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Marius dans les écrins 2012

9 août : « Le temps s’arrête, le silence se fait, la plénitude s’installe, et on profite de l’instant… »

La nuit a été rigoureuse, mon genou m’a tiraillé, et j’ai eu un sommeil agité. Dans ces cas là, le confort d’un bon lit et d’une douche bien chaude prise plus tôt sont salvateurs et ont compensé ces désagréments. Si bien qu’au réveil, je n’avais plus de douleur.

Hameau des Terrasses avec à droite du clocher, l’Aiguillon, et à droite, la vallée par laquelle nous sommes arrivés.

Sébastien, rencontré la veille est venu me chercher vers 8h30 pour me conduire au village de La grave situé quelques kilomètres plus loin. J’y suis allé sans rendez-vous car je n’avais pas eu de retour à mon message laissé la veille pas. Je n’étais donc pas sûr d’être reçu mais confiant. Finalement après quelques appels, j’ai obtenu un rendez-vous à 10 heures chez l’ostéopathe et un autre chez le médecin généraliste, une heure plus tard. J’ai donc eu le temps d’aller prendre un café avec Sébastien et de faire plus ample connaissance avec lui avant mes rendez-vous.
Point de vue depuis les Terrasses


Il aura fallu 45 minutes à l’ostéopathe pour remettre en ordre tout ce qui le méritait et me remettre sur le droit chemin… ou plutôt sur les sentiers de la Drôme 😉 Avant de partir, elle me conseille quelques exercices à faire matin et soir pour renforcer mon genou, et le médecin me prescrit des inflammatoires pour une tendinite.

Sébastien est ensuite gentiment venu me chercher et nous a invité à déjeuner, ce que j’ai accepté bien volontiers ! Je suis d’abord allé chercher Joëlle et Marius, restés chez Thibaud et Claire jusque là. Après avoir remercié chaleureusement nos hôtes pour leur très bon accueil et re-bâté Marius, nous avons rejoint Sébastien, Aurélie et leur bébé Anaïs pour le repas. Ce dernier nous a permis de mieux découvrir cette charmante famille belge. Il était  14h30 quand nous avons pris congé, et, comme chaque fois que nous nous sentons bien quelque part, il est difficile d’en partir… Mais une grosse étape nous attendait et il était déjà tard. Nous nous sommes donc quittés en projetant de nous revoir et nous espérons sincèrement que ce sera le cas !

C’est sur du goudron que nous parcourons le premier kilomètre pour atteindre Chazelet (dernier village avant notre ascension vers les lacs) où nous retrouvons le sentier en bas du village. 

De là, nous voyons de nombreux randonneurs descendre du sommet, qui nous donnent l’impression de fourmis s’affairant à travailler sur une fourmilière géante ! Nous découvrons en même temps que l’ascension qui s’annonçait (nous nous dirigions vers 2 lacs à 2300 mètres d’altitude) n’avait pas l’air d’une partie de rigolade… Les premiers kilomètres se sont chargés de nous donner raison ! 

Pour commencer, on doit monter tout là-haut…

Il a fallu attaquer fort dans la première partie car le sentier était raide. Par la suite l’ascension fût plus modérée. Marius était un peu imposant avec ses sacoches sur le GR54, mais la plupart des randonneurs étaient compréhensifs.
D’autres, qui manquaient quelque peu de savoir vivre, nous ont parfois déçus… Il est dommage que certains ne jugent pas nécessaire de répondre à un simple « Bonjour » ou se permettent de nous prendre en photo sans daigner nous adresser la parole, particulièrement dans un cadre si paisible, loin de tout et qui se prête tout à fait à l’ouverture et à la rencontre. Certains même font mine de ne pas voir Marius lorsqu’il est nécessaire de le contourner… 

J’ai du mal à comprendre et je prends sur moi mais ce genre de chose m’attristent : les gens ne changent pas forcément parce qu’ils sont à la montagne, ils sont comme ils seraient dans leur vie de tous les jours et forcément, il n’y a pas que des gens sympathiques…  Heureusement, ils ne représentent qu’une minorité de gens et nous avons pu avoir quelques échanges chaleureux avec d’autres randonneurs, qui nous donnaient également l’occasion de profiter d’une pause 🙂
Sur notre chemin nous croisons ça et là pas mal de cabanes de berger et d’anciennes maisons/cabanes en ruine. 
Mais aussi de beaux points de vue !

Encore un petit effort !

A part cette montée qui semblait interminable, nous ne croiserons pas de difficultés particulières, le soleil était avec nous, et vers 19h15, nous sommes enfin arrivés sur le plateau d’Emparis, pour atteindre, une dizaine de minutes plus tard, le lac Lérié devant lequel nous avons décidé d’établir notre bivouac pour la nuit. Nous sortons la tente et préparons notre dîner.



Puis, alors que le soleil était sur le départ pour aller briller dans d’autres contrées, s’offrait à nous un paysage d’une rare beauté qui nous stoppa dans nos activités. Face à nous, sur le glacier de la Meije, les pourpres et les rosés formaient une harmonie parfaite pour mettre en lumière les sommets du glacier de la plus belle manière qui soit.


Pour ajouter au spectacle, cette intensité de lumière se déposait à la surface de l’eau, faisant miroiter cette belle image dans les eaux paisibles du lac bordé de rochers recouverts de mousses et de lichen.

Dans de tels moments, le temps s’arrête, le silence se fait, la plénitude s’installe, et on profite de l’instant, dans l’attente de la suite, la fin de ce qu’on pourrait croire tout droit sorti de notre imaginaire. Nous n’étions vraisemblablement pas les seuls à nous délecter : autour du lac un couple et un photographe semblaient aussi touchés que nous par cette vision époustouflante.


Je repasse dans ma tête notre progression de cet après-midi et relativise en comprenant que découvrir ce joyau posé dans cet écrin doit se mériter et ne se donne pas sans effort. Peu à peu, les couleurs s’estompent pour laisser place aux étoiles et redonner au glacier sa blancheur originale, la vie peut alors reprendre…
Nous mangeons notre repas avant de sombrer dans les bras de Morphée dans un silence et une sérénité qui n’étaient troublés que par le doux flot des cascades de la Meije…

4 commentaires

  1. Merci Stéphane de nous faire partager cette randonnée avec des photos a couper le soufle. Le genou va mieux…
    Bonne continuation
    A la rentrée de ALP, on veut comme invitée en studio Marius pour que lui aussi donne ses impressions

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