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Samedi 6 septembre 2014

Épaisse brume sur le lac de L’abbaye en Grandvaux ce matin.
 Il fait frais et c’est un peu dur de sortir des duvets, même si la vue sur le lac est très belle… On repousse le réveil jusqu’à 7h45.


 Les premiers rayons du soleil sont les bienvenus ! Petit café et une barre de céréales chacun parce qu’on n’a plus grand chose à manger, rangement de nos affaires, brossage de Marius, équilibrage des sacoches, bâtage et c’est parti !

On commence par une petite grimpette, 250 m de dénivelé jusqu’au Petit Cernois. Ça réchauffe, mais ce n’est qu’un avant goût de ce qui nous attend, car aujourd’hui c’est grosse journée : 26 km avec 1050 de dénivelé positif, et autant de négatif.
 Dans un petit hameau qu’on traverse, on voit un grand gîte très joliment aménagé, avec des cabanes en bois dans les arbres.


 On monte sur le chemin de Mandrillon, puis on rejoint la route forestière de la Joux de l’Ezat par un chemin visiblement en cours d’exploitation, vu les nombreux branchages et troncs en travers du chemin !


 On a été obligés de quitter le chemin à plusieurs reprises pour éviter ornières et troncs. Avec Marius, on s’est tous les deux retrouvés dans une mare de boue, dont on a eu du mal à sortir !


 Le temps pour moi de passer une paire de chaussettes sèches et de manger un bout, on attaque la vertigineuse descente du flanc de la montagne à travers un chemin forestier, encore une fois en très mauvais état : de la boue, des cailloux, des branches partout, et pour couronner le tout, un balisage qui semble parfois aléatoire et fantaisiste.

En guise de balise …sur une route forestière …

 On arrive enfin à Tancua, sous un soleil de plomb. La plupart des maisons sont en bois et immenses, et comme la plupart des villages qu’on traverse, c’est le calme plat.


 On prend ensuite une route goudronnée pour descendre jusqu’à la Bienne, la rivière qui coule touuuut en bas de la montagne (500 m de dénivelé négatif).
 Un petit pont en bois nous permet de la traverser, et c’est parti pour l’ascension de l’autre montagne !


 On atteint la Mouille par un très beau (mais très raide) sentier de feuillus. Si, dans la descente Marius a été très lent, il nous impressionne dans la montée et avale les 320 m de D+ avec facilité. Maillot à pois pour Marius !!






 À la Mouille (oui on a mouillé le maillot..) on sonne à une maison pour demander de l’eau. Contrairement à son habitude, Marius aussi est assoiffé et il nous le fait savoir lorsqu’on lui montre sa gamelle d’eau, par de petits « braiements » (= action de braire) étouffés. 






Il est presque 16h quand on s’arrête enfin pour déjeuner. Avec seulement une barre de céréales et une demi-compote de pomme chacun dans le ventre, ça fait du bien !
 Une demie-heure plus tard, Marius est déjà rebaté et on prend la direction de Morez mais les choses se gâtent rapidement : plus aucun balisage de la Gtj. Ni du GR. Ni aucun d’ailleurs.
 Il y a 6 chemins (ou ce qu’il en reste, après le passage des forestiers). 

Elle est pas belle, la forêt ?

On décide de se séparer pour aller les explorer un à un. Le premier qui trouve un balisage appelle l’autre ! Finalement c’est un forestier qui nous conseille de suivre le chemin qu’il nous affirme être le GR, mais on tâtonne jusqu’à la capitale de la lunetterie. On cherche, on trouve des panneaux indicateurs cassés, des arbres portant les marques du GR coupés, c’est vraiment pénible !

Vive le parc régional du Jura !!!

 Heureusement qu’on est dans le parc régional du haut Jura !!! 

Ça donne juste envie d’envoyer des mails d’insultes à l’Onf, à  la Gtj au parc , aux communes !! Cerise sur le gâteau, le chemin qui n’en est plus un, recouvert d’un épais tapis de feuilles mortes et hyper raide. 

Et voilà le travail !

Grosse galère pour trouver le passage le moins dangereux pour Marius, qui descend quasiment sur son postérieur .. L’expression « freiner des 4 fers » prend tout son sens !
 Sans parler des trous dans le calcaire, véritable piège pour les sabots de Marius, qui s’est retrouvé à 2 reprises la patte s’enfonçant jusqu’au genou ! Heureusement il n’a pas paniqué et s’en est sorti tout seul.
 Ça ne serait pas arrivé si les chemins étaient correctement balisés, puisque nous n’aurions pas du passer par là. 
 On arrive enfin à une piste, qui nous fait retraverser la Bienne et nous mène à la Doye.
 D’après la carte, nous ne sommes pas loin des Rousses.


 Mais en réalité, ce sont 5 km de grimpette. Le chemin traverse puis longe la nationale. On se fait héler en route par des automobilistes bretons qui s’arrêtent pour faire connaissance avec Marius et finissent par faire un don pour Solidarité Elisa. 


Ah oui ! J’ai oublié de vous dire que les jours précédents, on a vu plein d’écureuils et un petit serpent tout noir.


C’est finalement à 21h30 et à la frontale qu’on arrive aux Rousses, station de ski de 3000 habitants l’été et 20000 l’hiver, toute proche de la frontière suisse.

 En ville, on répère un terrain d’herbe haute sur lequel on pourrait s’installer pour la nuit. On frappe à la porte de la maison qui le jouxte. Le terrain n’appartient pas au couple qui nous ouvre, mais ils nous donnent un coup de main pour y attacher Marius et nous offrent de profiter de leur cuisine pour faire notre tambouille du soir.
 On accepte volontiers de se poser un peu au chaud, et on est royalement reçus : cidre trop bon, comté trop bon, mais surtout hôtes très généreux et soucieux de notre bien-être !
 On passera finalement la nuit à l’abri de l’humidité, sur leur terrasse. 

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