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Marius dans les écrins 2012

14 août : Marius 1 – Les vaches 0

Après cette journée de repos, levé à 7 heures réussi ! Nous avons pris notre temps pour nous préparer et régler les derniers détails : aller récupérer Marius dans son parc, donner un coup de main à nos hôtes pour quelques bricoles, refaire nos sacs, revoir le parcours et profiter pour cela des conseils avisés de Yohann pour apporter les dernières modifications et mises à jour.

Comme tout problème a une solution, nous repartons avec un bât comme neuf : après en avoir vainement cherché un de remplacement, Yohann m’a offert de récupérer les sangles d’un de ses bât cassé. J’ai donc adapté ces sangles sur le bât de Marius : royal ! Encore un grand merci pour tout Yohann et Babette !
Marius et ses acolytes du Lou Pa de l’Aze


Départ vers 11h30, avec un col assez difficile pour commencer, mais qui serait la seule grosse ascension de la journée, pour le reste nous avions majoritairement de la descente. Nous sommes donc partis de 797 mètre d’altitude pour monter à 1356 mètres au col du plan du Collet. L’ascension assez ardue, s’est faite dans une belle forêt de résineux et de feuillus, une de ces forêts qui emplit nos sens de senteurs délicates et de fraîcheur et nous offre au hasard d’un chemin quelques baies : fraises, framboises et autres fruits rouges qui font le bonheur de nos papilles !

Pour ce qui est des panneaux indicatifs qui ponctuent le chemin, on s’éloigne de la délicatesse! Ils sont souvent trompeurs, annonçant par exemple 700 mètres quand il reste 2 kilomètres de montée. Si dans notre cas ce n’est finalement pas si grave (sauf pour le moral car on se prépare ä arriver bientôt et on continue à marcher, marcher sans jamais arriver), je trouve que ce n’est pas très sérieux quand il s’agit de familles avec enfants. Et ce n’est malheureusement pas la première fois que nous constatons ce genre d’erreurs dans la région.

Environ 50 mètres avant l’arrivée au col, nous avons quitté la forêt qui nous préservait de la chaleur pour un sentier en plein cagnard, abandonnant les senteurs de sève, et autres plantes pour de lourdes odeurs de vaches : un contraste saisissant ! Mais nous y avons aussi trouvé un champ de chardon, pour le plus grand bonheur de Marius qui s’en est goinfré sans relâche 🙂 Ce n’est pas une légende, les ânes raffolent des chardons!

« Trop chouette, des chardons, j’adore !! »

Nous avons clôturé cette ascension vers 14 heures par une pause déjeuner bien appréciée. Notre itinéraire empruntait ensuite une piste forestière tout en descente, assez abrupte. Nous avons retrouvé l’air frais mais à un moment donné, nous nous sommes retrouvés complètement coincés devant une coupe de bois de l’ONF (Office National des Forêts). 


Personne n’y travaillait et tous les arbres avaient été laissés en travers du chemin. Passer en dessous était trop dangereux, et par-dessus, délicat à cause de tous les branchages sur les troncs. Je me suis engagé avec Marius en essayant de passer par-dessus les troncs : nous nous sommes enfoncés dans les branchages comme dans de la neige. Nous marchions sur les branchages en trouvant tantôt un tronc, tantôt un trou et Marius était complètement paniqué à l’idée de ne pas savoir où il posait ses sabots. 



J’ai fini par renoncer à cette traversée incertaine : Joëlle est venue débâter Marius avant que je ne le reconduise en arrière puis nous avons cherché un passage alternatif dans la forêt en contre-haut de ce chemin inaccessible. La mousse au sol donnait à nouveau cette impression de s’enfoncer, il a aussi fallu composer avec Marius pour qu’il se fraie un chemin entre les arbres, mais nous avons fini par le faire passer de l’autre côté. Ensuite il a fallu retourner récupérer les sacoches et le bât restés de l’autre côté des troncs… Une heure de perdue, et nous avons pesté contre ce travail à moitié fini, qui selon ce que nous avons entendu, est depuis 10 jours dans cet état ! Si un incendie venait à se déclarer, l’accès aux véhicules serait impossible… Il a fallu ensuite rassurer Marius, le re-bâter et repartir, un peu éprouvé par cet épisode.


Plus loin, nous avons retrouvé la départementale qui nous menait au village d’Oris-en-Rattier où nous avons eu le bonheur de trouver une fontaine et le plaisir d’y plonger nos têtes, assommées par la chaleur (sur les routes nous sommes très exposés au soleil et le goudron amplifie cette sensation de chaleur). A la sortie du village, nous avons pu voir la Mure à l’ouest et plus loin, nous devinions l’imposant Mont Inaccessible (plus connu sous le nom du Mont Aiguille).


Après un long passage à suivre la route, nous avons pris un sentier pour rejoindre le vallon du Rif Bruyant. Nous y avons croisé un troupeau de vaches guidé par leur bergère pour rentrer à l’étable. Si Marius est resté très calme, les vaches, elles, impressionnées par ces deux grandes oreilles et cet étrange accoutrement de sacoches étaient effrayées. A tel point que la bergère avait du mal à les diriger… Marius : 1 – Les vaches : 0. 😉

Dans le vallon du Rifbruyant, nous avons suivi les eaux tumultueuses du torrent dans de verts sous bois : un ravissement ! 


Vint ensuite le hameau du Molard, celui du Moulin de Fontagnieu, où nous avons rencontré un couple d’agriculteurs d’un certain âge qui avait l’habitude de voir passer les ânes de Lou Pa de l’Aze mais dans l’autre sens et qui s’étonnaient de nous voir remonter la vallée, puis les hameaux du Fontagnieu, et du Plan. 

Les paysages ont certes changés, mais globalement, l’architecture aussi. Les toitures en ardoise ont remplacé celles de tôle ondulée que nous voyions dans les Ecrins. Nous avons d’ailleurs vu, en descendant du col d’Ornon, une rivière dont le lit s’était formé dans de l’ardoise, cette roche qui se distingue par la qualité de son grain et sa fissilité (qui se divise facilement) et qui font qu’elle peut être utiliser comme matériau de couverture. 
Les clochers des églises sont également plus fins que les clochers massifs des écrins, agrémentées d’une flèche en leur sommet. Tout paraît un peu plus raffiné, sans doute cela se justifie historiquement.


Nous étions censés suivre le GR sur une partie de ce trajet mais vu l’heure tardive, nous avons décidé de continuer sur la route. Vers 20 heures, nous avions atteint le hameau des Mazoirs. 

J’aime tous ces hameaux et villages que nous traversons, qui donnent l’impression que rien n’a été fait depuis 30 ou 40 ans, et me rappellent mon enfance : pas de trottoirs, des fils un peu partout… Le temps semble s’y être arrêté et leurs pierres, gardiennes des récits et évènements qui ont fait leurs histoires, restent muettes mais en disent long et participent au charme de ces lieux. 

En arrivant aux Mazoirs, les gens sont sortis en nous voyant traverser le hameau et sont venus à notre rencontre. Je leur ai demandé s’ils avaient un terrain sur lequel nous pourrions passer la nuit, et ils ont appelé leur oncle qui nous a permis de nous installer sur son terrain. 


En face de notre lieu de campement, nous admirons à nouveau le Taillefer mais sur son flan ouest cette fois et nous nous remémorons les bons souvenirs de nos randonnées passées, les paysages somptueux et les nombreux lacs d’altitude que nous avions pu y admirer.


Nous sommes à 6 kilomètres du village de La Morte, et demain soir nous devrions atteindre Cholon. Vous pouvez maintenant suivre nos prochaines étapes un peu plus haut sur cette page, dans la colonne de gauche.

Tags : oris-en-ratierrandonnéerif bruyantsolidarité élisaValbonnais

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