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Marius Tour 2014 : du Jura au Vercors

Jour 35/ Âne non expérimenté s’abstenir !


Mercredi 17 septembre 2014


Lever de soleil timide à 6h du matin

On pensait que cette journée serait une partie de plaisir, qu’on pourrait juste marcher au milieu de cette nature changeante chaque jour, qui nous offre depuis le début du Vercors tant de paysages à nous en faire péter la rétine !
 Mais.. les choses n’allaient pas être aussi simples ! 


C’était sans compter l’aléa, la découverte, la surprise, l’inattendu grain de sable qui ferait s’enrayer la machine !! 



Tout commence plutôt bien. On quitte la cabane des Chaumailloux après avoir rempli deux gourdes d’eau à la source qui coule non loin.
 L’objectif est d’arriver à Châtillon en Diois dans l’après midi.




 Le temps est couvert et frais. Nous essuyons quelques pluies éparses mais pour l’instant on est loin des gros orages annoncés la veille. 





Un grand troupeau de moutons est en train de traverser le chemin sur lequel on marche.
 Ça bêle à tout va, les curieux s’arrêtent et nous observent un bref instant avant de détaler. Mais les patous n’ont pas manqué de remarquer la présence d’intrus à proximité de leur troupeau, ils arrivent donc nous les uns après les autres en aboyant. 
Ils gardent cependant une certaine distance, peut être grâce à la présence de Marius.




 Le berger arrive ensuite, accompagné de ses 2 border collies, il rappelle ses chiens et nous invite à poursuivre notre route comme si de rien n’était.
 On reste sur nos gardes car être encerclés par 3 gros patous qui nous aboient dessus est quand même impressionnant ! 

Lorsque notre sentier rejoint les GR 91 et 93, le couple d’allemands prend la direction du col du Rousset, tandis que nous poursuivons vers la montagne du Glandasse.




 Rapidement les deux GR se séparent.


 C’est pour nous le début de 400m de dénivelé et de galère !
 Le chemin devient un sentier de cailloux  raide et très étroit.





Les marches de calcaire à gravir sont très hautes et souvent il faut trouver une déviation plus praticable pour Marius. 
Plus on monte et plus c’est compliqué, au point de devoir le débater, et encore, à certains endroits on n’était pas sûrs qu’il soit capable de passer, même à vide. 






Je me suis demandé s’il n’était pas plus prudent de faire demi-tour, car un pas travers et ça pouvait être la catastrophe.
 Mais une fois débaté, Marius à démontré sa bravoure et son pied montagnard avec un brio hors du commun. 
Il a été épatant, et a avalé la très raide dernière portion en se permettant même de faire des petites pauses gourmandes à base de chardons au bord du sentier !! 
Sacré Marius ! 
Du coup, nous l’avons attaché à un arbre en haut, et avons fait plusieurs allers-retours pour monter sacoches et sacs à dos.


 Le tout nous aura pris 2 bonnes heures et beaucoup de calories pour parcourir seulement 500m de distance !


 Là haut, nous reprenons des forces très rapidement car l’après midi est déjà bien entamé.


 En guise de récompense, on a droit à la visite de quatre magnifiques vautours qui volent au dessus de nous. 
Leur envergure est impressionnante et leur facilité à passer d’un sommet à l’autre nous rend quelque peu jaloux !!
 Marius est rebaté, mais après 800 m, nous le débattons à nouveau pour un autre passage technique. 
Il nous fait un magnifique petit saut de cabri pour nous rejoindre sur le gros caillou. Il est au mieux de sa forme !




 Arrivés à presque 2000m, il est presque 16h. 
On prend quelques instants pour contempler la superbe vue : tout autour de nous, on ne voit que des montagnes. 
Le Vercors évidemment, mais aussi les Alpes, et jusqu’aux monts d’Archèche, en passant par les Écrins et le Devoluy.
 Un grand réconfort après tant d’émotions ! 


Le chemin est ensuite plus facile, mais on perd à plusieurs reprises la trace de notre fameux GR.
 On égare aussi la carte IGN, mais on la retrouvera quelques heures plus tard au fond du sac !
 Du coup on se fie au GPS, on contourne de grands parcs à moutons et la bergerie pour récupérer ensuite un sentier qui s’avère bien être le GR. 
Mais c’est beaucoup de temps de perdu … 
Et les kilomètres ne se font pas ! 
La cabane de Châtillon qui marque le début de descente vers la ville nous semble être au bout du monde.
 Mais on n’a pas le choix, on avance, d’autant que météo se détériore sérieusement en fin d’après midi.
 Il fait froid, le vent souffle et la pluie finit par tomber, une sorte de neige fondue glaciale qui pique le visage, et finit par vaincre le Gore-tex et l’imperméabilité de nos chaussures et de nos vêtements.




 Marius lui aussi est trempé (il frise !!!), et nous fait bien comprendre qu’il déteste plus que tout marcher dans le vent et dans la pluie !
 Avec ses yeux ronds, il me dit : « Mais tu es sérieux là ?! 
Aujourd’hui je me suis surpassé pour toi, et c’est en me faisant encore marcher par ce temps pourri que tu me récompenses ?! Ingrat !! ».
 Promis Marius, de retour à la maison tu auras ton kilo de carottes et ton bouquet de chardons !!
 D’ici là, encore un peu de courage!


 Du courage, il n’en manque pas, quand nous devons à nouveau traverser un troupeau de moutons.
 Pas moins de 7 énormes patous sortent de nulle part les uns après les autres et nous encerclent en aboyant.
 La plupart se tiennent à 2 ou 3 mètres de distance, mais les plus téméraires se permettent quand même de venir renifler le derrière de Marius !
 « Attention quand même les gars, vous allez vous prendre un coup de taloche ! » 
C’est le berger qui arrive pour voir quel intrus ses chiens ont trouvé. Il les rappelle, nous indique que la cabane que nous devons atteindre se trouve à 1/2 heure à pied pour un bon marcheur (on devrait donc y être d’ici 1 heure !) et nous donne un petit tuyau pour trouver le cabanon au cas où le brouillard se lève. 


Une heure plus tard, après avoir traversé un plateau et une petite forêt, on arrive sur un autre plateau, avec cet air de « bout du monde » dont on nous a parlé.
 Un tapis de verdure qui s’arrête brusquement, qui tombe dans le vide. 
Au milieu, deux maisonnettes : la bergerie, et notre cabane ! 


Sommaire et dans un état de propreté un peu plus moyen que les autres refuges où nous avons dormi, on trouve quand même de quoi allumer un feu pour se réchauffer. 


On est tous trempés jusqu’aux os, tant et si bien qu’on laisse même Marius entrer avec nous dans le refuge pour qu’il se réchauffe aussi.
On le ressort au bout de 20 minutes car il n’est pas tranquille, inquiété par le feu qui crépite.
 C’est le cœur gros qu’on doit le laisser sous la pluie battante…  Quant à nous, comble du comble, alors que c’est le déluge dehors, il nous reste à peine 1 litre d’eau.
 Ce matin nous sommes partis avec seulement 2,5 l d’eau dans l’optique d’une journée tranquille qui se terminait à Châtillon ce soir. 
Le repas sera donc léger et froid. On sort la carte pour jeter un œil à la descente vers Châtillon. 
Des randonneurs que nous avons croisés, tous ou presque, nous ont mis en garde à propos de LA descente de Châtillon !
 Glissante, très raide, casse-gueule, dangereuse… Ces mots résonnent dans ma tête et c’est donc très inquiet que je m’endors…


 Comment Marius va t il gérer ces 1200m de D- sur 8 kilomètres qui s’annoncent périlleux …?

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