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Jeudi 18 septembre 2014

La nuit à été longue dans le cabanon. 
Je n’ai quasiment pas fermé de l’œil de la nuit tant la descente vers Châtillon dont on nous a tant parlé me travaille. 



Alors que la pluie ne cesse de tomber dehors, j’ai eu le temps d’apprendre par cœur la carte, d’étudier chaque lieu dit et chaque virage qu’on va passer.
 Le ciel est gris et tout bouché, « bas et lourd ». 
 Pensant qu’il y avait peu de chances pour que le ciel s’éclaircisse franchement, à 9h, malgré la pluie et le froid, on range les affaires en allégeant les sacoches de Marius (on prend des choses dans nos sacs) pour éviter que le lourd chargement ne l’entraîne si la descente est très raide. 
C’est un Marius trempé, grelottant et de mauvais poil qu’on bâte.
Il a eu la grande idée de dormir sous la gouttière, du coup il a pris des trombes d’eau toute la nuit.


 On fait une dernière photo de cet endroit qui a son charme dans le gris mélancolique de la pluie, mais qui serait vraiment époustouflant sous un rayon de soleil.
 Nico l’appelait « le doigt de dieu », je crois qu’on y reviendra sur les hauts plateaux juste pour ça !
 En attendant, c’est le moment de la descente tant redoutée. Impossible de faire demi-tour par le GR91 emprunté la veille.
Le vent souffle très fort sur le flanc de la montagne qui est encore nu et très exposé (la forêt est plus basse), au point que certaines bourrasques nous déséquilibrent !
 C’est dans ces moments là qu’on est contents d’avoir des bâtons de marche ! 
Ceux qui pensent que c’est un accessoire pour « randonneur senior » devraient tenter le GR91 sur les hauts plateaux sans bâtons !
 La fameuse descente commence finalement tranquillement, sur un chemin assez large et qui serpente en une descente raide et caillouteuse, mais largement accessible.

 Un peu plus bas, le vent se clame et on trouve du crottin d’âne. 

Ça me rassure toujours de voir du crottin, car si d’autres ânes sont passés par là, mon Marius de compétition passera, pour sur !


 On perd rapidement de l’altitude, les virages s’enchaînent, on fait très attention mais tout se passe très bien.



 Marius à juste le don de m’agacer car je lui demande de se concentrer sur la descente, et lui ne pense qu’à manger ! 
A choisir entre un passage facile sur de la terre, et un passage difficile sur les cailloux mais avec de l’herbe au bord, devinez où il passera ?!! 


Entre temps, la pluie s’est arrêtée et le ciel est maintenant d’un grand bleu, presque tous les nuages ont disparu !
 On quitte le Parc régional du Vercors, puis on traverse une petite forêt dans laquelle le chemin est glissant. 
Les virages sont  compliqués et Marius glisse souvent dans la terre molle ou les feuilles humides, sans caillou pour l’aider à s’arrêter.
 Heureusement à chaque fois soit il finit par se rattraper, soit on le rattrape in extremis par le licol ou les sacoches.





 Finalement la descente n’est, en soi, pas très difficile, on la noterait 3/5 en difficulté.
 En revanche, elle est longue : en 8km on perd 1400m d’altitude, et la pluie de ces dernières heures rend certains passages très glissants.


 C’est vers 14h qu’on arrive dans le joli village de Châtillon en Diois. 



Marius est stationné à la fontaine devant la Mairie, et comme souvent, attire les passants. 
L’occasion de distribuer les dernières cartes. 



Dernières, car le temps tourne à l’orage et un coup d’œil à la météo nous informe que les intempéries vont toucher toute la région ces prochains jours.

Que faire ? Profiter des deux derniers jours pour rentrer à pied ?
 Ne pas prendre de risques avec les orages attendus jusqu’au week-end et rentrer ? 
C’est finalement cette option que je prends.
 Un petit coup de fil à Patrick et Lydie de l’association « A fleur d’âne » située à Plan de Baix dans le Diois. 
Ils acceptent de venir nous chercher et de nous ramener à la maison.
 Mais Marius ne l’entend pas de cette oreille et rechigne à grimper dans le van, lui qui pourtant est monté très facilement le jour du départ, mais aussi dans la décapotable de Nicolas pour rejoindre le Vercors une semaine plus tôt.
 Quinze bonnes minutes sont nécessaires pour le décider à rentrer !

Dernier regard sur les sommets du Vercors 

Pas envie de rentrer l’ami ?!?! Comme je te comprends !! 

Il nous faudra près de 2h30 pour faire en voiture ce que nous devions faire en quatre jours! 
Changement de rythme. Déjà.
A la maison, il pleut. Triste journée. 
Cinq semaines au pas de l’âne, ça passe trop vite !

On conduit Marius dans son parc.
 La clôture est à peine refermée que mon compagnon de voyage se met à braire de toutes ses forces. 


Un cri de désespoir qui  nous déchire. 
Sa prairie est-elle devenue trop petite pour lui après un si long et beau voyage ? 




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