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Marius dans les écrins 2012

19 août : A quoi ressembleraient nos randonnées sans toutes ces belles rencontres ?

Hier soir, panne de gaz ! Nous avons vidé la boutielle de notre réchaud alors qu’elle nous dure d’habitude pour 2 randonnées… Peut-être s’est-elle malencontreusement vidée ? Toujours est-il que la soupe en sachet sans réchaud…… Et bien il ne nous restait plus qu’à la regarder 😉

Pour cette journée, nous avions prévu de longer le lac de Monteynard-Avignonet, mais de là où nous avons dormi, nous pouvions voir le passage que nous étions censé prendre et il ne nous inspirait pas tellement confiance. De plus nous n’avons trouvé personne qui aurait pu nous confirmer que ça ne posait pas de problème avec un âne, seulement des gens qui nous mentionnaient qu’il y avait un précipice. 

Par précaution, nous avons donc choisi de contourner ce passage en prenant la route. Mais pour couronner le tout, j’avais perdu une de nos cartes (je l’avais probablement oubliée lors d’une de nos étapes…), et bien sûr il s’agissait de celle dont nous avions besoin. Je n’étais donc pas sûr que cette route nous mènerait au lac ou au camping (nous avions prévu de passer par un camping près du lac, ou normalement, on trouve toujours de quoi faire quelques courses et le nécessaire du campeur !). On verra bien (ce que nous ne savions pas à ce moment là, c’était que la route nous faisait faire un gros détour…)! 


Nous avions aussi besoin de faire quelques courses : nous sommes dans une région dans laquelle on ne trouve plus de commerces dans les villages. Boulangerie, café, épiceries et autres lieux de vie disparaissent au fur et à mesure. Je trouve ça un peu triste pour la vie du village, ce sont des lieux de rencontre et de lien social essentiels. Comme nous l’ont dit plusieurs personnes rencontrées « Dans un village, le jour ou le café ferme, le village se meurt ».

Pont de Brion

En itinérance il faut donc prévoir large. Depuis La Morte nous n’avons pas croisé d’épicerie. Pour tout ce qui est repas du soir (le riz, la soupe…) nous pouvons prévoir. Par contre, pour ce qui est des légumes, saucisson, jambon, et autres produits frais, nous pensions pouvoir nous approvisionner plus régulièrement sur notre chemin.

Sur ce nous avons donc pris la route. Au bout de 7 kilomètres, nous nous sommes arrêtés pour faire le point. Nous décidons de contacter le camping pour leur demander s’ils avaient une bouteille de gaz : négatif. La personne du camping nous conseille le supermarché de Monestier-de-Clermont qui est ouvert le dimanche matin… il est 11 heures. Si en voiture on y accède en quelques minutes, à pied il nous faut 1 heure. Nous changeons donc de technique et optons pour le porte-à-porte. Nous tentons d’expliquer aux gens ce que nous faisons, notre situation pour leur demander s’ils pourraient nous emmener au supermarché (nous étions à Roissard qui se situait à 5 kilomètres de Monestier-les-bains).

Tous les hameaux ont leur four à bois !

Notre première tentative a essuyé un refus. Nous avons ensuite croisé un Monsieur qui se trouvait dans son jardin avec ses 2 enfants. Il nous indique qu’il a une bouteille de gaz et qu’il peut nous la donner. Malheureusement elle n’est pas compatible avec notre système de réchaud. Nous sentions qu’il était un peu gêné à l’idée de m’emmener, mais il a fini par accepter. Je suis donc parti avec Frank au supermarché où j’ai fait mes courses mais je n’y ai pas trouvé de bouteille de gaz. Frank m’a parlé d’une quincaillerie, où nous sommes aussi passés, mais rien non plus. Je suis rentré bredouille de ma quête…

Pendant la demi-heure où j’étais parti, Joëlle, que j’avais laissée à Roissard avec Marius, avait sympathisé avec Brigitte, la femme de Frank. Et de retour de Monestier, j’ai appris que nous avions été invités à déjeuner chez eux ! Nous avons encore fait une rencontre charmante, des gens très impliqués dans tout ce qui touche à l’environnement. Frank travaille à l’ONF (Office National des Forêts) : nous lui avons parlé de la coupe de bois que nous avions croisé la semaine passée. Il nous expliquait que l’ONF sous-traitait son activité à des bûcherons issus des pays de l’est qui coupaient le bois et qu’à la fin de leur journée, travail terminé ou non, ils partaient…

Nous avons aussi beaucoup parlé du climat par cette journée caniculaire : Frank nous disait qu’il voyait la forêt évoluer au fil des années, devenir de plus en plus méditerranéenne, on y trouve de plus en plus de pins, du buis, tout devient très sec et depuis quelques années, ils entendent les cigales dans le Trieves ! Ce qui confirme que l’impact du climat sur l’environnement, ce ne sont pas seulement des textes couchés sur le papier… Plus on monte, plus on retrouve une nature qui évolue. Cela fait aussi 3 années de suite que nous avons droit à une canicule (30°C ou plus en journée et le thermomètre qui ne descend pas en dessous de 18°C la nuit).

Nous avons parlé de tas de choses, beaucoup rit, refait le monde, nous découvrant au fil de nos conversations des points communs. Vraiment très sympathique.
Dehors, le thermomètre ne cessait de grimper… Nous repoussions notre départ et nous ne voyions pas le temps passer. C’est donc à 17 heures que nous avons fini par quitter nos hôtes, avec un nouveau réchaud dans le sac (ils nous ont généreusement laissé le leur avec leur système).
Nous laissons derrière nous des gens très gentils, et repartons ravis d’avoir pu partager avec eux cette riche expérience humaine. Nous nous reverrons c’est sûr, ne serait-ce que pour leur rendre leur bouteille de gaz mais surtout pour, nous l’espérons, donner suite à cette rencontre. Bref, un peu dur de reprendre la route… et pas seulement à cause de la canicule.

Nous voilà repartis sur des chemins ensoleillés et chauds. Brigitte et Frank nous avaient indiqué quels chemins suivre pour retrouver notre itinéraire initial vers St-Michel-les-Portes. Nous avons eu a traverser une nationale devenue départementale mais qui n’était pas pour autant moins fréquentée.
Les fontaines croisées au détour des villages nous font toujours le plus grand bien. Certaines sont à sec, coupées à cause des restrictions d’eau. Heureusement, nous trouvons toujours de l’eau pour Marius mais c’est la première année que nous avons aussi chaud en randonnée au mois d’août.
Nous avons fait étape pour la nuit aux portes de St-Michel-les-Portes dans un chemin à proximité d’une maison. Encore une fois, pas de tente nécessaire, nous avons pu admirer le ciel étoilé, et après 6 étoiles filantes (plus sympa à compter que les moutons 😉 je me suis endormi.

Quelle légende pour cette photo ?? « La rando ça nous botte ! » 
Bof… un peu facile… des idées ? 😉

Tags : mariuspont brionrandonnéeroissardsolidarité élisast michel les portes

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