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Chemin de Stevenson 2013

Jour 18/Mardi 21 mai/ Houille ! Houille ! Houille !



En me levant ce matin, j’ai la visite de « l’anglais » qui a entendu parler de ma présence par « Dédé », sans doute.
Il vient à ma rencontre, intrigué par mon aventure.

Il m’invite à boire un café chez lui … mais c’est un véritable petit déjeuner qui m’attend : beurre, tartines, confiture ! Cet homme simple en apparence est un passionné de l’histoire des mines et il collectionne de vieilles lampes de mineurs, dont certaines ont été fabriquées dans le village.

Cette lampe de sûreté porte le nom de son inventeur Jean Baptiste Marsaut.
Elle a vu le jour en 1880. Elle permettait de s’éclairer dans la mine pendant 8 heures et fut vendue dans le monde entier.
On peut voir l’atelier qui les fabriquait dans le hameau.

L’histoire des Cévennes et de cette région en particulier est marquée par les mines de houille car on y fabriquait aussi les outils de la mine. Ces lampes, outre leur fonction d’éclairage, ont sauvé de nombreux mineurs des coups de grisou. « L’anglais » m’explique que selon la fonction dans la mine ( apprenti, ouvrier, contremaître..) le matériau de fabrication des lampes était différent : lampes en fer pour l’ ouvrier, en laiton pour ses chefs…celles des simples mineurs par exemple, n’étaient pas démontables, elles étaient scellées. Les premières étaient des lampes à huile, puis à essence, plus éclairantes.
J’apprécie la confiance que me fait mon hôte en m’ouvrant sa porte. Et j’apprends beaucoup de choses. Et en plus, il m’offre de précieuses allumettes !
 Merci à toi, « l’anglais », et j’espère qu’on se retrouvera un jour !
Quelle belle rencontre !

Je reprends donc la route vers 10h30 et en traversant le village, je croise un monsieur qui me fait part de son rêve de faire « Stevenson » avec un âne. Je lui donne une carte et je salue le maire qui arrivait et que le monsieur me présente.
En haut du village, je retrouve le GR et un col m’attend.
Je passe le hameau de l’Arbousset, qui abritait 20 à 23 familles en entre 1872 et 1876, mais qui a été abandonné en raison d’ effondrements de terrain dus à l’exploitation minière. Depuis la fin du XIXème siècle, il n’est plus qu’un village fantôme.
D’ailleurs, ça s’effondre toujours par ici, car je vois, plus loin, une partie d’un terrain de tennis effondrée. La terre en a avalé un morceau et forme un gros trou, comme une bouche béante.

J’avance vers Bessèges ( c’est encore le Gard) par le GR44B  par un très beau sentier, dans une pinède.
Je m’attarde pour faire quelques courses de bouche, mais le village est en travaux et c’est compliqué à traverser avec Marius qui a peur.
Je bois quand même deux cafés dans deux bistrots différents et les deux m’offrent le café…grâce à Marius, qui séduit tout le monde et puis, les gens sont gentils par ici! 



 Je reprends donc le GR qui se transforme en petit sentier de pins et de fougères.
Je découvre une grotte pas très profonde. J’observe l’intérieur mais je n’ose pas trop m’aventurer, vu l’état des sols.

La grotte du Valette est en fait une galerie qui servait pour le minerai de fer.

Je fais demi-tour et je redescends sur une centaine de mètres et là…le passage est bloqué par un arbre couché au milieu du chemin.






Comme nous sommes entre deux terrasses, impossible de monter ou de descendre pour contourner l’obstacle.
Je fais donc faire à Marius un pivotage acrobatique et il parvient à faire un pivot parfait ! Très fort, mon Marius !


On revient en arrière et on suit des traces de randonneurs passés un peu plus haut pour éviter le tronc…on avance et là, d’un coup, on se retrouve dans un lotissement ! Surprise ! Passage sans transition de la forêt magique à la civilisation ! 


Nous arrivons à Bessèges mais avant d’en traverser le pont, nous passons par un petit hameau : « Cantonade » où nous sommes arrêtés par une institutrice et les enfants d’une petite école. J’explique aux gamins que le bonnet d’ âne, c’ était fait pour donner aux élèves l’intelligence des ânes qui ne sont pas des animaux bêtes comme on l’a fait croire aux petits enfants. C’est l’attraction : l’institutrice et ses élèves nous posent plein de questions.  Marius est bisouillé, caressé, et nous faisons une photo que je lui enverrai en souvenir. Je ne la mets pas ici à cause du droit à l’image pour les enfants. 
A part ça, la Cantonade est un village sinistré, moribond…un de plus !


Nous traversons la Cèze par le pont, je fais quelques courses à Bessèges et repique sur le GR44A cette fois. Un peu de grimpette 
( 300m) et on arrive tranquillement à Gagnières.


La rivière s’appelle  la Ganière ( même phonétique mais pas même orthographe) 

Sans s’attarder, on rattrape l’ancienne voie de chemin de fer que nous suivons sur plusieurs kilomètres.
Cette voie ferrée passait dans la cité minière de Gagnières et servait au transport du charbon . Elle assurait la liaison entre le Gard et l’Ardèche  ( et même Alès-Paris par le Teil ).
Elle a été démontée et est devenue un lieu de promenade ombragé.




Puis le GR s’engouffre dans  un tunnel fermé à la circulation.



On croise une cavalière et Marius est très intrigué par la jument.
D’un coup, il semble moins fatigué et un peu excité.
On discute de loin pour éviter le contact des deux animaux. Elle me dit qu’elle va faire 350km en 12 jours, à cheval, sur les plateaux ardéchois, avec un groupe d’amis. 
On fait un bout de chemin ensemble, mais les grandes enjambées de sa jument ont vite raison de Marius qui ne tient pas la distance !
Nous suivons ses traces sur quelques kilomètres, puis nous prenons une autre direction.
 .

le viaduc de Doulovy

Nous voilà au viaduc de Doulovy.
Petite pause. 


Il y a là une ânesse dans un enclos et Marius lui fait la conversation.


 Quand nous repartons, l’ânesse lance un braiment déchirant, mais Monsieur Marius daigne à peine tourner la tête pour écouter la complainte de la demoiselle et reprend son chemin sans le moindre « au revoir » ! Déjà reparti vers d’autres aventures !
Il reste 6 km pour arriver à Banne. Le GR traverse une forêt de pins où de gros engins ont laissé des traces profondes, désagréables pour les chevilles.
J’arrive à Montgros ( qui est aussi le petit nom affectueux que je donne à Marius !) un kilomètre et demi avant Banne, par une route goudronnée qui devient ensuite un chemin caillouteux.
Là je vois un homme à qui je demande si je peux planter ma tente dans son jardin.  Il accepte gentiment. Il y a de la bonne herbe pour Marius. 
J’amarre bien la tente car il y a du vent ce soir et je veux éviter un envol nocturne !





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