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Marius Tour de FranceMTF #Sur les pas des Huguenots

Jour 71 / Sous les nuages, on ne voit pas grand chose du Grésivaudan

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Des ruches comme à la maison !!

Surprise ce matin alors que nous étions en train de bâter nos ânes : trois voitures dont un véhicule de gendarmerie débarquent sur le terrain où nous avons bivouaqué… Comment dire … Aussitôt plein de choses nous passent par la tête… Nous pensons immédiatement que les militaires ont été alertés par le propriétaire du champ ou celui des ruches posées sur un promontoire à quelques dizaines de mètres de l’endroit où nous avions planté la tente. Nous aurait-il pris pour des voleurs d’essaims ? Finalement, les voitures se garent, tout le monde nous salue, un homme me prévient même que des ruches peuvent être agressives, un autre nous complimente sur nos équidés ! On se détend ! Rien à voir avec nous … En fait on comprend que l’un des deux gendarmes est apiculteur amateur et qu’il vient ici rencontrer deux professionnels sur leur rucher. Ouuuuf !!

20160529_184228Hier soir nous nous sommes installés ici après quelques heures de marche seulement. Les chemins sont détrempés, boueux et glissants. Nous avions de la peine à avancer et devions faire demi-tour car nos ânes dérapaient souvent sur les sentiers. Après moult détours, nous avions décidé de prendre la route jusqu’en bas du col de Baure pour grimper à Saint Pancrasse: c’était plus sûr et moins casse-gueule ! C’est un habitant de Bivier qui nous avait indiqué le terrain sur lequel nous nous étions posés pour la nuit, pluvieuse pour changer.

20160530_100246Le temps est encore incertain ce matin. Tellement incertain qu’on n’est pas certain qu’il fasse beau aujourd’hui ! D’ailleurs, au moment même où l’on part, il pleut ! Nous empruntons des rues de Saint-Ismier. Beaucoup d’automobilistes nous doublent ou nous croisent et s’arrêtent parfois pour nous poser toujours la même question : « Vous allez où comme ça? ». Arrivés sur la place du village, un café nous tend les bras ! On décide de s’arrêter même si on n’est pas en avance. Mais ça nous fera le plus grand bien avant la grimpette du jour ! Le temps de débarrasser une partie du paquetage du dos de nos compagnons aux longues oreilles et déjà une demi-douzaine de personnes nous entourent, intriguées par notre carav’âne ! Un couple habitant le village nous invite à prendre un café, nous acceptons bien volontiers. La discussion tourne autour de notre voyage, de notre action, de l’association Solidarité Elisa pour laquelle nous récoltons des dons tout au long de notre voyage. Ils sont très réceptifs à notre démarche, sans doute parce que l’un de leurs enfants a fait un tour du monde il y a quelques années. Nous passons un agréable moment en leur compagnie mais 800 mètres de dénivelés positifs nous attendent et il est temps de se remettre en marche.

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première grimpettes !

On commence par une piste caillouteuse qui monte à la Maison forestière de Manival, située au pied du col de Baure. Là, nous retrouvons un couple, en vacances dans la région, que nous avions également rencontré devant le café de Saint-Ismier quelques heures plus tôt. L’occasion de faire une petite pause à mi-distance et de raconter une nouvelle fois notre voyage. Ces touristes très charmants randonnent beaucoup et notre périple les fascinent, notamment le coté aléatoire et imprévu des endroits où nous allons passer la nuit.

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Le chemin pour monter au col.

Le col de Baure m’avait fait faire un peu de souci lorsque j’ai étudié le tracé. Au PNR de la Chartreuse, Mario que j’avais contacté, m’avait assuré que nous ne rencontrerions aucune grosses difficultés. J’étais un peu rassuré. Un peu … Finalement, le sentier qui monte au col est joli dans une très belle hêtraie. Le sol est moelleux, parfois recouvert de feuilles et serpente agréablement, nous évitant ainsi un fort dénivelé. Néanmoins, par endroit, des roches ou des arbres gênent le passage de Marius et Symphonie, trop volumineux avec leurs sacoches. Heureusement, ils ont une nouvelle fois su gérer le frottement et le déséquilibre qui aurait pu les pousser dans le vide. Cela nous a valu tout de même quelques sueurs !

20160530_161941Il nous aura fallu une heure pour l’ascension depuis la cabane; dont les derniers mètres se font sous la pluie. Les branches des arbres nous protègent un peu. Là-haut, nous découvrons un autre paysage. Nous sommes à la limite de la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse, au coeur du Grésivaudan, une vallée qui s’étend de Grenoble à Chambéry. Au Moyen Âge, le nord de cette vallée était une zone frontière défendue par de nombreux châteaux comme ceux de Bellecombe, Pontcharra et La Buissière sur la rive droite de l’Isère ou Avalon et Morêtel sur la rive gauche.

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Le plateau.

Pour s’assurer le contrôle des territoires frontaliers (qu’on appelait les marches), dauphinois et savoyards édifient des petites constructions de terre et de bois appelées bâties. Les châteaux de la moyenne vallée, plus éloignés des zones de combat, étaient des fiefs concédés par les Dauphins à des proches ou aux membres de leur famille. Ainsi les châteaux de la rive droite comme Montfleury, Montbonnot, la tour d’Arces, La Terrasse, Monfort et Le Touvet, le château de la Frette appartenant à François de Beaumont dit le Baron des Adrets, ou Theys et La Pierre sur la rive gauche. Ces châteaux seront progressivement laissés à l’abandon à partir de la fin des guerres delphino-savoyardes au milieu du 14e siècle. Ils seront démantelés à la fin du 16ème siècle pour éviter qu’ils ne servent de repaires de brigands pendant les Guerres de Religion. Au même moment, le Duc de Savoie fera construire à Barreaux une des premières fortifications bastionnées de France: le Fort Saint Barthélémy, qui deviendra plus tard le Fort Barraux. (Source : www.surlespasdeshuguenots.eu).

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La dent de Crolles

A notre gauche, la Dent de Crolles dont la particularité est d’être totalement creuse avec un réseau souterrain de 55 km et plus de 600m de dénivelé négatif. Nous n’irons pas au col du Coq en âne… mais prenons la direction de Saint Pancrasse . Nous descendons par un petit chemin avant de reprendre la route. Ici, à 1200m comme plus bas, les sentiers sont tout aussi boueux. Nous entamons notre traversée du plateau des Petites Roches et avalons quelques kilomètres de bitume, évitant soigneusement les passages difficiles.

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Passage d’une passerelle glissante …

Au Tournoud, nous nous mettons à la recherche d’un terrain pour la nuit. Une jeune autostoppeuse nous rejoint et nous accompagne pour le plaisir. Elle propose un lieu pour bivouaquer mais celui-ci est trop loin pour s’y poser ce soir. S’arrête alors une dame au volant de sa voiture, avec qui nous échangeons quelques mots. Après lui avoir précisé ce que nous recherchons, elle téléphone à sa fille pour lui demander si son terrain pourrait nous accueillir. Réponse négative car l’accès est difficile. Mais la dame semble vraiment déterminée à nous trouver une solution. Elle se gare, descend de son véhicule et nous conduit jusqu’à un agriculteur qu’elle connaît et qui pourrait avoir un pré pour nous. Malheureusement, toutes ses parcelles sont prêtes à faucher. Après réflexions, il nous redirige vers un petit étang en contre-bas du village. Je laisse Céline et toute l’équipe que nous attachons sur le parking de l’école et je pars repérer les lieux qui me paraissent trop humides pour nous accueillir. Toutefois, faute de grives…

20160530_184831On descend alors et, passant devant un élevage de chèvres mohairs, je m’arrête, hésite, réfléchis, écoute, et je décide d’aller demander aux propriétaires s’ils ont un bout de terrain. Maurice accède immédiatement à ma requête comme si ça coulait de source. Lui et sa femme Martine on l’habitude de recevoir des pèlerins. Ils avaient d’ailleurs accueilli Barbara et Pascaline. Ils nous proposent de dormir dans la chévrerie parce que leur maison est en travaux. Pour nous c’est une hébergement 4 étoiles avec un prime une bonne odeur de laine et de foin. Nous pourrons faire sécher les tentes et nos vêtements mais aussi prendre une douche : notre odeur de bouc dégoute même les chèvres qui refusent d’entrer dans leur quartier nocturne !

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Notre 5 épis !!

Martine et Maurice nous invite à leur table où nous les rejoignons dès nos animaux installés. Marius et Symphonie dormiront dans un grand parc bien herbeux et les chiennes à coté de nous sur de la paille. Nos hôtes aiment particulièrement la Suisse et c’est l’occasion pour Céline d’évoquer certains lieux de son pays. C’est autour d’un bon repas et en excellente compagnie que nous terminerons cette journée. Avec un bon feu de bois !

2 commentaires

  1. bon courage avec ce temps pouri !!! ici des chemins sont couper par les INONDATIONS donc impossible de partir j’attend encore un peu

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