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Marius Tour 2013

Jour 30 – Jeudi 15 Août – Arrivé en plaine du Forez



Niché au pied des monts du Forez à 430 mètres d’altitude, Sail-sous-Couzan,
typique village forézien aux toits de tuiles rondes, doit son nom à sa situation et à sa source d’eau minérale
surgissant au pied du château de Couzan (SAIL, jaillir et COSAN,
confluence des vallées).

Alors que je m’apprête  à partir, un riverain du parc vient me voir et m’invite à boire un jus d’oranges.  Il vient de l’Hérault, il est en vacances chez sa grand-mère.  Nous discutons un moment et il me dit qu’avant il marchait, mais qu’il ne peut plus à cause de problèmes articulaires.
Je repars de chez eux et vais faire un tour dans le village.  Je m’arrête pour boire un café, que le patron m’offre et après avoir discuté un moment, je reprends mon chemin et en profite pour faire quelques photos dans le bourg.  Je prends la direction de Monverdun et passe le long des usines désaffectée, témoins de la vie économique de la commune.  Ça fait mal au cœur de voir tous ces bâtiments délabrés.
 


Dans
le bourg de Sail-sous-Couzan demeure de l’activité thermale florissante
au XIXème siècle une partie des anciens thermes. Il s’agit des
anciennes galeries en bois et briques qui entouraient le jardin central
et desservaient les cabines de bains.
Les vertus des eaux gazeuses de Sail-sous-Couzan sont connues depuis l’époque gallo-romaine.
Jusqu’au XIXème siècle, les malades venaient prendre les eaux de la
source Fontfort dans une simple fontaine creusée dans le sol où l’eau
bouillonnait bruyamment.


L’essor de la station date du Second Empire. En effet, en 1863, la
première société des eaux de Couzan exploite un autre filon : une source
située à 50 m en amont de la première. Elle construit un établissement
thermal avec au moins 20 cabinets de bains, douches, et inhalations,
etc. 

 


Parallèlement elle met en place une usine d’embouteillage pour l’exploitation des eaux minerales gazeuses et de la limonade.


En 1872, on comptait 1000 curistes pour la saison de 4 mois. La capacité
hôtelière était insuffisante malgré l’Hôtel des Roches si bien que les
curistes logeaient chez l’habitant ou en « pension de famille ».


La ville subit le sort de toutes les petites stations thermales qui ne
proposaient ni parc ni casino et avaient pour seul divertissement les
excursions.
En 1930, l’établissement thermal est transformé en bains-douches
municipaux et en 1993, les chaînes d’embouteillage de Couzan Brault
cessent leur activité.





C’est malgré tout  un très beau village, et il y a une très bonne boulangerie et un très bon restaurant !




Pour aller à Monverdun, je passe dans un hameau et un retraité m’interpelle, juste le temps de se croiser et me fait remarquer que l’endroit a bien changé depuis la dernière fois que je suis passé là.
Marcher avec un âne lui fait penser à l’ancien temps.  A l’époque, dit-il, il n’y avait pas d’immeubles, pas de maisons, qu’il n’y avait pas encore le téléphone et qu’il n’y avait pas toutes ces voitures….   Je devais sûrement lui rappeler quelqu’un qu’il avait jadis connu !




Je passe dans un autre hameau et je demande de l’eau pour donner à boire à Marius.  Un monsieur m’en ramène, et me glisse discrètement une bouteille de bière entre les mains.  Je suppose qu’il ne voulait pas que sa femme soit au courant …  Je le remercie pour tout et reprends ma route !  Je crois que je n’ai jamais bu autant de bière de ma vie que depuis cette rando !


Je quitte petit à petit les Monts du Forez et arrive dans la plaine…


Vers 13 heures je fais une halte au château de Goutelas devenu un centre où sont organisées des manifestations et des activités culturelles.




Le château de Goutelas est une demeure de style Renaissance logée entre bois et vignes.

Modeste
maison forte à l’époque féodale, Goutelas est transformé au XVIème
siècle en une demeure Renaissance par Jean Papon, lieutenant général au
baillage de Forez. Ce « Grand juge de Forez » inscrit son idéal humaniste
dans le plan en H, les décors et les devises de sa demeure.
Au XVIIème siècle, Honoré d’Urfé dans son célèbre roman « L’Astrée » décrit Goutelas comme « la superbe demeure » du druide Adamas.
Le château est remanié en 1777 par l’architecte italien Dal Gabbio.
Peu à peu abandonné, il est entièrement restauré à l’initiative des Amis de Goutelas réunissant des hommes de tous horizons.
 En 1960, Goutelas est à l’abandon et son sauvetage jugé impossible.  Pourtant, des hommes et des femmes du Forez et de tous horizons se mobilisent et en dix ans, plus de 100 000 heures de travail bénévoles redonnent vie au château.



J’ai mangé à l’extérieur de l’enceinte.  Là, je rencontre quelqu’un qui a aussi  un âne et on discute un moment.  Il se sert de son âne surtout pour travailler et pour ramasser du bois en forêt.




Je repars du château un moment plus tard et marche sur du goudron, ce qui est moins marrant !  Je traverse la départementale D8, puis une voie ferrée.  C’est du goudron quasiment tout le long jusqu’à Monverdun.
Avant d’arriver au village, je monte voir le prieuré.   
 Il s’élève au cœur de la Plaine du Forez dans le Pays d’Astrée, sur la
Route du Basalte. Il fut habité par St Porcaire, abbé du monastère Saint
Honorat, à la suite de la prise des Iles de Lérins par les Sarrasins au
VIIIe siècle. Comme le raconte la légende, il serait venu se réfugier dans son pays natal et se serait établi dans une cellule.

Les premières traces du monastère dans des écrits datent du XIe siècle. Il fut fondé par des bénédictins sur une butte volcanique autour duquel le village s’est développé.
De là-haut, j’ai une magnifique vue panoramique à 360° sur les Monts du Forez et plus loin, les Monts de la Madeleine.

Je laisse Marius un moment brouter de l’herbe, et pendant ce temps-là, moi je vais visiter les lieux.  Comme il n’est pas attaché, les gens sont très étonnés et ça les surprend !  De temps en temps il vient vérifier si je suis toujours dans l’enceinte et puis il retourne à son herbe !  
De l’extérieur, les bâtiments sont très beaux !
Nous repartons de là un moment après et attaquons par la grande descente.  J’arrive au village de Monverdun et vais boire un coca bien frais pour me désaltérer et j’en profite pour donner à boire à Marius.  Nous repartons sur la route goudronnée et nous trouvons ensuite le chemin de Compostelle avec une montée qui mène vers le Mont d’Uzore est une curiosité géologique qui marque particulièrement le paysage forézien.  Cette colline de basalte située sur une faille tectonique est une vaste muraille de lave de près de 18 millions d’années qui vient balafrer la plaine du Forez sur un axe nord-sud sur environ sept kilomètres de long.

Chicos les panneaux ici !


C’est sans le savoir que je m’arrête à un lieu dit qui s’appelle Côte d’Or.  J’aperçois un jeune homme et lui demande de l’eau. Il m’en donne gentiment et me propose de rester là pour la nuit sur un terrain jouxtant leur maison. 
Vu qu’il est déjà plus de 19 heure, j’accepte son offre.  Sa maman arrive et ils me conduisent sur le terrain.  Il y a de l’herbe pour Marius et je ne demande pas mieux !  C’est là que je plante ma tente !
Je demande s’il y a un point d’eau pour que je puisse faire ma lessive et la dame me propose de faire tourner une machine et j’apprécie énormément sa très délicate attention.  
Elle me ramène ensuite mon linge tout propre et m’offre deux oeufs frais.  La dernière fois que j’en ai mangés, c’était avec Malone.  Autant dire que je les ai vraiment appréciés !

Je discute beaucoup avec Pierre et François, les deux grands garçons de la famille. 
Pierre me dit qu’il aimerait voyager comme moi, mais sans âne, mais qu’il ne sait pas trop comment s’y prendre.  Je lui donne quelques conseils de base.  François, lui, prépare un diplôme de gestion forestière, il est très tourné vers la nature et l’environnement.  Il aimerait avoir des chèvres, des ânes et plein d’animaux autour de son « petit paradis », mais sa maman n’est pas trop d’accord, car après, il faut s’en occuper.
Tous les deux m’expliquent qu’ici c’était une ancienne cité gallo romaine et qu’à Uzore, il y avait un Dieu vénéré.  En haut de la colline, on y trouve des vestiges de l’époque.  D’ailleurs, les textes du XIXème siècle évoquent la présence d’un temple romain au sommet.  Une occupation gallo-romaine est certaine mais la forme prise par cette installation reste à découvrir.
Alors que nous discutons de cela, on entend une chouette et un hibou moyen duc.  Je savais reconnaître la chouette, mais n’avais jusqu’alors pas su reconnaitre le cri de ce hibou.  Grâce à François, je sais maintenant qui me parle !
Pierre et François me disent qu’il y a souvent des pèlerins qui s’arrêtent chez eux, soit pour demander de l’eau, soit pour y passer la nuit, alors qu’il n’y a jamais personne qui s’arrête à la maison juste avant la leur, ce qui est assez surprenant !
J’ai passé un très agréable moment en leur compagnie et les remercie de tout mon cœur pour leur hospitalité.
Demain, je vais me diriger ver le Mont d’Uzore.  Son nom est issu de Isis (Uzore), déesse égyptienne dont le culte aurait été apporté ici par les légionnaires romains.  Un temple lui aurait même été dédié …













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