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Chemin de Stevenson 2013

Jour 17/ lundi 20 mai/ Dans le labyrinthe des pistes





La nuit a été tranquille. Je me lève à 6h 30 car il faut que je me bouge pour rattraper le retard : 1 jour et 8 h à récupérer !
Je pars donc à 8h30 après avoir rangé le matériel et bâté Marius.


Je passe près d’une ancienne mine de houille à ciel ouvert vers Grand – Combe. Les mines des Cévennes furent les premières de France, comme on peut le lire ici .



 Mais les guerres de religion en ont détruit une bonne partie, et le reste fut abandonné en raison du coût d’extraction trop cher par rapport au charbon importé d’Afrique du Sud. Pourtant, la mine de Grand-Combe/Alès avait atteint un record de production en 1958 avec 3 millions de tonnes. Elle donnait du travail à 20 000 ouvriers de la région.
Je vois aussi la mine de Grand Baume, réhabilitée et mise en sécurité en 2004 et celle de Portes.
Leur fermeture a causé un marasme économique. Les villages sont désertés et on peut voir des anciennes enseignes délavées, témoins de l’activité passée.


Je suis un peu perdu dans les pistes. Les cartes indiquent des tas de chemins dans tous les sens. Ce sont des pistes qui servaient aux camions pour le transport du charbon. Je prends bien soin de lire mes cartes, mais je n’y comprends rien. Des pistes partent de tous les côtés. C’est très difficile de se repérer. Je sors même ma boussole à un moment car je suis paumé dans ces méandres, un vrai casse-tête chinois!
  D’ailleurs, je tombe sur une route goudronnée, par hasard, qui m’indique que je suis dans la bonne direction, mais je ne saurais dire comment je suis arrivé là !!
Je croise des gens qui mangent au hameau de Florac ( un autre Florac tout petit) et je pense à leur demander des allumettes ou un briquet car je n’ai plus de feu depuis trois jours.Je mange des salades en boites,  je n’ai pas mangé chaud depuis ( sauf dans la famille samedi).  J’ai bêtement oublié d’en demander ou d’en acheter dans les villes et villages traversés. Et il faut que je sois en pleine forêt pour y penser !!!!

J’ai bien essayé de frotter fort deux morceaux de bois mais le bois est trop humide ! Je dis ça pour ceux qui me l’ont conseillé, ils se reconnaîtront !!!!!!
Ces personnes  me donnent quelques allumettes et une vieille boite. Je vais pouvoir me faire un repas chaud ce soir!


Je suis à Portes, village rasé et  reconstruit en 1933 car le sous – sol s’affaissait, en raison d’une surexploitation des mines. Durant la guerre de 14/18, les besoins en charbon était tels qu’on autorisa les compagnies minières à augmenter leurs productions, faisant passer au second plan tout autre considération.
Au lendemain de la guerre, le château et les maisons du village construites à ses pieds, ont été victimes de glissements de terrain et de larges fissures se produisirent.
Le village fut donc reconstruit dans le style de l’époque, près de la N106. Le château, lui, fut abandonné à son triste sort et malgré les efforts des propriétaires, perdit une partie de la muraille et de la toiture.


Je prends donc un petit chemin, et je me trouve face à cet imposant château qui surgit devant moi au bout du chemin. Je suis surpris et très impressionné, d’autant que j’écoutais dans mon casque de la musique médiévale…Grosse émotion ! Comme un retour dans le temps, surtout qu’aucune autre route n’y mène, il me semble… 




Je m’installe donc pour manger au pied du château et Marius aussi.
En redescendant, ma cheville me fait très mal. Je m’arrête une heure pour me reposer mais j’ai si mal que je parviens à peine à remettre ma chaussure ! Sacré cheville !!!! Je repars en boitant, tellement que des gens s’arrêtent et me proposent de l’arnica. 
Mais dès que je  reprends une  montée, je n’ai plus mal.
J’ai mal sur le plat et en descente.


Je retrouve le GR 44 derrière le château et nous partons sur  une longue piste qui va jusqu’à 3 km de Bessèges. Au début de cette piste, je croise un couple de personnes âgées qui font un bout de chemin avec moi en me racontant leurs souvenirs de grandes randonnées, sur plusieurs jours.
« Avant , nous avions le pied léger, me dit le monsieur, et maintenant, nous avons le pas lourd et des bâtons de marche pour nous soutenir. » N’empêche qu’ils marchent encore bien et m’accompagnent jusqu’au col.
Marius, lui, cavale devant. Il est de plus en plus pressé, surtout que le chemin est bon. Et comme il est devant, il se trouve nez à nez avec un 4X4,  lui bloque le passage…et oblige le véhicule à reculer !
Je crois qu’on peut dire que Marius est le premier âne à avoir fait reculer un 4X4 !!!!
On discute un peu avec les occupants du véhicule. Mais Marius continue : il marche de plus en plus vite, le bougre !!! Le chemin est joli et agréable : ça doit lui plaire !

Nous traversons la forêt domaniale de Romergue. On y voit essentiellement des châtaigners, puis quelques pins qui sentent le sud. Pour prévenir les incendies, les pompiers ont installé des citernes d’eau un peu partout.


Vers 19 h, nous arrivons à Rochessadoule où « Dédé » ( les bons tuyaux!) qui coupe du bois, me conseille de m’installer sur un terrain communal à côté d’une maison.
Je plante donc ma tente sur ce terrain herbeux (Marius est content). Un riverain qui passe par là me demande ce que je fais, et quand je lui dit que c’est « Dédé » qui m’a conseillé, il est rassuré…
Je ne sais pas qui est « Dédé » mais c’est une référence car le riverain apporte de l’eau pour moi et pour Marius.
Ce soir, je mange un plat chaud ( grâce aux allumettes) et je me fais un bon thé.


Il a fait beau aujourd’hui et j’ai rattrapé mes 8 km !

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