balisage, lui, est absent, comme si ce chemin n’existait pas. Le duché de Savoie était pourtant un passage obligé pour les protestants qui voulaient rejoindre la Suisse. Cependant, ils devaient se faire encore plus discrets dans ces contrées majoritairement catholiques s’ils ne voulaient pas être arrêtés et envoyés aux galères. Pour passer inaperçus, ils marchaient la nuit, et traversaient les villes en se mêlant à la foule.

IMG_20160627_203942Nous sommes partis très tard de chez nos hôtes. Nous avons pris un petit déjeuner en compagnie de quelques-uns de leurs enfants, puis un appel important a duré plus longtemps que prévu. Mais aujourd’hui, la traversée de Chambéry nous attend ! Un deuxième gros morceau après Grenoble. On appréhende un peu. Notre caravane ne passera pas inaperçue !

Et puis, d’après Clément, que nous avions rencontré à Apremont, nous n’aurons pas d’autre choix que de dormir au lac de Bourget. En effet, il n’y a pas, selon lui, de terrain où nous poser pour la nuit autour de la piste cyclable que nous allons emprunter jusqu’à Aix-les-Bains. Quoi qu’il en soit, nous allons manger beaucoup de goudron durant les prochains jours !

20160628_141317Pour rejoindre Chambéry, le chemin nous offre de magnifiques points de vue sur le lac. Sur les hauteurs de la ville, nous entendons des cris, des chants. Pourtant, nous ne sommes pas attendus !!! Ah non ! C’est la manif contre la loi du travail ! Dans la descente qui nous mène au centre-ville, l’idée de nous retrouver dans le cortège m’amuse. Mais après le contournement du sentier par la route, car infranchissable avec des équidés, et une longue descente d’escaliers, nous arrivons trop tard. Les manifestants ont remballé banderoles et slogans lorsque nous arrivons au « Carré Curia ».

20160628_143930Nous nous y arrêtons pour faire quelques courses dans une supérette de quartier. Puis nous contournons la médiathèque direction la voie verte. Il y a beaucoup de monde et comme nous le pensions, nous ne passons pas inaperçus ! Devant le Palais de Justice, Marius n’a pas pu se retenir et a posé une bonne grosse diarrhée… si habituellement on s’arrête pour ramasser la digestion du repas de la veille déposée en petites boulettes presque toutes uniformément moulées, là pour le coup, la traînée verte était irrécupérable… on s’éclipse alors le plus discrètement possible… autant dire que tout le monde nous a vus !

20160628_162504On passe devant la fontaine aux éléphants puis on s’arrête dans le parc Vernet pour boire un café et manger une glace ! Nos mul’ânes continuent à faire l’attraction ! Nous poursuivons notre chemin un peu plus tard en direction de la voie verte. Celle-ci longe d’abord la rivière l’Hyère et ensuite la Leysse. Elle est entièrement goudronnée et, en âne, l’itinéraire n’a rien de transcendant : il faut toujours avoir l’œil ouvert car de nombreux cyclistes se croient sur une piste de vitesse ! C’est pire que sur une route.

20160628_172830A l’époque, les protestants préféraient ce chemin au versant Est gardé par l’abbaye de Hautecombe. Aujourd’hui, la piste cyclable traverse d’importants axes routiers et une voie ferrée, sans oublier une très belle zone industrielle.

Le passage obligé  d’une passerelle pour changer de berge a été un peu folklorique : Symphonie ayant eu peur du bruit saccadé du revêtement, occasionné par les vélos qui arrivaient derrière nous à toute blinde.

20160628_172505Exception faite des Huguenots qui quittaient la France en bateau par l’Ouest ou le Sud, l’exil des Huguenots après la révocation de l’Édit de Nantes consistait pour la plus grande partie des exilés en une marche à pied de plusieurs centaines voire de milliers de kilomètres. Peu nombreux était ceux qui, propriétaires d’un âne, d’une mule ou d’un cheval pouvaient charger leurs biens sur le dos de l’animal ou atteler un chariot. Aussi les cours d’eau et les voies navigables ont joué un rôle important dans le déroulement de cet exil. À condition d’en avoir les moyens, les réfugiés utilisaient les barques à chaque fois que leur cheminement longeait un lac ou un cours d’eau navigable tel que le Lac du Bourget, le Lac Léman, le lac de Neuchâtel, le lac de Morat, le Rhône jusqu’à Seyssel, l’Aare etc.

L’existence du canal de Savières en prolongation du lac du Bourget permettait ainsi aux exilés d’envisager l’utilisation d’une barque entre le port du Bourget du lac jusqu’au nord de la Chautagne.

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Nous avons marché une petite dizaine de km sur cette voie verte en croisant les doigts pour qu’un cycliste ne se prenne pas une sacoche en doublant trop près. Nous nous sommes posés au Bourget du Lac au niveau de l’ancienne abbaye. Nous avons hésité un moment à bivouaquer sur le campus tout proche, pour le fun, avant de renoncer pour trouver un lieu plus tranquille.

C’est à côté d’un bois et devant deux salles communes que nous plantons la tente. Dans l’une, des retraités prennent des cours de danse et dans l’autre, des parents d’élèves tiennent une réunion. Nous sommes fort bien accueillis notamment par Serge qui veille à ce que l’on n’ait besoin de rien. Il nous offre deux bières et propose de nous fournir en eau et électricité dans la salle. Nous discutons en moment avec lui mais l’heure tardive nous pousse à aller nous coucher !

Bonne nuit !

Source : http://www.surlespasdeshuguenots.eu

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