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DSC06454L’oeil droit de Marius est mi-clos ce matin au réveil. Il coule beaucoup. On espère que ce n’ est pas grave. Peut-être est-ce dû a une branche qu’il aurait pris dans l’oeil ou à une piqûre d’insecte… A Vizille on trouvera un véto si jamais il n’y a pas d’amélioration d’ici là… En attendant je lui mets sa frontale à franges pour éviter que les mouches ne viennent le gêner.

20160526_142916Nous tâchons de faire vite ce matin pour tout remballer car notre hôte attend que nous soyons partis pour faire sortir son « molosse ». Elle a peur qu’il attaque les ânes et se batte avec nos chiens. Danielle nous a généreusement ouvert les portes de son jardin où les ânes ont pu s’ébattre une bonne partie de la soirée avant qu’on ne les parque dans un bout de prairie fermée. Elle nous avait proposé de prendre l’apéro et finalement nous avons partagé son repas. Nous avons alors fait la connaissance de son fils Edouard et de sa copine. Danielle est une septuagénaire qui  parait 10 ans de moins : très dynamique et pétillante, elle a encore récemment coupé l’herbe de son domaine à la faux avant de s’équiper d’une débroussailleuse. Elle nous a raconté ses nombreuses randonnées avec ses chiens, qu’elle attelait à des luges. Ce qui lui a valu beaucoup de rigolades et de bosses aussi. Elle avait déjà vécu dans cette propriété avant de bourlinguer en France et à l’étranger, notamment au Maroc où elle a habité quelques années. Danielle est une femme qui a l’air de savoir ce qu’elle veut et ne s’embête pas la vie.

20160526_105953Le matin c’est toute pomponnée et toujours pétillante qu’elle est venue nous dire au-revoir. Sa chienne a réussi finalement à s’échapper et tout s’est bien passé ! Nous passons une ultime fois devant le lac Mort pour une dernière photo puis retrouvons le chemin des Huguenots. L’étape du jour est essentiellement de la descente en forêt jusqu’à Vizille. Plus on avance, plus le temps passe et plus il fait chaud. Dans cette forêt où le taux d’humidité est important, on a l’impression de marcher dans une zone tropicale. Une sensation renforcée par le chant de certains oiseaux pour nous méconnus et la présence de cascades aux abords recouverts d’une végétation luxuriante, comme de grandes fougères.

20160526_105546La descente est parfois casse-gueule et un peu dure pour nos deux équidés. Symphonie s’est arrêtée sur bas-côté d’où elle ne voulait plus décoller. On a pensé d’abord que, comme à son habitude, elle avait besoin de faire pipi et cherchait le bon endroit : sur le bas-côté et dans l’herbe sans doute pour ne pas s’éclabousser les pieds ! Souvent, elle s’y reprend à plusieurs fois avant de trouver l’endroit adéquat et Céline voit à sa mimique contrariée qu’elle a besoin de se soulager ! Mais cette fois-ci, le pipi tarde et elle ne veut plus décoller. Les stimulations de Céline n’y font rien et comme elle ne fait jamais ça, elle pense qu’il y a autre chose. Elle la laisse donc sur place et vient me rejoindre 20m plus bas pour observer ce que la mule va faire. Après quelques minutes de pause, finalement Symphonie s’est éloignée et a pissé dans les buissons. Comme elle ne se décide pas à nous rejoindre, Céline retourne la chercher et doit pas mal insister pout qu’elle accepte de quitter son replat et de se réengager dans la décente. Elle a peut être un peu mal aux pieds (les terrains humides et riches herbages n’aidant pas) mais finalement nous repartons sans encombre.

20160526_111807Nous passons par Saint-Pierre-de-Mesage (après le bip sonore) et au terme d’une interminable descente, nous arrivons enfin aux abords de Vizille. Comme nous passons  devant la maison de la grand-mère de Yoann, nous nous arrêtons à sa demande pour la saluer. Malheureusement, personne ne répond ! Nous poursuivons notre chemin, lorsque nous sommes rejoint par Yoann justement qui vient nous faire une petite livraison de matériel reçu par la poste. Alors que nous discutons au bord du chemin, un homme qui promène ses chiens nous interroge sur notre caravane et notre direction. Il nous conseille alors quelques chemins pour éviter les grands axes. Alors que nous regardons la carte, nous évitons un drame : Marius, sans doute agacé par les aboiements du petit chien,  l’a piétiné. Heureusement, plus de peur que de mal  !

20160526_173659Nous arrivons tranquillement à Vizille par un chemin équestre qui longe une départementale où nous croisons une équipe de tournage : les deux acteurs principaux, un autostoppeur bobo-chic et une jeune fille en robe, à vélo, attendent le « moteur, ça tourne » pour jouer leur scène pndant que nous passons tranquillou !! L’arrivée en ville ne se fait pas, comme d’habitude, dans la discrétion. Sur la place du château, tous les regards sont tournés vers nous lorsque nous calons et débâtons Marius et Symphonie devant l’office de tourisme pour aller boire un café. Marius, attaché sous un panneau « station de Taxi » fait beaucoup sourire les passants en cette période de pénurie de carburants. Symphonie, fidèle à elle même, dépose un gros pâté devant la vitrine que Céline s’empresse de ramasser avec sa petite pelle en essayant de garder un air naturel et digne … Une dame qui sort de l’immeuble, offre de l’eau aux chiennes.

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Vizille a été acquise en 1593, une fois la paix rétablie après les guerres de religion, par Lesdiguières. Il entreprit de faire endiguer la Romanche. Il fit reconstruire de 1600 à 1620 le nouveau château et aménager un immense parc.

Un peu plus au nord, à Jarrie, Henri de Navarre prépare une grande offensive contre la Lorraine et le Duc de Guise. On est en août 1587. C’est dans ce contexte qu’en août se rencontrent sur le plateau d’Herbeys, Brié et Haute Jarrie : les armées catholiques emmenées par La Valette, d’Ornano et de Rame et une armée de mercenaires suisses conduite par Cugy qui venaient de passer la nuit a Villeneuve d’Uriage. L’armée protestante menée par Lesdiguières et Chatillon était dans la plaine de Champ mais ne pouvait franchir la Romanche en crue le pont étant « ruiné ». Les piquiers Suisses pris en cours de déplacement, sans commandement efficace et avec des armes démodées ne vont pas peser lourd devant les arquebusiers a cheval et très mobiles de l’armée catholique. La bataille ne durera que quelques heures mais sera acharnée et laissera près de 1500 morts sur le terrain presque tous Suisses. C’est la plus grande bataille de tous les temps pour la région grenobloise et pourtant elle est complètement effacée de la mémoire collective. (Source www.surlespasdeshuguenots.eu)

20160526_181426Deux cafés plus tard, nous reprenons la route, direction Vaulnavey par le chemin du plan d’eau après être passés sous un tunnel où nous avons provoqué un bouchon ! Plusieurs personnes nous ont dit que nous trouverions facilement de quoi bivouaquer, les champs étant nombreux. Mais nous nous rendons vite compte que les champs en question sont soit cultivés soit recouverts de haut foin et donc impénétrables. Autour dudit plan d’eau, les moutisques  ne nous invitent guère à rester, d’autant plus que l’herbe coupée en fermentation n’est pas terrible pour nos amis herbivores. Ni même les pêcheurs trop occupés à scruter leurs cannes et leurs canettes, qui ignorent notre « bonjour ».

Nos pas nous conduisent  dans un hameau où nos recherches restent vaines et où les habitants semblent peu inspirés à nous aider. Nous obtenons malgré tout de l’eau et une indication pour un terrain « des chasseurs » situé « à 800m à gauche » dans la forêt. Terrain que nous renoncerons à chercher après une pénible montée dans les bois. Nous préférons continuer sur notre chemin en espérant rencontrer des habitants plus efficaces !

20160527_095808C’est finalement sur le stade de rugby de Vaulnavey (le seul nous a-t-on dit de tout le département de l’Isère à être penché) que nous plantons la tente. Un couple du pays nous confirme que s’installer en dehors de l’aire de jeu ne posera pas de problème. Soulagés, nous montons le camp sous le regard intéressé d’enfants du quartier. « Papa, y’a des cow-boys » dira-l’un deux. Du coup les parents viennent à notre rencontre ainsi que plusieurs riverains. Après avoir discuté avec eux de notre voyage, Mickaël et Mireille nous proposent de l’eau pour les animaux et nous amènent des boissons fraiches, sucrées et gazeuses ! Ce sont les deux enfants, Lucas et Anthony, qui portent fièrement ensemble un gros arrosoir plein d’eau qu’ils vident dans les gamelles. Ils ne sont pas avares de questions et pour eux, il est tout simplement naturel de nous accueillir.

DSC_0470Tous finissent par rentrer chez eux en nous souhaitant bon voyage. Mickaël et Mireille, locataires d’une maison située face au stade, nous invitent à prendre le café demain matin. Ce que nous acceptons très volontiers.

Une fois tout notre petit monde installé, nous profitons des dernières lueurs du jour dans une atmosphère estivale avant de nous replier dans la tente pour une nuit bien méritée.

6 commentaires

  1. Je m’en veux, je ne suis pas aussi assidue que je le voudrai, je suis contente que ce voyage soit l’occasion d’autant de belles rencontres, et rien ne me fait plus plaisir que de voir que votre programme varie avec le temps, les gens et vos envies. Quelle liberté. bonne continuation.

  2. viens de vous decouvrir dans la revue « village », je suis sur votre site ce matin pour suivre vos courageuses aventures,
    Vous incarnez complètement le « nouveau monde » dont on rêve et pour lequel on travaille. Plein de bonnes ondes et energies .
    COEUR A COEUR AVEC VOUS.
    J’habite dans le Cher. NICOLE

    1. Bonsoir Nicole.
      Je ne sais pas si nous incarnons ce nouveau monde dont vous parlez mais nous réalisons un rêve. Et chaque jour malgré les difficultés, on éprouve beaucoup de joie d’être libre et de pouvoir rencontrer « le monde » 🙂

  3. Bonjour A VOUS 6!
    Quel plaisir de vous avoir rencontré et d’avoir pu partagé ce moment avec vous , nous vous remercions encore du temps que vous nous avez donné ! On espère recroisez votre route !
    PS Bien que Mireille soit un joli prénom ce n’est pas le mien 🙂
    A bientôt !
    Myriam mICKAEL ET FIRMIN

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