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Marius Tour 2013

Jour 11 – Samedi 27 Juillet – Bienvenue au pays des Arbres de Noël

Je me suis levé assez tôt ce matin.  Il était 6h30.  J’étais dans un champ au milieu du village et je ne savais pas à qui il appartenait et si ma présence allait être la bienvenue.
Il est 7h45 lorsque je m’apprête à partir de Brianny lorsqu’une dame vient à ma rencontre.  Elle voulait savoir ce que je faisais et quel était le but de mon voyage.  Elle me demande si je veux de l’eau et effectivement, j’en avais besoin car j’avais donné ce qu’il me restait à Marius, hier soir.
Elle me fait visiter l’église dans laquelle se trouve une fresque assez surprenante car elle représente « la mort » et des danses macabres.  Elle date du XVème siècle comme beaucoup de choses dans cette région !  Époque de la peste noire, considérée comme une punition divine, laissant présager l’apocalypse.  La guerre de 100 ans.  La mort est partout et elle touche tout le monde.  Riches, pauvres, personnes de toutes les religions, tous les métiers etc…
L’origine du nom de Brianny remonte à l’époque Gallo-Romaine.
En sortant de l’église, la dame qui m’accompagne me présente à une autre dame que j’avais déjà vue la veille.  Cette dernière, m’offre un café, puis j’ai l’impression de tomber dans un amical et joyeux « traquenard »…une personne, puis, deux, trois…. plusieurs habitants du village, très étonnés par ma présence et celle de Marius.  Je leur explique pourquoi je suis là et leur distribue des cartes de l’association « Solidarité Elisa ».  Une dame me fait un don de 10 €.  Une famille m’apporte du pâté et une boite de maquereau.  Un grand merci à tous pour leurs très délicates attentions !

Je finis par prendre la route vers 10h et le soleil commençait déjà à cogner.  D’ailleurs, une villageoise m’avait averti que j’aurais du soleil tout le long, jusqu’au château de Thil.  Ce qui a effectivement été le cas !
Après avoir fait une photo de groupe de tous les villageois, je reprends enfin ma route !
A peine fait 1 kilomètre, que je rencontre un monsieur avec ses deux enfants accompagnés par leur cheval de trait  » Auxois »
C’est une race de cheval de trait français. Il est créé pour les travaux agricoles par croisement entre la jumenterie locale de l’Yonne, de la Saône et Loire et du Nord de la Nièvre avec des étalons de ces deux races.

Traditionnellement élevé dans la région de Bourgogne, ce cheval de traction lourde devient l’auxiliaire des agriculteurs pour les travaux des champs au début du XXème siècle, avant la généralisation de la motorisation. Devenu un animal de boucherie et alourdi pour la production de viande à l’instar des autres races de trait, il échappe de justesse à la disparition dans les années 70.

Des initiatives se mettent en place pour lui trouver d’autres débouchés depuis les années 90, et l’auxois retrouve une certaine place dans les activités écologiques et de loisir, comme la culture de la vigne, le débardage et l’attelage de loisir, ou même la production de lait de jument. Il demeure néanmoins l’une des races de trait françaises aux plus faibles effectifs, avec le poitevin mulassier et le trait du nord, et l’une des plus menacées de consanguinité.

Marius rencontre Rixe

C’est un cheval GI…GAN…..TESQUE !!!  Marius à côté, faisait pâle figure !  Il devait mesurer au moins trois têtes de plus que Marius et une trace de sabot de ce cheval pouvait contenir au moins les quatre de Marius !!!  Les deux équidés ont fait connaissance en se sentant le museau, quant à nous, les heureux propriétaires, nous avons passé notre temps à complimenter l’animal de l’autre !
Après avoir discuté un long moment avec eux, nous reprenons notre chemin.  Nous marchons le long des champs de céréales… inutile de préciser que Marius est très attiré par les bonnes odeurs qui longent notre parcours !!!
Nous passons par Nan sous Thil, dernier village avant d’entrer dans le parc régional du Morvan, où se trouve une des dernières tuileries qui fonctionne encore et qui a survécu aux nouveaux matériaux dans les années 70, grâce notamment à la fabrication artisanale, principalement de modèles anciens.
La tuilerie Laurent située en Côte-d’Or est aujourd’hui l’unique
tuilerie artisanale de Bourgogne. C’est en 1862, que François Laurent
découvrit un gisement situé au pied de la butte de Thil. L’entreprise
fut gérée ensuite par son fils Paul de 1897 à 1937, par le petit-fils
Henri et depuis 1990 par Eric. Son leitmotiv : « maintenir vaille que
vaille une approche du métier authentique, ce qui ne veut pas dire
rétrograde. Au début des années 2000,il a remis à plat tous mes
matériaux et investi dans de nouveaux fours». La production artisanale
est orientée vers les monuments historiques et la restauration
d’anciennes demeures.
 

Une fois traversé le village, nous attaquons une bonne petite montée jusqu’au château de Thil qui est un des plus beaux belvédères de la région car il est situé sur une butte, baptisée autrefois la sentinelle de l’auxois.

Le chemin de Bibracte ne passe pas par ce château, mais comme je le voyais depuis un long moment, je ne pouvais pas passer si près et ne pas aller le visiter !  
Le Château de Thil, considéré comme l’une des plus anciennes forteresses
de France, est situé à la limite du Morvan et de l’Auxois, sur une
colline de 500 m d’altitude environ. L’occupation du site remonte à des
temps immémoriaux. Le site connaît son apogée sous Jean II de Thil qui
en 1340 est le Connétable (Chef des armées) d’Eudes IV, duc de
Bourgogne, il sera également conseiller du roi Philippe de Valois.
De
toutes les modifications qu’a subies le monument au fil des siècles
subsistent : de superbes celliers datés du 12e siècle aux voûtes de
style roman et gothique ; le donjon du 14e ; ‘l’Espionne de l’Auxois’ :
tour de guet à 5 étages, de plus de 25 m de haut, repérable 30 km à la
ronde, construite en 1366, sur la face ouest de la forteresse suite à
l’attaque des écorcheurs (bande organisée qui sévit particulièrement en
Bourgogne) ; la cuisine aux 3 cheminées monumentales : une contenant un
boeuf entier, une autre destinée aux sangliers, chevreuils… la
dernière étant réservée au reste ; une remarquable ‘ maison des Gardes ‘
dont nous pouvons encore observer à l’étage 2 superbes cheminées et
l’assise de doubles latrines.

Arrivé au château, je m’aperçois que je ne peux pas pénétrer dans l’enceinte à cause de Marius car il ne passe pas les portes avec ses sacoches.  Je ne me démonte pas et prends mon téléphone.  J’appelle le numéro indiqué sur les affiches extérieures et je tombe sur un monsieur qui a dû me prendre, je pense, pour un original.  Il me dit de ne pas bouger et qu’il allait arriver.
Une fois arrivé près de moi, je lui explique que je trouvais sympa le fait que je puisse rentrer dans un château du Moyen Age avec mon âne… Après un court instant d’hésitation, il m’ouvre la grande porte du château et mon très cher Marius et moi même avons pu faire nos premiers pas au château !!!  Elle n’est pas belle la vie ?!  Mais ce n’est pas tout !  Marius était logé au pied du château et a pu se délecter d’une herbe bien verte pendant que moi, je profitais d’une visite guidée du château en compagnie de Perceval qui me faisait voir le cachot, les oubliettes et tous les coins et recoins de sa demeure.
Catherine et Perceval sont les propriétaires actuels du château depuis 2007.  Ils sont comédiens dans une compagnie de théâtre qui leur appartient « Les Enchanteurs de l’An Mil ».  Du Moyen Age, ils en ont fait leur quotidien.  Leur passion pour le Moyen Age et la restauration de monuments appartenant à l’histoire les ont amenés à suivre différentes formations auprès d’organismes reconnus par l’état.  Ils appartiennent à la catégorie des châtelains passionnés d’histoire, d’architecture, des traces de nos ancêtres, qui investissent leur vie dans la sauvegarde d’un monument de notre histoire à tous.
D’après l’histoire, il se dit qu’en des temps immémoriaux, les romains installèrent sur cette butte qui domine ses voisines un oppidum.
Une des filles de Charlemagne y aurait fait construire les fortifications d’où le titre de « Plus vieux Château Fort de France » donné par André Malraux.
Perceval me dit qu’il voudrait acheter des ânes pour l’aider à accomplir ses travaux, mais aussi comme compagnons.  Il me demande quelques conseils étant donné que j’ai aussi des ânes.  Je lui dit qu’il ne faut pas prendre un seul âne, mais deux et je lui dit pourquoi.

Ma visite du château ayant été beaucoup plus longue que prévue, je n’ai pas mangé, car il est déjà 14h30 et qu’il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
En redescendant, je suis passé à Brouillard avec ses maisons imposantes et notamment devant une bâtisse circulaire datant du XIXème siècle, devenue un centre d’expositions.



Nous poursuivons notre périple et traversons le village de Vic sous Thil, nous passons une rivière pour ensuite retrouver un chemin forestier où le temps semble s’être arrêté, comme dans toutes les forêts de la région d’ailleurs !  Où rien ne semble avoir bougé depuis des lustres…
Le seul problème, c’est que les sous-bois sont très humides et qui dit humidité, dit aussi bestioles qui piquent !!!
Nous traversons la départementale pour rejoindre une voie romaine.  Nous sommes à 6,5 km de Saulieu.  Cette voie est rectiligne et elle a été construite il y a environ 2000 ans par les romains pour rallier Saulieu à Alésia sur une voie antique qui existait déjà et qui avait été aménagée par les gaulois.  Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une voie forestière enjambée à un moment par une voie de chemin de fer.  Le silence de la forêt est sans cesse perturbé par le bruit du TGV qui la traverse à plus de 250 km/h.

Alors que j’étais sur ce chemin, je ne voyais pas le ciel par moments, tellement la végétation est dense en bordure.  A cet instant, je reçois un SMS d’Alexandra de l’Office de Tourisme de Montbard, m’avertissant d’une alerte orange.
Je ne pouvais ni faire marche arrière, ni me poser là.
J’entendais l’orage, mais je ne pouvais pas voir vers où il se dirigeait.  Le vent s’engouffrait fortement sous le tunnel d’arbres, le long du chemin, ce qui affolait Marius qui pressait le pas.  Les branches craquaient et tombaient, ce qui était vraiment très inquiétant.  Nous pressons encore un peu plus le pas pour sortir du bois, et là j’ai pu voir les nuages et dans quelle direction le vent soufflait.  Il fallait que je fasse fissa car le vent rabattait les nuages dans ma direction et qu’il fallait absolument que je trouve rapidement un endroit pour m’abriter.  J’espérais que le vent tourne…
Après avoir marché 1,5 km, j’ai aperçu des maisons.  J’ai frappé à la porte de l’une d’entre elles pour demander si je pouvais m’installer dans leur jardin pour la nuit, et avec beaucoup de chance, les personnes ont accepté.
J’ai planté la tente… de temps en temps il pleut, mais l’orage semble avoir tourné… je suis à 2km de Saulieu.





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