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Marius dans les écrins 2012

6 août – La « passion » de Marius : l’eau ! ;)

Marius a entendu ton appel Patrick et nous avons eu des nouvelles 😉

Ce matin, levé 6h15 pour ne pas décoller trop tard et se fixer un rythme car si pour l’instant les étapes sont de 12 à 15 km, elles devraient se rallonger par la suite, il faut donc prendre le rythme.
Je glisse la tête hors de la tente pour m’assurer comme chaque matin que Marius et là et qu’il va bien (ça ne m’est jamais arrivé, mais parfois les ânes peuvent prendre peur durant la nuit, et briser leur attache). Le ciel semble dégagé. 
8h15 le depart : environ 2 heures sont nécessaires le matin pour nous préparer : manger, se laver, démonter la tente, brosser Marius, le bâter, et équilibrer les sacoches. Nous partons donc dans les temps après avoir salué nos voisins de tente et empruntons un sympathique chemin sur lequel nous croisons déjà les premiers sportifs matinaux.


Après 20 minutes de marche, nous arrivons au village de Le Casset, nous y faisons une halte pour prendre un café et manger un morceau avant de reprendre la route vers 9h. Direction le col d’Arsinis : un denivelé de 800 m sur moins d’une dizaine de kilomètre nous attendait. 

Le début de l’ascension est plutôt tranquille sur un sentier qui nous emmène dans une très belle foret de mélèzes qui longe le parc des Ecrins, avant de se dessiner, un peu plus haut et après quelques kilomètres, au milieu de roches de granit pour nous faire pénétrer dans le parc naturel. L’ascension vers le lac de la Douche, perché à 1900 mètres d’altitude, est ponctuée par quelques averses et plus on monte, plus le ciel s’obscurcit. 
Entre les rivières et les torrent, le chemin se fait de plus en plus rude, et fini par nous mener jusqu’au lac… grandiose !! Contrairement à la plupart des lacs naturels d’altitude qui sont limpides, le lac de la Douche est un lac « turbide » : la couleur laiteuse/bleu turquoise de ses eaux est due aux apports de « farine glaciaire » produit par l’abrasion qu’exerce le glacier sur le lit de la roche. Un régal pour les yeux ! Il est alimenté par une importante cascade, tandis que de l’autre côté, un enrochement retient ses eaux.


Nous y sommes arrivés vers 10h45, Marius est un bon grimpeur, et nous avons bien marché. Par contre quand il s’agit de rejoindre l’autre rive c’est une autre histoire… En effet l’enrochement est le passage obligé pour traverser le lac et Marius n’est pas très motivé devant ces gros rochers instables et le bruit de l’eau, dont on peut apercevoir l’écoulement entre les roches, qui vient s’éclater sur les roches… C’est aussi sans compter que, s’il a fait beaucoup de progrès pour les passages dans l’eau jusqu’à maintenant, ce n’est quand même pas sa passion !

Le fameux passage…

Voyant qu’il n’est pas rassuré, nous décidons donc de le débâter pour le mettre plus à l’aise. Mais il n’a pas confiance et n’a pas envie de prendre le risque de se coincer une jambe entre 2 rochers. Avec tout ce bruit, il est aussi difficile pour nous de le rassurer et il ne veut rien entendre. Nous finissons par voir arriver des employés du parc qui nous indiquent que le berger fait passer ses vaches près de la cascade quand il doit traverser le lac. 

Nous nous dirigeons donc vers ce passage mais Marius n’est pas plus téméraire… Nous commençons alors à déployer toutes les techniques connues et envisageables… sans succès ! Même celle qui d’habitude fonctionne et qui consiste à faire mine de continuer sans lui n’y fait rien : il se met a nous appeler, à braire, tente de passer mais fait demi tour, et ne nous rejoint pas. Décidément Marius n’est pas très coopérant, et ne veut rien entendre…

Le problème c’est que nous n’avons pas le choix, il n’y a pas d’autres chemins : soit nous passons, soit nous devrons rebrousser chemin. Et pour le coup Marius a fait la réputation des ânes ! Il reste têtu et laisse toutes nos tentatives vaines. 

Dernier recours : la force, en tentant de le pousser dans l’eau mais nous manquons de bras. Arrive un randonneur qui se propose de nous aider : nous le poussons alors à 2 tandis que Joëlle le tire devant, les chaussures dans l’eau. Marius fini par glisser en avant, et une fois les 4 sabots dans l’eau il accepte d’y rester.  Joëlle l’a alors conduit de l’autre coté, de l’eau jusqu’au genoux, avant de grimper pour retrouver le chemin un peu plus haut. Une fois là, nous sommes redescendus sans Marius pour récupérer nos sacoches et sacs à dos restés au bord du lac. Cette histoire nous a fait perdre 1h30… Le randonneur qui nous a aidé était avec sa famille et venait de Picardie en vacances dans la région. Quand nous avons re-bâté Marius, ils ont été interpellés par les drapeaux, et nous ont demandé ce que nous faisions. Touchés par notre action ils nous ont fait un don qui nous a redonné du baume au cœur. Merci à vous !

Nous reprenons donc la marche vers 12h30 les pieds mouillés, les chaussures trempées, et poursuivons l’ascension : 400 m de dénivelé sur un sentier interminable en lacets. 
Plus nous prenons de l’altitude plus le paysage devient minéral : c’est à présent  sur de la roche et des pierriers que nous marchons. Avec ceci, la pluie qui ne cesse de tomber, le vent qui souffle, il fait froid. Nous avançons péniblement. Nous mettons une polaire, puis deux, puis ce que l’on trouve pour se réchauffer un peu plus…  et nous ne nous arrêtons plus car au moindre arrêt, nous sommes pris par le froid. Le vent nous glace, l’orage gronde, nous sommes détrempés. Et quand nous pensons enfin être au sommet… en fait non ! Il s’agit d’une cabane de berger. Le chien de ce dernier nous attend, il aboi mais il n’est pas en grande forme, et boite. J’hésite a m’arrêter là, en demandant une place au berger mais Joëlle me dit que l’on est bientôt arrivés, on continue. 
Le chien commence à nous suivre avec son regard attristé, mais pas question de le prendre avec nous : ça m’a rappelé l’épisode de « Mery l’écossais » (Sur les chemins de stevenson) qui n’avait pas forcément bien tourné, et pour cette raison, je ne voulais pas l’emmener avec nous.  Quelques passages un peu techniques. A l’approche du col, le décor se fait plus vert, mais il n’est pas encore là, nous l’atteindrons vers 15h.

Arrivé au col d’Arsine qui culmine à 2348 mètres, Joëlle propose cette fois de planter la tente ici, mais nous sommes dans un parc donc nous ne pouvons pas planter notre tente avant 19 heures alors je décline sa proposition. Nous avons maintenant de la descente, le chemin est bien indiqué et malgré les mises en garde de certains randonneurs il n’a pas l’air compliqué puisque nous sommes sur un plateau, ça va aller.

Nous commençons à descendre… descendre… puis, comme si l’on retrouvait un bon feu dans une cheminée par une froide journée d’hiver, je sens poindre sur moi les rayons du soleil, qui me réchauffent instantanément et nous redonne des forces et le sourire ! 
Peu à peu, les nuages se déchirent dans le ciel jusqu’à quasiment disparaître et nous offrir un spectacle grandiose : nous commençons par apercevoir la montagne des Agneaux (3646 m), le Pic de Neige Cordier (3614 m) et le Pic d’Arsine (3272 m), puis découvrons le glacier d’arsine… remarquable ! C’est l’euphorie devant ce paysage qui nous a échappé jusqu’à présent.

Et pour ajouter au spectacle, nous avons eu droit à un drôle de concert : toutes les marmottes sont sorties de leurs terriers en sifflant de partout ! Comme si elle s’inquiétaient de savoir si tout allait bien chez les autres : « Tout le monde va bien ? Pas d’inondation ou d’écroulement chez vous ? » 😉 Elles courraient en tous sens, c’était très amusant à voir.

L’imposante moraine frontale du glacier que l’on aperçoit a été domestiquée par de gros travaux dans les années 1985 – 1986 pour éviter un cataclysme. En effet, le glacier d’Arsine fondait, et le lac  qu’il alimente situé en contrebas, grossissait. Un débordement de ce dernier aurait eu comme victime le village du Casset. 

Nous sentons que le beau temps est de retour et qu’il nous accompagnera pour le reste de la descente. C’est du bonheur à l’état pur ! La meilleure des récompenses que nous pouvions espérer après ces efforts.
… même si nous sommes toujours complètement détrempés 🙂

Nous continuons la descente vers le refuge de l’Alpes de Villar d’Arene. Dans ce secteur nous avons appris qu’il y a eu dans le passé quelques mines de cuivre tout comme dans la vallée de Serre Chevalier il y avait des mines de charbon. Comme quoi il n’y avait pas que l’agriculture, mais ces mines sans doute trop coûteuses et plus assez rentables ont fermé. 
Au bout d’un moment, nous nous étonnons de ne pas arriver au refuge, nous ne voyons plus d’indications pour le GR et commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés de chemin. Je décide donc d’aller de l’autre coté de la rivière voir si j’aperçois quelque chose. Je traverse, grimpe l’autre rive, et je ne vois pas de refuge mais des gens sans sac à dos qui ont sans doute dû s’établir au refuge et profitent de gambader sans sac. Nous ne sommes plus très loin finalement. Quand je reviens sur mes pas, je retrouve Joëlle et Marius cernés par les vaches ! Curieuses de notre équipage, elles se sont approchées, reniflant les sacoches et Marius 🙂

Nous remettons nos sacs à dos pour arriver vers 17h30 au refuge. Je m’attendais à un petit refuge de montagne comme on en trouve dans les Ecrins mais c’est en fait un refuge gardé avec dortoir et restauration possible. Il y a pas mal de monde : nombreux sont ceux qui ont repoussé leur randonnée du jour à cause de la pluie et du froid. Nous débâtons Marius et nous installons. Tout est trempé, des sacoches aux sacs à dos, les vêtements, certaines cartes se sont déchirées… Heureusement demain le beau temps est annoncé et nous comptons sur lui pour faire tout sécher !

A 18h30 tapantes, c’est l’heure du repas ! Et si les gens qui tiennent le refuge sont très gentils, pour ce qui est de la nourriture c’est plutôt léger… Un randonneur attend quelque chose qui tient au corps, et le bouillon de légume et le cassoulet sans trop de viande nous ont laissé sur notre faim. Nous avons rencontré un couple d’Ardèche qui nous racontait qu’ils avaient eux aussi un âne avec lequel ils font des balades, et qu’ils connaissaient Marius puisqu’ils suivaient déjà les aventures de Marius sur Internet 🙂 Nous ne nous sommes pas couchés très tard dans un vrai matelas appréciable, tandis que Marius a passé la nuit attaché devant le refuge.


L’étape de demain nous mènera d’abord à Ventemon, à 1750 mêtres d’altitude, puis nous ferons un crochet par le lac du Pontet perché à 1982 mètre avant de continuer notre route.
Tags : randonnée ânerefuge de l’Alpes de Villar d’Arenesolidarité élisa

4 commentaires

  1. Paysages de toutes beautées, Marius devra suivre des cours de natation….
    Ou prochaine randonnée dans le desert.
    Bonne continuation

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