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Marius Tour de FranceMTF #Sur les pas des Huguenots

Jour 39/ L’art et la manière de démobiliser les troupes !!

De la descente sur 5km jusqu’à Saint-Benoît-en-Diois … Ou presque ! Voilà ce qui nous attend en  cette belle matinée qui s’annonce. On ne va pas trop forcer ! Cela dit, des montées ou des descentes, je ne sais pas ce qu’affectionnent le plus nos ânes une fois leur charge sur le dos !

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L’Eglise à la proue du navire de Saint-Benoît.

Perché sur un éperon dominant la vallée de la Roanne, Saint-Benoît-en-Diois ressemble à un navire échoué avec l’Eglise à la proue et les ruines du château à la poupe. Ce village est articulé autour d’une unique rue, et l’arête sur laquelle il est bâti est si étroite que la plupart des maisons sont construites sur la pente. En 1574, il fut pris  par les protestants, qui creusèrent une sape sous le château pour le faire sauter. Nous quittons le « navire » rapidement et redescendons en bas du village pour traverser la Roanne par un pont métallique. Je me souviens qu’il y a quelques années, au retour d’une traversée du Vercors ou des Ecrins, je m’étais arrêté au bord de cette rivière pour bivouaquer…

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Saint-Benoît en Diois.

En sortant du village, on se rend compte que l’on n’a pas rempli nos gourdes !!! Arffff !! Nos gourdes vides de la veille ne nous ont rien appris finalement ! Pourtant ce n’est pas faute d’en avoir bavé ! On attache nos ânes et Céline descend dans une ferme en contre-bas pour demander de l’eau. Elle remonte rapidement sans avoir trouvé personne mais en croisant un robinet salvateur ! Comme nous sommes arrêtés, nous décidons de nous poser pour manger. C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups ! Et autant prendre de l’énergie car nous avons la bagatelle de … plus de 750 mètres de dénivelés positifs à avaler pour gagner le village de Rimon et Savel… Rien que ça … Et rien que de le dire, j’ai démobilisé les troupes : même les animaux trainent la patte en baillant !!

20160430_143942La première partie a été longue et monotone … Nous découvrons les premiers coteaux de l’aire AOC Clairette de Die. Les feuilles des ceps poussent à peine. Puis un sentier abrupt nous fait tirer la langue, et s’aplanit après quelques kilomètres difficiles. Il nous offre cependant une vue splendide et parfois quelques vertiges. Nous découvrons aussi des pins rongés par des centaines de cocons de chenilles processionnaires qui déciment les forêts petit à petit, inexorablement année après année.

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Les forêts ravagés par les chenilles processionnaires.

Pour Céline, ce paysage rappelle des nids d’Aliens et lui font froid dans le dos. On scrute le sol pour repérer d’éventuelles processions qui pourraient être dangereuses pour les chiennes. Leurs poils extrêmement urticants peuvent provoquer des nécroses qui nécessitent une urgence vétérinaire. Et là-haut dans la montagne, le vétérinaire est un oiseau rare et notre hélicoptère de secours est au garage en ce moment !! Autant dire qu’on a le nez par terre. Malgré cela, notre vigilance peut avoir des failles surtout lorsque Kali et Bayah marchent loin devant. Ma chienne a d’ailleurs marché sur ces chenilles mais fort heureusement, elle n’a rien eu.

20160430_150025Au bout de ce très beau sentier, une piste. Nous rencontrons à nouveaux trois VTTistes croisés le matin même peu après la ferme où nous avons dormi ! La piste se transforme en route départementale un peu plus loin. Il nous reste alors 4 km de goudron avant d’arriver à Rimon, petit village d’une trentaine d’âmes, posé sur un replat à 1000m d’altitude.

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« Vous voulez vraiment aller là-haut ?? »

Nous nous dirigeons vers un ciel très sombre et un brouillard épais. C’est sous la pluie que nous arrivons à l’entrée du village. Une dame nous propose de planter notre bivouac sur un terrain se situant au dessus de sa maison. Pour nous c’est du bonheur et nous installons le camp avec un grand sourire ! Le ciel nous offre tour à tour pluie, soleil, brouillard, vent… un grand n’importe quoi !! Lorsque les nuages en laissent la possibilité, le point de vue offre un spectacle grandiose avec l’énorme silhouette pelée de la Servelle, le Mont Ventoux, la montagne d’Angèle et le pays sauvage du Désert.

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Panorama depuis Rimon.

Ici aussi, des faits importants ont rythmé l’histoire de la région. En effet, l’Evêque de Die, qui avait le titre de Comte, maintenait son emprise sur la vallée grâce au réseau des paroisses et aux visites épiscopales. Mais, au milieu du XVIIe siècle, toute la partie orientale la plus proche du Diois réformé, passe au protestantisme. la commune d’Aucelon en est le principal siège, avec le temple et la mairie, adossés l’un à l’autre, si bien que la cloche du temple est posée sur le toit de la mairie. Saint-Benoît en Diois et Rimon sont restés catholiques. Saint-Benoît n’échappe pas aux guerres de religion, son château est assiégé et pris par les protestants en novembre 1574.

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