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20160506_192225Après une semaine à glander au pied de la montage de Glandasse, on pensait que notre journée de reprise allait être une simple formalité ! C’était sans compter les joies des imprévus et les facéties des tracés fournis par la Drôme à Cheval !
Tout avait pourtant bien commencé ! Petit marché hebdomadaire dans Die (ça sentait les vacances avec une foule de touristes dont pas mal de Suisses), pique-nique dans un square bourré de gamins qui courent dans tous les sens et de curieux intéressés par notre étonnante caravane (du style : « vous partez pour le week-end ? », « Il est joli ce
cheval… » en montrant Marius).

20160507_124955La traversée s’est faite non sans quelques ramassages de crottins élégamment déposés par nos compagnons de voyage. La petite pelle du cousin de Céline, Virgile, nous est précieuse dans ces moments-là.
Plusieurs personnes nous ont même proposé de valoriser les offrandes des mulânes en les proposant aux gens rencontrés… Nous y réfléchissons mais se balader avec un sac de crottins est moins commode que le sac à caca des chiens. Nous préférons les circuits courts : du producteur aux consommateurs directement dans les jardins !! Une façon pour Marius et Symphonie de remercier leurs hôtes pour le gîte et le couvert !
Bref, revenons à notre journée : il est plus de 14h (quoi ??????) lorsqu’on quitte cette ville plantée au pied du Vercors. Direction Romeyer par une petite route goudronnée longée par un petit canal béni de Kali et Bayah. Puis, on se retrouve sur un joli sentier qui se termine par une passerelle en bois pour traverser une rivière. Nous respectons les consignes donnés par le panneau du site (« Deux roues et cavaliers, descendez de vos montures ») mais c’est presque en courant que Marius traverse après avoir longuement hésité et,
gentleman, laissé passer Symphonie la première. Se retrouvant seul sur l’autre berge (il ne m’avait pas vu) et pensant sans doute que nous partions sans lui, il s’est affolé et s’est empressé de nous rattraper en faisant raisonner le bois du petit pont avec ses sabots !

20160507_144440Notre chemin se poursuit de l’autre côté de la route après l’avoir longée sur quelques mètres et être passés dans une petite gorge. La présence d’un grimpeur en train de s’entrainer dans un surplomb, encouragé par ses deux potes au sol, aurait dû nous mettre la puce à
l’oreille … ou le piton dans l’oeil !! Car les choses ont alors commencé à se gâter ! D’abord nous manquons le sentier quittant la piste, celui-ci ressemblant plus à un chemin d’ongulés sauvages qu’à un tracé équestre ! D’ailleurs, les traits de couleur orange indiquant les chemins équestres se font rares voire inexistants depuis la sortie de Die. Nous nous fions à notre flair aiguisé de voyageurs expérimentés mais aussi et surtout à iPhiGéNie, l’application GPS d’IGN sur laquelle nous avons rentré le tracé du chemin des Huguenots.
La première grimpette est dure (250m de dénivelés positifs), il fait chaud mais jusqu’au col de la Ginayes (773m), ce sont surtout nos jambes empâtées qui nous font transpirer. Même les équidés montrent des traces de sueurs, ce qui n’était presque jamais arrivé.

20160507_143709Là-haut, ça se complique avec l’absence de marquages, des panneaux d’indications
kilométriques complètement farfelues, et un tracé GPS irréaliste !
Nous nous enfonçons pas après pas dans la forêt tout en continuant à grimper. Nous nous rendons compte que le sentier de la Drôme à Cheval est dangereux pour nos ânes car très étroit, non entretenu, et bordé de nombreux arbres qui rendent le passage très difficile. Plus nous avançons, plus nous sommes perplexe sur ce que nous allons trouver après… Nous décidons de ne pas prendre de risque et de faire demi-tour (pour la énième fois) afin de tenter de récupérer un GR un peu plus haut. On tombe alors sur un cycliste, comme nous griffé par les épines des buissons, et qui lui aussi se demande bien où il se trouve. Il
nous confirme que le chemin que nous venons de prendre monte bien en haut du col de Villard. Une bonne chose mais nous n’y sommes pas encore : le sentier est compliqué, technique et certainement pas fait pour des ânes bâtés. D’ailleurs nous ne savons pas si c’est un chemin équestre. Plus on monte et plus la pente s’accentue. Nous ne sentons
plus nos jambes et devons gérer les poussées des ânes qui doivent prendre leur élan tout en essayant d’ éviter les arbres. Mais l’étroitesse des passages rend la chose presque impossible.
20160507_154828A force de cogner et de racler les troncs, une des attaches des sacoches de Symphonie finit par lâcher en pleine ascension. Il faut réparer sur place en dépit du chemin accidenté. En équilibre instable et sur une jambe (l’autre soutenant la sacoche), Céline trouve LE bout
de ficelle dans sa banane qui permet une réparation de fortune et remercie sa mule d’être restée sagement immobile malgré sa position difficile pendant le temps nécessaire. Quant à moi, derrière, je finis par lâcher Marius que je gêne dans son avancée. Il monte vite mais lui aussi cogne ses sacoches. Heureusement, il n’y a pas eu de casse pour lui.
En plein désespoir, et les dents serrées nous entendons soudain les paroles d’un Ange à travers la forêt : « Le GR est 50 m plus haut ! ». C’était le cycliste qui devait nous entendre pester ! Il nous faudra quelques minutes pour l’atteindre enfin nous aussi ! Là, nous entamons nous descente  bien épuisés par cette épreuve et rassurés de retrouver un chemin « carrossable » avec une équipe saine et sauve.

20160507_185803Nous arrivons au Serre Jean puis à l’ancienne Abbaye de Valcroissant où nous espérons trouver un coin pour bivouaquer également accessible à nos amis Annick et Michel, venus passer la soirée avec nous. C’était sans compter sur le concours de cette journée de merde qui avait décidé de tester notre moral. Devant la fameuse abbaye transformée en ferme et en gîte, dont nous n’avons pas compris encore qui y faisait quoi (association, berger, collectivités …) nous rencontrons plusieurs touristes venus passer le week-end prolongé dans le calme du lieu. Parmi eux, des cyclistes croisés un peu plus tôt sur la piste qui nous a conduits ici. Céline part demander au « propriétaire » des lieux s’il peut nous indiquer un endroit où bivouaquer. Gentiment, il nous conseille un bout de parking bien caillouteux en bordure de torrent… Comment dire … Le parking de la Glandasse et ses trois pissenlits flétris risquent de ne pas suffire à nos mulanes. Nous décidons donc de nous installés sur la bordure herbeuse d’un champ de trèfles attenant.

20160507_190244Le berger inquiet pour son fourrage vient nous voir. Nous le rassurons en lui expliquant que le trèfle est mauvais pour nos animaux et qu’ils ne dépasseront pas la bande herbeuse. Mais plus tard, c’est sa femme qui revient remontée (comme un coucou) et nous somme d’enlever nos ânes de la fameuse bande herbeuse entre le parking et le trèfle, qui sera également fauchée… Il est tard, nous avons déjà monté la tente et pas la peine d’essayer de parlementer avec l’agricultrice. Ma colère déborde face à tant de bêtise et de mauvaise foi. C’est donc de quelques mètres de corde en bordure de forêt que nos fidèles compagnons devront se contenter pour la soirée et la nuit… Nous en sommes bien triste surtout après la journée difficile qu’ils ont dans
les pattes mais on ne voudrait pas enlever l’herbe de la bouche des chers moutons de la dame qui ne semblent pourtant pas en manquer …L’accueil paysan est parfois surprenant!

L’orage passé, nous passerons une très belle soirée avec nos amis venus avec quelques douceurs comme un délicieux vin blanc et un gâteau au chocolat et à la crème de marron … une tuerie !!!!! Merci encore Annick et Michel pour cette très belle soirée … Vous êtes un peu « nos parents de chemin »

2 commentaires

  1. Ouf dure dure journée! Parfois la race humaine est bien décevante… heureusement parfois c’est le contraire! Question comme ça, est-ce qu’il y a beaucoup de pesticide sur les gazon en france? Au quebec sur les espaces municipaux ca pourrait etre un problème…

  2. Cette journée est une épreuve sur votre parcours .Vos mollets doivent en garder des traces . Et je pense aussi à Marius et symphonie … Mais alors, les humains avec des œillères et un coeur asséché sont vraiment incompréhensibles (Rassurez-nous , ce n’était pas des citadins ?) Quand on aime les animaux, le partage ne pose pas problème …. Bon retour sur les bons chemins plus accueillants . Plein de réconfort à tout l’EQUIPAGE § Cordialement

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