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Marius Tour 2014 : du Jura au Vercors

Jour 11/ Un jour de belles rencontres… émouvantes !!!

Dimanche 24 août 

Il pleuvait un peu au moment où je me suis posé et j’ai du manger sous la tente. Je me suis endormi et vers 2h du mat, j’ai senti que mon duvet était mouillé… J’émerge et je vois une fuite d’eau sur le toit de la tente. Que faire ? Dormir avec un bol sur le ventre me paraît un peu compliqué, dormir du côté droit de la tente ne me semble pas la bonne solution non plus… Euréka ! J’ai une bâche qui sert à couvrir les sacoches et les sacs à l’extérieur quand il pleut.
Elle pourrait servir à l’intérieur pour une fois !
Je pose donc la bâche directement sur mon duvet.
A ce moment là, il s’arrête de pleuvoir. Les joies du plein air !
Je me rendors rapidement et me réveille à 7h du matin avec le soleil revenu.
J’attends un peu que le soleil sèche ma tente avant de la plier et je me prépare à partir vers 9h 1/2.
Les « voisins » de cette maison sont gentils. Leur petite famille vient à ma rencontre et les deux enfants sont enchantés de jouer avec Marius. Nous discutons un peu et ils m’offrent le café et une tranche de cake aux lardons.



Finalement, on se met en route à 10h,  avec une grimpette : nous passons  de 860 à 960m sur une route goudronnée. Beaucoup de goudron par ici et c’est usant pour Marius.
Même les pistes équestres sont goudronnées !
Sur cette route, une voiture s’arrête. Un monsieur de 75 ans environ, agriculteur à la retraite, en descend. Surpris et content de me voir marcher avec Marius, il évoque des souvenirs de jeunesse :  il avait lui-même un âne bâté et livrait le lait le long de la frontière suisse.
L’hiver, quand il n’avait pas beaucoup de lait, il remplissait l’autre bidon avec de l’eau pour équilibrer les sacoches. Nous voir réveille le passé. Il est touchant et c’est une jolie rencontre matinale.
Nous contournons Gilley et, aux alentours, vers midi, nous voilà dans un hameau nommé « Les seignes » et un habitant du hameau, Alain, m’offre une bière, puis m’invite à déjeuner avec lui. 
Au menu : filet mignon, pommes de terre, fromages du terroir : comté, cacouyardun verre de vin… et un coup de « Pontarlier-Anis » (« Le Pont ») un alcool anisé local qui titre quand même à 45 °!  
Pendant que je m’empiffre, et que je profite d’un magnifique soleil pour faire sécher mon duvet, Marius fait une petite sieste.



Je repars donc en titubant un peu mais très heureux de cette troisième rencontre généreuse de la journée. 
Direction « La combe d’abondance » toujours sur le goudron d’une petite route bien fréquentée, puis enfin un sentier sur un kilomètre seulement. On grimpe. Une piste cyclable, un champ à traverser, puis enfin un vrai chemin qui longe la rivière (le Doubs).

J’arrive à Longeville et croise trois personnes qui me posent beaucoup de questions, s’extasient sur mon périple..Je distribue des cartes, reçois des dons, et ils me proposent de dormir chez eux.
Je réponds qu’il faut que j’avance car je suis en retard de trois jours sur le parcours prévu. D’autres personnes se joignent à nous.
 Ils insistent tous pour m’héberger !!!! 





Je finis par avancer et arrive dans la ville du Pont…et retrouve un des gars rencontré auparavant et à nouveau des questions:  » Où tu vas ? pourquoi tu prends pas le plus court chemin  ?  » J’explique.
Mais je le retrouve encore à la sortie de la ville : il me propose de dormir chez lui et même d’amener Marius dans une bétaillère pour aller plus vite !!!
Je lui explique que je ne veux pas aller vite, que je réalise un défi avec un certain nombre de kilomètres à parcourir …Il a du mal à comprendre !
Lui : « Y a que des fous pour faire des folies…Tu es marié ? »
Moi : « Non , je n’ai pas encore fait cette folie là !! »
Il veut  à tout prix que je boive un coup… Non merci, ça va pour aujourd’hui !! 
Une demi heure plus tard, il me rejoint encore, les bras chargé de  provisions : il a vidé son frigo : coca, plats cuisinés, yaourts…Il dit que je lui fais pitié ! Il dit : « C’est beau ce que tu fais! »
 Et il se met à pleurer.
Très ému, je le console en lui disant que je le fais aussi par plaisir que ce n’est pas un sacrifice… Il est très inquiet pour moi, sincèrement et me donne son numéro de téléphone au cas où j’aurais un problème…
Voir cet homme en larmes me touche beaucoup : que de coeur  ! d’humanisme ! C’est la première fois que je fais une rencontre aussi émouvante.



Et ce n’est pas fini ! Ensuite c’est un gars qui habite à Mont de Spey qui m’invite à une soirée. Je dois passer chez lui mais quand j’arrive, il est déjà parti. Ce sont ses voisins qui m’accueillent, me proposent une douche et même de manger et dormir chez eux. J’accepte le dîner mais mais je dois rester près de Marius car il risque de braire toute la nuit s’il ne me sent pas à proximité. Alors j’accepte de dormir  à l’abri sous un appenti. Tous  s’inquiètent de mon sort, pensent que je ce que je fais est un chemin de croix : vivre dans la nature, marcher 20 km par jour, manger frugalement, dormir sous une tente, affronter le froid semble de nos jours une prouesse énorme. Difficile de faire entendre que c’est un plaisir pour moi, ces marches avec Marius, que j’apprends beaucoup, que ces voyages me font du bien.
Quelle journée ! Ces rencontres sont de grands moments même si elles étirent un peu le parcours car je n’ai pas beaucoup avancé aujourd’hui. Mais c’est ce qui pimente le voyage. 



  

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