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Marius dans les écrins 2012

25 août : Demain… c’est déjà fini :(

Finalement l’orage n’a pas éclaté pendant la nuit, seules quelques gouttes de pluie sont tombées. Nous avons par contre reçu la visite d’un animal non identifié venu renifler autour de la tente, et émettre des grognements bizarres qui ressemblait à un souffle rauque… Ce n’était ni un chien, ni un loup, peut-être un chevreuil, mais le temps que nous trouvions la lampe de poche, et ouvrions la tente, il avait disparu. Marius avait les oreilles dressées mais n’avait pas l’air plus inquiet que ça. Toujours est-il qu’en pleine nuit dans une forêt, ce n’est pas très rassurant 🙂 C’est donc la tente ouverte que nous avons continué notre nuit pour pouvoir guetter, mais nous avons pris du temps pour retrouver notre sommeil.


Nous nous sommes réveillés à 6 heures et avons pris le départ à 8 heures, direction Bouvières en espérant y arriver avant midi. Nous sommes partis à la fraîche et le ciel était couvert, de bonnes conditions pour bien avancer. 


Au bout de 100 mètres, nous sommes tombés sur une cabane fermée, mais entourée d’un large terrain… ça aurait était bien plus agréable pour planter notre tente ! Mais ça fait parti des règles de la randonnées, parfois il y a mieux juste à côté, d’autres fois, on marche sans jamais trouver… ! Nous avons suivi une piste tout du long qui se terminait en sentier avant Bouvières.


Plus nous montions, plus nous pouvions apprécier le chemin parcouru en contemplant la vallée dans laquelle le sentier que nous avions pris se dessinait nettement. Nous avons rejoint un bout de route sur 1 ou 2 kilomètres, avant d’entamer une ascension vers le col du Pin (1018 mètres d’altitude) sur la montagne Couspeau.


Nous avons à un moment hésité entre le sentier équestre et une piste qui avait l’air de descendre plus rapidement vers Bouvières. Nous l’avons tentée et nous sommes tombés sur une habitation où se trouvaient deux parisiens qui nous ont invité à boire un verre. Nous en avons profité pour rebâter Marius car ces sacoches partaient vers l’avant, et pour leur demander s’il connaissaient ce chemin et s’il était praticable avec un âne. Ils nous l’ont déconseillés, nous mentionnant qu’il s’agissait plutôt d’un chemin de chèvres. Nous avons donc rebroussé chemin pour reprendre le sentier équestre.

Un peu plus tard, Marius commençait à émettre un son bizarre et inhabituel qui durait : une sorte de hoquet qui ne semblait pas passer. Nous étions un peu inquiet et sommes retournés sur un replat. Nous lui avons enlevé une partie de son chargement, lui avons donné à boire et ça a fini par passer, heureusement.

Nous avons continué sur la piste avant de rejoindre la départementale pour entrer dans Bouvières vers 12h45. Nous voulions manger rapidement, mais nous étions trop fatigués, et avions besoin d’une pause. Nous avons donc fait halte au restaurant du village. Marius était derrière le restaurant et je l’ai rejoint un moment pour faire une sieste de 10 minutes : j’en avais grand besoin !


Le temps de discuter avec les gens attablés (nous avons eu droit à un « C’est pas Marius par hasard ?! » de quelqu’un qui nous suivait sur facebook ;), de re-bâter Marius, et qu’une petite fille vienne lui faire des mamours, nous sommes repartis vers 15 heures arrachant quelques larmes à cette petite fille triste de voir partir Marius :’). 


Nous avons commencé par 2 kilomètres de route puis nous avons rejoint un petit chemin goudronné pour attaquer le col d’Espreaux qui culmine à 906 mètres d’altitude, soit 300 mètres de dénivelé depuis Bouvières. A nouveau pendant l’ascension nous avons traversé une forêt, passant d’un environnement très sec à cette forêt de feuillus qui assurait un moment de fraîcheur. La rivière qui y passait était à sec, mais devait couler lorsque le climat était plus clément. Nous y avons croisé un chevreuil.



Avant d’arriver au col nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’un troupeau de chèvre se régalant dans les buissons et accompagné d’un patou qui faisait bien son boulot en nous aboyant dessus, impressionné de se retrouver nez à nez avec Marius. C’est sûr qu’au pays du picodon, on a plus de chance de croiser des chèvres que des vaches ! Marius s’amusait de cette rencontre, et le patou nous a gentiment raccompagné hors du parc et même au-delà, nous faisant bien comprendre que nous n’étions pas les bienvenus dans son troupeau !
Passé le col d’Espreaux, nous avons suivi un chemin goudronné sur 7 à 8 kilomètres jusqu’à Vesc. Avant notre arrivée dans ce village, nous avons essuyé un bel orage. Nous connaissions un camping là-bas dans lequel nous nous étions arrêtés 2 ans plus tôt pour prendre un café. Nous pensions dormir dans un logement « en dur » pour nous sécher un peu, et nous avons demandé s’il restait des places et si Marius été accepté.

C’est finalement sous tente que nous allions dormir car si nous dormions dans les mobil-home, nous devions faire le ménage (balai, serpillère, poussière) avant de partir… Je commence à être un peu dépassé par l’évolution de notre société dans laquelle le consommateur est invité à exécuter lui-même de nombreux services, sans pour autant bénéficier d’un prix plus avantageux, et sans que personne ne réalise ce qu’il est en train de se passer… 
C’est le même constat pour les supermarchés où le client scanne ses produits et passe en caisse seul, les snacks où le client passe sa commande directement sur un monitoring, ou encore les autoroutes sur lesquels on ne trouve presque plus de personnel aux péages et ou les utilisateurs se voient remettre un boîtier pour passer seuls mais ne paient pas moins cher. On court-circuite de nombreux emplois, on paie le même prix, et ça passe auprès des utilisateurs comme une lettre à la poste… Pour 50 à 60€, autant prendre un hôtel où ces services sont encore assumés par les tenanciers… Bref, pour nous ce sera la tente. Et Marius n’a pas trop d’herbe mais nous le laisserons brouter un peu plus demain.


Demain sera notre dernier jour de randonnée… Et ce soir notre dernière soirée dans une toile de tente avant quelques mois… C’est comme à chaque fois, partagé entre le plaisir de retrouver ceux qui nous entourent, son chez-soi et le sentiment de tristesse à l’idée de quitter les chemins, de ne plus profiter de cette liberté du voyage, d’une vie au rythme de nos pas que je suis partagé. Et je ne sais comment me réjouir de l’un par rapport à l’autre…

Nous avons souvent croisé des personnes qui disaient nous avoir vues un peu plus tôt dans notre randonnée à tel ou tel endroit, souvent impressionnées par le chemin parcouru. A nos yeux les notions de distance et de temps sont différentes, nous ne croisons que très peu les grands axes routiers, nous avons l’impression d’être perdus loin de tout quand nous ne sommes peut-être qu’à quelques kilomètres d’une grande ville… Nous vivons à notre rythme, et si nous n’avions pas les contraintes de délai pour rentrer à cause du travail, nous pourrions encore mieux profiter des opportunités que nous croisons et laisser plus de place à l’imprévu…
Tags : mariusrandonnéesolidarité élisa

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