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DSC_0448Pas facile la reprise lorsqu’on est sédentaire depuis plusieurs jours ! Difficile de se remettre en marche… Cela dit, quand on y est, c’est du bonheur ! D’autant que l’étape du jour nous promettait une certaine platitude !! Elle nous promettait aussi une vingtaine de kilomètres jusqu’au lac Mort. Oui je sais, le nom n’est pas très racoleur et donne pas vraiment envie, mais bon … De tout façon, on est passé déjà deux fois au Paradis (la première à Grignan et la seconde à La Mure) de notre vivant, alors on a pris de l’avance !!

DSC_0447Malgré la mollesse de nos corps, on est parvenu à partir vers 10H. On a suivi les indications de Yoann (avec un peu d’hésitation et de méfiance) sur le début de l’itinéraire pour éviter la route et il nous a fallu une bonne heure pour arriver aux portes de La Mure. Et presque autant pour en sortir d’ailleurs, car nos deux ânes ont eu la délicatesse d’attendre que l’on passe devant un commerce pour poser leur crottin… Ce n’était pas faute de les avoir fait brouter quelques minutes avant d’entrer dans la ville en espérant qu’ils se soulagent ! Et si je puis me permettre une remarque, dans les avantages/inconvénients de la mule par rapport à l’âne, je noterai l’imposant pâté que dépose la mule. Classez-le dans la rubrique que vous voudrez !

Après un café ou deux pris place de la Liberté, et un passage dans une boulangerie, nous avons repris le sentier des Huguenots. Une petite côte nous amène jusqu’aux « trois croix » comprenez « le calvaire », puis le chemin devient relativement tranquille en ligne de crête, traversant essentiellement des cultures. Sa monotonie a parfois été bousculée par la rencontre de Vttistes, joggueurs, promeneurs et même des cavalières. Mais n’allez pas croire que la monotonie nous déplait : un chemin sans difficultés, avec une vue bien dégagée, tout doux pour les pieds sur lequel on se laisse porter sans avoir à  faire attention à chaque instant où on les pose : ça fait du bien !

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Une sculpture à l’entrée de Chalonge indique que le village est situé au niveau de 45e parallèle.

Il faisait bon entre 950 et 1050 m d’altitude, parfois protégés des rayons du soleil par des haies. Nous avons pénétré ensuite dans un bois magnifique tandis que nous surplombions le lac de Pierre Châtel, puis celui de Pétichet. Arrivés à Cholonge, où une sculpture à l’entrée du village indique qu’il est situé au niveau de 45e parallèle,  nous avons été rejoints par Robert Aillaud que j’avais contacté dans le cadre du documentaire que nous préparons sur le sentier des Huguenots.  Cet « historien charismatique » devait nous parler de l’exil des protestants dans la région. Mais il nous reste encore deux bonnes heures de marche avant d’arriver au lac Mort et Robert se propose de partir en éclaireur pour trouver un endroit où bivouaquer.

DSC06424Doucement, nous entamons une descente jusqu’à Laffray et son lac naturel d’origine glaciaire (comme les deux précédents). Cependant le chemin est toujours plein de surprises : un dernier bon dénivelé positif, plein de caillasses, nous met un peu à rude épreuve pour finir la journée. Céline commence à avoir mal aux talons et ses voutes plantaires s’enflamment ! Il est temps d arriver mais il reste encore quelques kilomètres avant le lac Mort. Du lac Laffray nous ne verrons pas grand chose, pas plus que les autres d’ailleurs. Le panorama est caché par des arbres et les panneaux explicatifs ne suffisent pas à donner le change.

A trois kilomètres à peine du lac mort, Robert nous attend et nous annonce qu’il a trouvé un terrain dans la propriété d’une des maisons situées au bord du lac !! Voilà une chouette nouvelle qui nous motive pour avaler les dernières bandes de bitumes !!

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Danielle nous accueille dans sa belle propriété.

Il est un peu plus de 19h lorsque nous arrivons chez Danielle, une pétillante septuagénaire qui nous accueille avec un large sourire ! Après un rapide tour du parc, nous trouvons un endroit où poser notre caravane. Pendant que Céline se charge de l’installation, je m’éclipse avec Robert pour une interview au bord du lac. Il me raconte qu’au cours de l’histoire, ce territoire a souvent été un territoir d’exil. Ce fut le cas par exempleen mars 1815, lorsque Napoléon revenant de l’Ile d’Elbe et en route vers Paris, a rejoint La Mure avant de se diriger vers Vizille. A Laffrey, il rencontre l’armée du roi Louis XVIII, venue pour arrêter sa marche vers la capitale. Seul, il s’avance vers la troupe et s’exclame “Soldats, s’il en est un parmi vous qui veuille tuer son général, me voilà !” Au cri de “Vive l’Empereur”, les soldats piétinent leurs fleurs de lys. C’est le premier ralliement de masse qui marque le retour de Napoléon. Le lieu de cet épisode est aujourd’hui marqué par une statue équestre de l’empereur. Pour Robert Aillaud, cette marche de Napoléon est celle finalement de l’exil sur l’île Sainte-Hélène.

DSC06429L’interview terminée, Robert nous quitte. Nous le remercions pour son aide et espérons le revoir demain puisque le chemin passe à 200 m de chez lui.

Danielle, elle, nous invite à prendre l’apéritif puis spontanément nous propose de rester manger avec elle. Nous acceptons bien volontiers et passerons une très agréable soirée en sa compagnie. On vous raconte demain !!

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