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Ca grimpe !

Plus de 1000 m de dénivelés positifs… voilà ce qui nous attend aujourd’hui avant de franchir le col de Menée. Ce ne sera pas une partie de plaisir de passer les 1600 m d’altitude mais contrairement aux Huguenots, nous avons au moins la chance de traverser la montagne de jour et de ne pas avoir les Dragons du Roi à nos trousses.

20160510_125928L’herbe bien verte a rassasié nos compagnons de voyage. Hier soir ils étaient en forme et ont galopé dans le champ où nous nous sommes installés. Ils semblaient tellement heureux à jouer à fendre l’air en traversant le pré ! C’est la première fois depuis que nous sommes partis, que nous les voyons ainsi à se prendre pour des chevaux. Ils ont commencé par des cabrioles avant de piquer des sprints ventre à terre. C’était à celui qui relançait l’autre pour faire la course, le dépasser,  … Ce matin ils étaient plus calmes, voire un peu mous du genou, mais bien défoulés en tout cas !

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Attention de ne pas marcher sur les serpents !

Nous reprenons la route pendant quelques centaines de mètres avant d’emprunter un chemin qui nous conduit jusqu’aux Nonières, un hameau de la commune de Treschenu. Un nom qui, dans le patois du pays, signifie “ trois chenaux ”, entendez les trois ravins creusés par trois torrents de montagne: le Sareymond, le ruisseau de Combeau, et l’Archiane. Ils sont tous réunis à Menée, centre géographique de la commune. Des torrents nous auront l’occasion d’en croiser, voire même d’en traverser.

20160510_151616Aux Nonières (850m), les choses sérieuses commencent. Du coup, on s’arrête à l’auberge du village pour boire un café … ou deux ! Une heure de pause plus tard  (c’est long de boire un café et surtout de se donner du courage) on se met enfin en chemin. Au début, la montée est douce. D’abord sur du goudron puis le sentier apparaît. Avant de retrouver la départementale, on grimpe de plus en plus. Ca devient dur. Mais l’altitude nous offrent de très beaux panoramas qui réjouissent nos rétines pour faire diversion aux mollets.

20160510_145914Profitant d’une aire de pique-nique à 1150m, on fait une pause broute et casse croute. Les batteries rechargées, on reprend le chemin pour cette fois redescendre dans une petite rivière que nous aurons la chance, surtout Marius, de traverser. Là, nous rencontrons un amoureux de la nature parti photographier de jeunes chevreuils qu’il avait vus quelques jours plus tôt. Il nous explique que la première partie du sentier depuis la rivière n’est pas très intéressante jusqu’à la prairie mais qu’après celle-ci, le chemin est plat. Nous comprendrons plus tard que la notion de « plat » est tout à fait subjective.

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La ferme de Desert.

Nous entamons donc la grand ascension avec le courage qu’il nous reste. On avance lentement. Les ânes s’arrêtent souvent pour reprendre leur respiration. Les chiens eux, avancent derrière, plutôt bien. Nous, on tire la langue ! Après plusieurs kilomètres dans la forêt, le paysage s’ouvre enfin lorsque nous atteignons la ferme du désert : un bâtiment en ruine dont le vent a éparpillé les taules du toit un peu partout dans la prairie. Nous marchons plusieurs centaines de mètres dans cette pâture  où les ânes ont du mal à résister à la tentation de grignoter cette belle herbe de montagne. Céline, elle, broute des primevères qui lui redonnent un peu de peps !

20160510_160351On grimpe encore cette fois dans une forêt de hêtres.  Le chemin y est plus caillouteux. Céline commence à ne plus « pouvoir en avant »!! Pour tout vous dire je lui ai caché qu’on montait à 1600m… pour ne pas la décourager. Je lui ai juste indiqué l’altitude du col de Menée : 1457m (1402m par la route) ! C’est par une dernière pâture que nous arrivons au  point le plus haut de notre ascension… mais la journée n’est pas terminée. … après une courte pause pour reprendre nos esprits, on descend vers le col où une croix a été plantée en souvenir des protestants en exil.

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Petite pause à 1600 m

Ce col fut toujours un lieu de passage, probablement équipé d’une route dès l’époque romaine. Les muletiers, au Moyen Age, apportaient en Trièves les outres de vin de Die et ramenaient au retour leurs montures chargées de céréales, de textiles, de clous et ferrures produits par cette région industrieuse. Signe de l’importance de ce passage, il était gardé par une commanderie de Templiers dont un vestige est une cave voutée, proche de l’actuelle ferme du col. A la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, environ 3000 protestants de la vallée de la Drôme, quittant le pays pour pouvoir pratiquer leur religion, passèrent par ce col, en route vers Genève, puis d’autres pays d’exil. Nous, c’est par le tunnel que nous quittons la Drôme pour l’Isère.

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Le col de Menée ( A droite, la croix).

Le changement de paysages nous saute aux yeux. Les forêts sont verdoyantes, plus humides et les chemins moins caillouteux. Nous devinons les contreforts du Vercors qui nous dominent et le Mont Aiguille…..

Il est tard, il nous faut trouver un lieu pour installer notre camp. Après 2km de descente dans la forêt, nous finissons par trouver le bivouac idyllique : une grande clairière plate parsemée de fleurs et bordée d’arbres, de l’eau à proximité et un foyer pour faire un feu, le tout face au Vercors. Un lieu qui nous enchante et nous fait dire que c’est bon la liberté.

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Le Mont Aiguille

Pendant que je pars chercher de l’eau quelques centaines de mètres plus bas dans une fontaine et vérifier que le bivouac possible en bas n’est pas meilleur, les animaux semblent se donner le mot pour un dernier petit rebondissement de la journée alors que Céline est en charge de les garder. Marius s’éloigne un peu trop d’elle, les chiens profitent de l’impulsion d’aller le ramener pour disparaitre dans la forêt pendant que Symphonie, encore bâtée, s’est couchée avec le chargement, impatiente de pouvoir se rouler. Heureusement, Céline a pu la relever avant qu’elle ne casse le bât et qu’elle se blesse.

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Un camp idyllique !

Alors que nous allions monter le camp, un homme dans son 4X4 nous prévient de possibles orages durant la nuit en nous précisant que « quand ça pète ici, ça pète! ». Nous sommes avertis !

Le cadre nous donne envie de faire un feu pour faire cuire notre popote et nous profitons un maximum  de la magie de l’endroit avant que les premières gouttes nous sortent de notre digestion contemplative et nous poussent dans la tente.

2 commentaires

  1. De retour de la grande bleue, par le chemin des ecoliers , nous revoila connecté avec vous en montagne. Les chemins dromois semblent de plus en plus difficiles d’acces, et mal indiques .On vous envoie tout plein d’ energie ! Que l’accueil iserois soit aussi bon que possible !! prenez le temps de vous reposer……apres tous ces rudes ascensions ( et oui.. c’est le moi de mai 😉 ) !! Bises de nous tous ici a vous tous la haut ….. a bientot !

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