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Marius Tour 2013

Jour 3 – Vendredi 19 Juillet – On avance, c’est une évidence ! ! !

Il a plu une bonne partie de la nuit et je me réveille régulièrement pour vérifier si Marius est toujours près de la tente, voir s’il dort, s’il mange, voir ce qu’il fait …
Malone est imperturbable, rien ne le réveille.
Ma nuit est tellement en pointillés que je me réveille à 9h00 en même temps que Malone !
Nous prenons notre petit dèj’ au resto du camping « La Cascade » ou nous échangeons quelques mots avec Stéphane le nouveau gérant. 
Des campeurs Nantais nous ont fait don de 15 € pour l’association et nous les en remercions.
Ce n’est pas le tout, mais nous avons un peu de chemin à parcourir…
Il faut plier bagage  !
Pendant que je bâtais Marius, une journaliste de la presse locale est venue à notre rencontre, car elle nous avait entendu à la radio hier.  Nous arrivons enfin à démarrer notre marche du jour vers 11h30 et avant de partir, Stéphane offre une glace à Malone et nous remplit les gourdes. J’en profite au passage pour le remercier de son chaleureux accueil. 
C’est un endroit très agréable que je recommande à toutes celles et ceux
qui prévoient de passer dans le coin. En plus il accueille les ânes !  Encore merci à lui ! 

Nous retrouvons le canal de bourgogne entre Tonnerre et Tanlay (sur environ 8 kilomètres).

Petit clin d’œil en passant à mes copines les vaches

Demain nous essayerons de marcher un peu plus et de faire 10 km !
Mon seul grand regret, c’est de voir que le chemin de halage est entièrement goudronné.  Les hommes n’en ont pas assez de goudronner les routes, ils doivent aussi goudronner les chemins !!! Quel dommage !

Nous passons près des écluses et vers 14h00 nous nous arrêtons près de l’une d’elles pour casser la croûte et j’en profite pour expliquer à Malone comment ça fonctionne.  L’eau qui monte et qui descend.  Malone n’est pas le seul à faire des découvertes, car les bateaux, c’est aussi une grande première pour Marius qui n’en avait encore jamais vus !!!
 

Mais qu’est-ce que c’est que ce truc qui flotte sur l’eau ????

Par contre, ce qui est loin d’être une grande première pour notre compagnon aux longues oreilles, c’est qu’il est toujours aussi chapardeur et fouille toujours autant dans nos sacoches !!!  Donc son repas de midi, ça a été pain de mie, pain aux céréales sans se soucier d’en laisser pour Malone et moi !!!

La péniche, c’est un peu, retrouver la lenteur et la douceur de vivre.  Prendre le temps de naviguer pour aller d’un point à un autre.  Observer tout ce qui nous entoure, la nature, les gens, l’eau, toute la faune et la flore…
C’est un peu comme nous au pas de l’âne… 

Chemin de halage le long du canal de Bourgogne

On se rend compte que nous avançons au même rythme que les bateaux.  Notre cadence est régulière sur le chemin, alors que les bateaux,eux, sont ralentis à chaque passage d’écluse où ils passent environ une dizaine de minutes (ce qui fait râler certaines personnes qui trouvent que ça ne va pas assez vite) et finissent par nous rattraper une fois passée.
Les plaisanciers sont heureux de vivre tranquillement au fil de l’eau et les canaux drainent des gens de diverses nationalités.  On peut croiser des Hollandais, des Belges, des Français aussi qui viennent des quatre coins du territoire.  On peut naviguer quasiment à travers toute la France car tous les canaux se rejoignent. 

Péniche à l’approche d’une écluse



L’Histoire du Canal de Bourgogne.
Le Canal de
Bourgogne traverse les magnifiques paysages de l’ancien duché de Bourgogne,
l’Auxois, le Dijonnais, le Tonnerrois et la partie sud du Senonnais, reliant
la rivière YONNE à MIGENNES à la SAONE à SAINT JEAN de LOSNE. A le voir si
tranquille, on le croirait installé là depuis longtemps, à attendre les
amoureux de la nature tout au long de son cours ombragé. Et pourtant !,
fruit de la pensée humaine des prouesses techniques et du dur labeur des
hommes, il fallut bien du travail pour en arriver là.

L’idée de joindre les deux mers datant
du temps des romains, il faut cependant attendre la fin du XVème siècle pour
attaquer son étude … Les Etats de Bourgogne en 1501 autorisés par LOUIS
XII commencent les travaux suspendus pour cause de révolution, repris en
1822, mais ce n’est que le 2 Janvier 1833 que le canal sera ouvert à la
circulation sur toute sa longueur.

 Le canal de Bourgogne, c’est 242 KMS avec 189
écluses en pierre de taille et moellons, 28 ports et communes traversées,
de nombreux ouvrages d’arts( en particulier le souterrain de POUILLY,
principal ouvrage d’art , long de 3350 mètres au centre du bief de
partage. Jusqu’en 1867 le halage s’y faisait avec les pieds, puis avec
l’aide d’une chaîne fixée sur le fond, puis avec le toueur à vapeur
délaissé pour cause de fumée au profit du toueur électrique circulant dans
les deux sens.

L’ alimentation en eau du
canal nécessaire aux éclusées et perte par évaporation, est assurée par
prise d’eau en rivière, pompage dans la Saône et dans les six réservoirs
d’une capacité de 30 millions de M3,crées dès la fin du XIXé siècle.


L’entretien du canal est une lourde charge pour compenser infiltrations,
fuites, effondrements des berges de même que le maintien du rideau d’arbres
plantés et l’accessibilité du chemin de halage.

 Disparus ou en voie de disparition pour la plu­part, le Canal a
contribué à développer de nom­breux métiers.
L’éclusier, personnage clef, qui assure ouverture et fermeture des portes
pour la remontée et la descente des bateaux et qui est logé dans de
petites maisonnettes aux architectures différentes selon la région.
Le halage : la traction humaine de la péniche, dite « à la bricole » a
subsisté jusqu’en 1914 et remplacée par mulets et chevaux logés au milieu
du bateau, système remplacé par le tracteur et enfin la motorisation de la
péniche en fer qui rem­plaçait le bois.
Des métiers spéciaux, tel le marché ambulant typique (M DRIGEARD )qui a
vendu de la vais­selle sur son bateau plus de 50 ans, mais aussi des
bateaux hôpital ou ambulance pendant la période 1915 et même des bateaux
théâtre.
En périphérie du canal travaillaient cordonniers, voiliers et autres
charpentiers (réapparus aujour­d’hui pour la restauration). Secteur
économique important, le canal a fait vivre les familles de mariniers
soumis aux aléas du fret dont le mar­ché scellé par un coup de canon
jusqu’en 1936 fut remplacé par la bourse d’affrètement qui, réglementa les
transactions. En bordure du canal s’installèrent de nombreuses fabriques
métallur­giques, scieries et carrières.

 L’expansion économique du canal fut contrariée dés le début par la
concurrence du chemin de fer dés 1851 alors que le premier bateau
naviguait en 1833 !


Et ce ne fit qu’empirer, de 591 000 T transportées en 1929, on arrive à
moins de 40 000 T actuellement, sans espoir de retour. D’autres moyens de
transport, un tracé sinueux loin du lieu de fabrication, de trop nombreuses
écluses qui n’offrent pas grande rapidité et pour accentuer le tout, un
entretien aléatoire, des périodes de chômage et de fermetures fréquentes,
autant d’éléments qui s’ajoutent les uns aux autres pour une analyse triste
mais réaliste sur la condamnation de l’activité commerciale.

 Mais pas de défaitisme ! Le canal ne deviendra pas une autoroute (
mais si ! ce fut un projet) grâce au plaisanciers, successeurs des «canalous
» qui obligent à travers la construction de bases nautiques les services de
« voies navigables de France » à inscrire plus régulièrement des programmes
d’entretien des berges, l’automatisation des écluses. De même le
développement du tourisme périphérique, la mise en valeur de nos richesses
patrimoniales accessibles du bateau, une promotion des produits régionaux ne
peuvent que contribuer à conserver et entretenir ce patrimoine national
qu’est LE CANAL de BOURGOGNE.

 Nous croisons du monde et plusieurs personnes nous ont même dit nous avoir entendu à la radio comme la journaliste que nous avons vue ce matin.  Un groupe de jeunes filles scouts qui nous avaient déjà aperçus à Tonnerre nous demandent ce que nous faisons et Malone se charge de tout leur expliquer !!!  Elles nous donnent 10 € pour l’association.  Un grand merci les filles !!!  Ce qui fait un total de 27 € dans notre escarcelle !
Il nous arrive de manquer d’eau, alors nous n’hésitons pas à aller frapper aux portes des anciennes maisons d’éclusiers où nous sommes toujours très bien accueillis.  Nous croisons aussi des étudiants qui travaillent au canal pour l’été.
Quant au binôme Malone/Marius, tout se passe à merveille et je suis très surpris que Marius accepte aussi bien mon petit bonhomme !
Bercé par le pas de Marius, Malone demande à faire la sieste.  On s’arrête un moment, mais il n’a pas réussi à s’endormir.  Nous reprenons notre chemin et Malone continue en marchant.

Nouveau binôme Malone/Marius

Nous arrivons à Tanlay vers 19h00 et nous nous posons sur une aire de repos en bordure de canal.  
 

Heureux qui Comme Marius….


Nous ne sommes pas les seuls.  Il y a aussi des personnes avec des chevaux.  Une dame nous indique une douche de l’autre côté, alors nous fonçons, Malone et moi et en profitons pour remplir nos gourdes et faire un brin de toilette !  Au retour  nous avons pris une seconde douche, mais celle-ci à cause de l’orage et sommes allés nous réfugier sous la tente. Nous en avons profité pour faire quelques jeux Malone et moi en attendant que la pluie cesse de tomber.  Ce qui a permis à Malone d’oublier sa peur de l’orage !  Une fois l’orage passé, j’ai préparé à manger.  Comme à chaque rando, je transporte en moyenne une douzaine de kilos de nourriture, ce qui est largement suffisant pour varier nos repas et nous avons eu droit à des pancakes que des Hollandais nous ont proposé de partager avec eux !!! Pas facile de communiquer … moi avec mon mauvais anglais et eux avec leur français moyen !!! Mais de toute façon, on ne parle pas la bouche pleine !  Nous avons passé un très agréable moment en leur compagnie.

Point de vue du soir ou « La Douceur Bourguignonne » à Tanlay





3 commentaires

  1. Une Bagnolaise
    Un bon cours d’histoire ou de géo, peu importe, le CANAL DE BOURGOGNE, c’est une merveille pour les amoureux de la nature.
    Bravo MALONE mon petit bonhomme, je suis fière de toi,  » pas peur de marcher, pas peur des orages et en plus tu expliques aux adultes le périple « .
    Les photos sont belles, merci.
    De gros bisous à Malone, à son papa et une caresse à marius

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