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Au moment où j’écris ce message, je viens de rentrer dans la tente après avoir « couru » après un sanglier !!! Bivouaquer en pleine nature peut réserver parfois quelques surprises !! Ce soir, nous avons décidé de nous installer devant une maison qui semble en cours de restauration, à 5 km sur les hauteurs de Saint Benoît en Diois.

20160430_105712Nos quatre quadrupèdes installés et un bon repas avalé, nous nous sommes repliés dans la tente. Et alors que la nuit était tombée, nous avons entendu du mouvement en contre-bas et des espèces de grognements et de soufflements … Kali a commencé à aboyer mais les sangliers semblaient toujours s’approcher de notre campement. Je suis donc sorti de mon duvet, pas le temps d’enfiler mon short, introuvable de toute façon, j’ai empoigné la lampe torche et je suis sorti gueuler !! Céline de son coté a aussi fait beaucoup de bruit et Kali a continué d’aboyer. Bayah, elle, confortablement installée dans la tente, n’a pas pipé mot ! Avec tout ce tintamarre, les sangliers ont préféré aller voir ailleurs ! Heureusement car nous n’étions pas à l’abri qu’une laie pressentant un danger pour ses marcassins, nous charge !

Voilà donc je suis confortablement installé dans mon duvet ! J’ai froid aux doigts. La température chute vite une fois le soleil caché ou couché. Pourtant aujourd’hui nous avons eu une belle journée.

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Marius traverse sans broncher !!

La première étape fut le col de la Chaudière. Col très prisé des cyclistes, dominé par les 3 Becs (Le Veyou, le Signal et la Roche Courbe ou La Pelle). C’est pour l’instant le point le plus haut de ce voyage (1047 m).  Mais pour y arriver, nous avons grimpé d’abord par un petit sentier à travers bois depuis notre campement jusqu’à la route. Mais l’étroitesse de ce chemin demandait beaucoup d’agilité de la part de nos ânes pour éviter de cogner ou raper les sacoches contre les arbres. Et si Marius connaît depuis longtemps son « volume », Symphonie a, elle, encore un peu de mal si Céline ne lui montre pas les obstacles à éviter.

Symphonie, la mule solaire !
Symphonie, la mule solaire !

Enfin arrivés sur le goudron, nous avançons jusqu’au col. Il fait chaud et nous n’avons plus d’eau depuis la veille au soir. Il y a bien des rivières dans l’eau desquelles nous trempons nos lèvres mais pas plus, de peur de choper une bactérie et de tomber malade ! Elle font toutefois le bonheur de nos animaux et notamment de Marius qui boit étonnamment beaucoup depuis hier; lui qui parfois peu ne pas avaler une goutte d’eau pendant 3 jours !

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La marne, une roche très instable !

Après le col, nous quittons le bitume pour un sentier qui traverse des marnes. C’est un peu tendu car cette roche friable est instable sous nos pieds et sabots. Puis, c’est un sentier boueux qui nous attend. On s’enfonce; on glisse, des épineux s’accrochent aux  sacoches, mais aussi à nos vêtements, griffent les peaux … Arrrrrgggg !!! Nous rejoignons enfin une piste vers 13H. Il est temps de trouver de l’eau car la soif joue sur nos nerfs. On recherche des maisons habitées et on finit par en trouver une un peu plus haut. Une dame nous remplit nos gourdes et nous donne un  bidon de 5 litres d’eau qui nous permet de préparer deux plats lyophilisés ! On a faim : les deux compotes englouties ce matin on été vite digérées.

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Au fond, le village de La Chaudière.

Nos estomacs bien calés (en tout cas momentanément), nous reprenons la route. Direction la Chaudière (le village cette fois) puis nous empruntons une très belle piste (le GR de Pays de la Vallée de la Roanne) lorsque nous rencontrons un vaillant couple de retraités qui nous signale qu’il leur a fallu trois heures pour aller à Saint-Benoît. Pour nous, ce sera trop juste et on espère que l’on pourra s’arrêter à l’Ubac, un lieu indiqué sur notre carte. C’est là que nous sommes posés ce soir !

Dans ma tente, je reprends les écrits des huguenots… Je n’oublie pas que nous marchons sur leurs pas. Les migrants suivaient les grandes routes des colporteurs et s’orientaient grâce aux sommets et aux cols qui dessinaient à l’horizon, de grandes directions. « Nous nous sommes reposés une partie de la matinée car le départ est fixé à midi. Il faudra franchi le col de la Chaudière et redescendre sur le village du même nom. avant la nuit si nous ne voulons pas nous perdre dans les marnes noires de la face nord de Couspeau… Il ne fait apparemment jamais bon s’aventurer autour du massif des Trois Bec la nuit, surtout qu’un orage s’annonce et que le passage dans les gorges du ruisseau de Roland pourrait devenir périlleux ». (Extrait d’ « Aller Simple… de Johannes Melsen.

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Les migrants suivaient les grandes routes de colporteurs. Les chemins de la Liberté d’hier, sont devenus aujourd’hui des chemins d’histoire.

Le col de La Chaudière “sépare” la Montagne de Couspeau de la Forêt de Saoû (Celle-ci a elle aussi, a joué un rôle non négligeable dans l’histoire huguenote). La situation géographique de ce col en fait depuis des siècles, un passage quasiment incontournable pour les voyageurs, les colporteurs comme pour les Huguenots en chemin pour Genève. Un cheminement suivant les vallées aurait été certes moins difficile pour eux, mais la nécessité de choisir le tracé le plus court impliquait de passer d’une vallée à l’autre par les cols. Ainsi le tracé suivi, passait de la vallée du Jabron à la vallée du Roubion, de la vallée du Roubion à la Drôme pour ensuite remonter vers le plateau du Trièves. Nous y serons dans quelques jours…

2 commentaires

  1. Bonjour à vous 4. Beaucoup d’inquiétudes ces derniers jours. J’espere que les abcès de ta chienne guérissent bien! Pour l’eau pourquoi ne pas traîner un petit purificateur d’eau comme ceux qui font les grands sentiers américains? Comme le sia?
    Merci pour les belles photos!

    1. Bonjour Hélène ! On n’y pense au purificateur d’eau… mais pour l’instant il ne sous serait pas trop utile. Bayah va beaucoup mieux ! merci

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