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Marius dans les écrins 2012

17 août : Sous nos pieds, un labyrinthe de galeries

Ce matin, réveil avec un petit dèj’ très copieux et de qualité : des produits frais et régionaux, des croquettes de Vinsobres (de ce côté-là, on n’était pas dépaysé ;), Catherine nous avait fait des galettes, bref, un petit déjeuner digne de ce nom !

De notre passage dans ce relai équestre, nous retiendrons deux mots : serviabilité et gentillesse. Le cadre est magique , l’accueil réservé est chaleureux, plein de gentillesse, Catherine était très attentionnée, aux petits soins avec nous. Si vous avez l’occasion de passer par là, nous ne pouvons que vous conseiller vivement cet endroit, avec ou sans équidé (les cavaliers ou randonneurs avec âne ne sont pas l’essentiel de sa clientèle). Nous nous sommes rendu compte après coup que ce gîte était recommandé par le Guide du Routard (décidemment, depuis le premier restaurant de Briançon à maintenant, nous sommes toujours bien tombés au hasard de notre trajet !), il le mérite bien !

Départ à 9 heures, à l’assaut du Senepy avec des brioches dans nos poches offertes par Catherine (merci pour tout !). D’entrée, nous nous sommes trompés de chemin… Après 2 kilomètres j’ai fini par sortir le GPS, qui jusqu’à présent ne m’avait pas servi, pour tenter de nous situer et voir par où passer. Plutôt que de rebrousser chemin, nous avons choisi de rejoindre le bon sentier par un chemin transverse pour limiter les kilomètres. Mais même par la suite, les indications laissaient à désirer…
Nous avons continué en direction de la Pierre plantée : les pierres plantées délimitaient les territoires des communes de la Mure et de La Motte d’Aveillans. Ces communes rivales s’affrontaient sur des problèmes de bûcheronnage et de pâturage, et ce bornage avait été commandité par l’évêque de Grenoble pour y remédier.

 Plus nous prenions de l’altitude, plus nous profitions de la vue à l’ouest sur les contreforts du Vercors qui s’étendait de tout son long, de plus en plus majestueux. Comme les indications étaient très approximatives, nous avions le nez planté dans la carte tous les 100 mètres pour savoir dans quelle direction continuer, à chercher des traces… nous n’avancions pas très vite. Nous avons donc décidé de ne pas faire le détour pour voir la pierre plantée et de continuer sur le Sénepy.
Nous nous perdions régulièrement, nous ne trouvions pas notre chemin, notamment à cause des nombreux sentiers dessinés par les vaches. Ce fût un peu éprouvant, d’autant qu’avec Marius nous ne pouvons pas nous permettre de prendre n’importe quel chemin puisque lui ne passe pas partout… Nous étions dans une situation où nous attendions les panneaux indicatifs (parfois pas très clairs) comme on attendrait un oasis dans le désert… Ce manque de précision était un peu limite…

Sur notre chemin, nous avons croisé pas mal de vaches, et, aspect pratique avec un âne : nous trouvions pas mal d’abreuvoirs dans lesquels Marius pouvait se désaltérer. Pour ce qui est de l’ombre, c’était un peu plus compliqué : pas un arbre en vue! 

Les vaches ont la belle vie !! (et ça marche aussi avec « vue »… 😉

Après avoir tourné et viré, nous avons amorcé notre descente vers le col du Senepy vers 14h30 (1526 mètres). Au détour d’un sentier, nous avons rencontré Didier et Geneviève, un charmant couple qui nous a accompagné jusqu’au col. Nous avons pu échanger à propos des diverses randonnées que nous avions faites, nous leurs en avons conseillé quelques unes, etc. Eux non plus n’était pas satisfait du balisage des sentiers et s’étaient aussi trompé de chemin à plusieurs reprises.

Nous avons poursuivi sur la Serre de Combette. La vue y est particulièrement étendue : du Taillefer au Dévoluy, des Ecrins au Vercors, les massifs étalent leur paysages de cimes devant nous, impressionnés par ce magnifique spectacle.

La longue descente (de 1526 à 816 mètres d’altitude) se poursuivait sur une piste forestière ponctuée de ponts canadiens (système de confinement des grands animaux -sauvages ou domestiques- qui permet de se passer de barrière mobile, en laissant, dans un système de clôture, une ouverture permettant la libre circulation des piétons et des véhicules). Un éleveur qui descendait en 4×4 s’est arrêté à notre hauteur pour nous demander ce que nous faisions. Lui, descendait chercher l’éleveur d’un des troupeaux de vache car une des vaches avait vêlé, et son veau était en plein soleil.

Nous avons quitté la piste pour un sentier à travers bois. Au début, il était facile avec de l’herbe très verte, mais il est rapidement devenu plus raide, d’autant que la pluie avait raviné les chemins, bref un chemin qui, avec Marius, demande concentration et prudence. Un arbre en travers du chemin nous a contraint à passer par un autre sentier pour le contourner mais qui s’est terminé en cul-de-sac, envahit de ronces et  de troncs, et nous ne trouvions plus moyen de retourner sur notre chemin initial. Nous avons fini par trouver une alternative qui a nécessité quelques manoeuvres car nous étions proche d’un ravin : marche arrière pour Marius ! Ces désagréments ont été atténués par les nombreuses mûres que nous trouvions sur notre chemin et dont nous nous sommes gavés. Nous mangeons peu de fruits, et ces mûres et les autres fruits que nous trouvons en général sur notre chemin viennent combler un peu ce manque et nous font faire le plein de sucre, essentiel pour la marche. Marius a aussi eu sa part évidemment 🙂
Avant d’atteindre le hameau du Pellenfrey, nous avons croisé un berge des temps moderne qui allait chercher ses brebis en quad… Puis nous sommes tombés sur un domaine équestre assez important, certains chevaux étaient en liberté, sans clôture : je me méfie toujours un peu de leur réaction vis-à-vis de Marius, car si lui reste indifférent, avec les autres on ne sait jamais. Nous avons pu profiter de quelques points de vue sur des montagnes que nous avions côtoyées de près l’an dernier, séance souvenirs dans ma tête…
Dans chaque hameau nous croisons des fontaines, et chaque fois, c’est la tête la première que nous y plongeons pour nous rafraîchir. L’air devient sec et la chaleur se fait bien ressentir. La fontaine du hameau de St Arey n’a pas dérogé à cette règle 🙂 Nous y avons aussi fait une pause casse croûte pour grignoter un morceau de fromage.
Nous avons longé le Drac, un torrent agité de 130 kilomètres qui délimite le plateau de la Matheysine à l’ouest (séparation avec le Vercors) et au sud (séparation avec le Trièves), et qui prend sa source dans la région voisine des Hautes Alpes pour se jeter dans le barrage de Monteynard à l’ouest. Nous nous trouvions sur la Matheysine et nous dirigions vers le Trièves.  
Nous avons croisé plusieurs barrages hydro-électriques sur le Drac. Au total il y a 4 grands barrages sur le Drac qui produisent annuellement 1700 GWh : le Sautet, Cordéac, St Pierre-Cognet et Monteynard.
Nous sommes chaque jour un peu plus proche du Mont Aiguille!

En dessous du hameau de Cognet, vers 21 heures, nous avons passé un petit pont romain en face duquel se trouvait une de ces centrales. Peu après nous avons rejoint un hameau de la commune de St Jean d’Hérans. Une longue journée : nous avons pas mal tourné en rond, souvent consulté la carte, démandé aux passants si nous étions sur la bonne route, fait quelques détours et donc perdu pas mal de temps. Nous n’avions plus d’eau, notamment pour Marius, et nous avons entamé la recherche d’un pré où passer la nuit.
Dans le hameau, nous avons demandé  à un monsieur, assis devant sa maison où nous pouvions trouver une fontaine, nous y sommes allés puis il est revenu nous trouver car il s’est rappelé que l’eau n’était pas potable, et nous a proposé de passer la nuit chez lui ! Nous avons trouvé une place pour Marius dans son jardin, c’est toujours un soucis car chez les particuliers, nous craignons chaque fois qu’il ne se régale des arbustes et autres plantes du jardin.
Et nous avons donc passé la soirée avec Gilles. Une soirée très intéressante où nous avons appris pas mal de choses sur la vie de la région, notamment que la centrale hydro-électrique que nous avions croisé avait été construite dans les années 50 (en 1957), et que sa maison avait été construite, avec 13 autres, par EDF, pour les gens qui travaillaient dans la centrale. Ces maisons ont ensuite été abandonnées pendant de nombreuses années avant d’être remises en vente par EDF, restaurées, et elles forment maintenant un nouvel hameau de St Jean d’Hérans.

Nous avons également longuement parlé des mines qui ont fait la richesse de la région, dans lesquelles on extrayait l’anthracite. Il nous expliquait que le Senepy était par conséquent truffé de galeries. A tel point que peu avant la fin de leur exploitation, de puissantes machines avaient remplacé les piolets pour leur exploitation et leurs impacts beaucoup plus violents avaient entraîné l’effondrement de 2 maisons (heureusement inhabitées) dans des galeries. Une soirée donc très instructive et très intéressante avec Gilles, qui est aussi très tournés vers l’environnement et l’alimentation saine. 

Tags : mariusrandonnéesenepysignarauxsolidarité élisast areySt jean d’Herans

2 commentaires

  1. Toujours aussi efficace, le GPS !!!
    Vous avancez bien quand même…de tout coeur avec vous et une pensée pour moi lorsque vous croisez des vaches, c’est mon animal sacré !!!! :))))Bisous

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