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La tente vue de l’intérieur …

« Quand on entend le Coucou pour la première fois, il neigera une dernière fois »… Voilà une expression qui nous a bien fait sourire lorsqu’une rencontre nous l’a formulée  un jour d’avril (un messager ?). Elle nous trottait en tous cas dans la tête depuis, et nous faisait bien sourire à chaque fois que nous entendions ce fameux coucou. On a bien souri jusqu’à ce matin du 1er mai où, en ouvrant la tente, nous avons découvert un paysage recouvert de plusieurs centimètres de neige ! Du coup, on a repensé au coucou mais bizarrement ça nous a fait moins rire ! Non mais franchement, regardez sur le net, il y a une douzaine d’expressions sur le coucou, toutes aussi farfelues les unes que les autres et c’est celle-là qui nous tombe dessus. Si on croise le coucou responsable de cette neige un 1er mai, on lui tord le cou au coucou et on  en fait un coucou laqué ou coucou au vin peut-être même un coucou à l’orange… à moins que des coucous Wings…….

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L’igloo des chiens !

Il a fallu enfiler chaussures et chaussettes mouillées de la veille et se résoudre à sortir de nos duvets chauds  (ce n’est pas de la plume de coucou!). On enfile quatre couches de vêtement, les gants, les chaussettes en poils de yack (toujours pas de coucou) pour affronter ce début de journée hivernal. A vrai dire, on a tourné un peu en rond à se demander ce que l’on faisait. Partir ou pas, affronter la neige sur le plateau à 1100 m ou attendre un redoux annoncé pour le début d’après-midi ? Dilemne… La tente des chiennes s’est transformée en igloo et les a protégées du froid mais les ânes frissonnent. Céline, de son coté, après 10 minutes sous la neige et une tentative de démontage du camp, voit ses pieds se refroidir au point de devoir s’asseoir pour les frotter énergiquement afin de rétablir la circulation et un semblant de chaleur. Une gourde remplie d’eau bouillante par les propriétaires du terrain lui permet de retrouver ses doigts de pieds … et moi mes doigts de mains gelés malgré les gants ! Il n’y a finalement que la moitié Husky de Kali qui ne voit aucun inconvénient à tout ça et gambade gaiement dans le pré ou dort sous la neige qui tombe encore tandis que Bayah tremblante, se réchauffe tant bien que mal sous le poncho que nous avons enroulé autour d’elle (car le vent s’est aussi levé !).

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Engagez-vous qu’ils disaient … Engagez-vous !!!

Dit comme ça, le tableau n’est pas très réjouissant. On n’a pas le temps de tergiverser sur la suite des évènements : soit on dégage vite fait, soit on quémande un bout de garage aux propriétaires du terrain qui nous croient très bien équipés et ne se font apparemment aucun souci pour nous ! Nous inviter à venir se réchauffer chez eux  ne leur est même pas venu à l’esprit ! Mais bienveillants, ils nous offrent un pain … congelé !!! Ca ne s’invente pas !! On le prend avec plaisir, car nos sacoches sont presque vides et nous n’aurons pas le loisir de cuisiner aujourd’hui.

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Rimon sous la neige !

Allez ! On prend notre courage à quatre mains (pendant qu’on les sent encore) et on lève le camp sous le regard perplexe de nos équidés qui font le dos rond et menacent de se plaindre au Syndic’âne !

DSC_0266Nos premiers pas dans la neige sont difficiles car nos guiboles humides et froides ont du mal à mettre un pied devant l’autre. Mais la grimpette qui se présente immédiatement rétablit les organismes de toute l’équipe qui s’engaillardit. Le village de Rimon-et-Savel passé, nous avons encore environ 200 m de dénivelé positif avant d’atteindre le plateau et marcher sur une piste presque plane où nous pourrons avancer plus vite. Ce qui nous arrange car nous avons décidé d’essayer de gagner Die d’ici ce soir : 22km au total. En effet, compte tenu des conditions météo, on ne pourra pas bivouaquer à mi-chemin comme initialement prévu.

20160501_115201Si le chemin est recouvert d’une fine pellicule de neige qui fond rapidement, la forêt et les rares pâtures que nous traversons, sont elles, bien enneigées. Malgré la température, on se réjouit de pouvoir admirer un tel spectacle. Kali et Bayah, les truffes aux aguets, courent dans tous les sens, flairant sans doute la faune surprise pas le retour du Général Hiver !  20160501_113833Parfois, les paysages s’ouvrent et nous découvrons qu’en bas, dans la vallée de la Rouanne ou de la Drôme, la verdure verdoie; indifférente à la situation qui nous préoccupe. Quel contraste de couleurs !

Vers 13h, nous croisons un couple de randonneurs emmaillotés, attablé pour pique-niquer. Image irréaliste au milieu de la neige. C’est sans doute ce qu’ils se sont dit aussi en nous voyant passer ! Pour nous, pas le temps de s’arrêter pour déjeuner. Le vent nous glace à peine nous cessons de marcher. Au fur et à mesure, tout en avançant, on arrache des morceaux de pain dans la sacoche et nous les mangeons tel-quel entre deux poignées de fruits secs. C’est dans ces moments là que l’on redécouvre les saveurs cachés des aliments, ceux-là même que l’on avale sans y penser  dans notre confort quotidien. En chemin, un plat de pâtes nature, une boite de sardine ou un carré de chocolat noir entre deux tranches de pain rassit se transforme en festin. Alors imaginez ce que peut nous procurer une pomme …. !!! Les fruits et légumes nous manquent. Difficile d’en consommer tous les jours.

20160501_115543Petit à petit nous perdons de l’altitude et sans nous en rendre vraiment compte, la neige disparait. Le vent lui, est toujours froid. La piste nous conduit jusqu’à la Croix de Justin où nous contemplons la ville de Die et derrière elle, le Vercors majestueux. Il nous reste encore plus d’une heure pour arriver au centre du bourg et alors que nous entrevoyons la fin de la journée, nous nous égarons sur un sentier sinueux, raviné et étroit que nous prenons, pensant profiter d’un raccourci. Erreur !!!! Règle n° 72 (prononcez septante-deux pour faire plaisir à Céline !) du manuel du randonneur-ânier : ne jamais quitter la piste équestre lorsqu’il est tard et/ou que vous êtes fatigués sous peine d’une grosse galère !! On l’a visiblement oubliée lorsque deux randonneurs rencontrés dans la descente nous ont assuré que « ça passait ». Bon c’est passé à un poil de cul d’âne (un poil d’hiver…) mais ça a mis une heure de plus que par la piste et quelques sueurs pour le coup (cou). Symphonie et Marius ont à nouveau fait montre de leur agilité dans des situations quelque peu périlleuses sur terrain très accidenté voire vertigineux. Heureusement que les bâts étaient peu chargés.

20160501_161423Arrivés en bas du sentier escarpé, nous n’étions pas au bout de nos surprises puisque nous nous sommes retrouvés dans un cul-de-sac : un « chemin interdit » à gauche, une « voie privée » à droite, et tout droit un sentier obstrué par des palettes, une clôture et des branchages (rien que ça!). Après une courte réflexion, nous décidons de prendre à droite au risque de fâcher tout rouge le propriétaire terrien qui visiblement n’aime pas le randonneur mais c’était le seul moyen de rejoindre la route. Nous apprendrons un peu plus tard que c’est avec la mairie qu’il s’est fâché et, très contrarié, il a fermé tous les chemins traversant sa propriété. Nous n’avons pas eu la chance de prendre langue avec ce personnage avec qui pourtant, nous aurions pu améliorer l’exercice de la dame de Bourdeaux !!!

20160501_162354Ereintés par les épreuves de cette longue journée, nous téléphonons à un  gîte équestre pour réserver pour la nuit. Nos affaires sont trempées, nous sommes couverts de boue, la tente est dégoulinante : une nuit bien au sec, une douche bien chaude et un repas assis à une table nous feront le plus grand bien ! Il nous faut toutefois marcher encore quelques kilomètres après avoir traversé le centre-ville en bavant devant tous les restaurants fermés en ce jour de fête du travail, pour atteindre ce Nirvana. On aurait bien pu couper en traversant la rivière qui longe la ville mais la passerelle aménagée n’est pas assez large pour un âne bâté et trop longue pour que nous ayons le courage de la traverser en portant nous mêmes les sacoches !

C’est finalement vers 20h que nous arrivons enfin au gîte. Nous aurons fait au moins 26km !!

 

7 commentaires

  1. Le printemps nous surprend tous. Je rejoins le commentaire de Henchoz, ce qui est pris est pris .. Y a pas d mal à se faire du bien. Mais c’est pas quelques centimètres de neige qui vont vous décourager !!! Une petite caresse à Baya, elle a l’air rajeunie .. 😉

  2. je suis de tout coeur avec vous, courage, je vous admire beaucoup et vous remercie de partager votre périlleux voyage !

  3. Bonjour blaise et Céline, pour le repas, je propose le coucou en cocotte haha! Je pense que vous avez tellement marché que vous avez atteint le Québec car nous aussi nous sommes affligés d’un hiver qui ne veut pas partir avec des gelées au sol et plein de neige en forêt.
    C’est quand même superbe les paysages sous la neige! Bon courage et bisous d!Hélène et son vieux chien randonneur de 20 ans xxx

  4. Et dire qu’il y a quelque temps vous vous demandiez si vous ne profitiez pas trop du confort que quelques personnes accueillantes vous offraient!!! Comme quoi, il faut prendre ce qu’on peut quand on peut!

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