close
Marius dans les écrins 2012

11 août : Marius versus les premières voitures qui ont remplacé les ânes et autres équidés

La nuit fût moins bonne que la veille… Un animal est venu grogner à l’extérieur de la tente… Sans doute un chien, mais dans ces moments là je m’inquiète toujours un peu vis-à-vis de Marius. J’ai donc fini par sortir, crier un peu mais j’ai eu des difficultés à m’endormir car mon imaginaire travaillait trop 😉

Nous avons pris le départ vers 9h15 alors que le réveil avait sonné à 5 heures… la fatigue se fait sentir et les réveils sont de plus en plus difficiles ! Il nous restait 5 kilomètres et demi de route avant d’arriver au col de Sarenne. Pas très joyeux, d’autant qu’en partant tard nous avons eu vraiment chaud, surtout au début. Au fur et à mesure que nous montions, l’air se faisait plus frais mais pas suffisamment pour que nous puissions l’apprécier… Les nombreuses fontaines en chemin nous ont permis de nous asperger bras, nuque et visage pour nous rafraîchir. 


Sur la route, Marius se régalait des boutons fanés des nombreux rosiers qui bordaient la route. Aujourd’hui dans une forme relative et plus intéressé par les arrêts dégustation (c’est un vrai gourmand ce Marius :), nous l’avons laissé profiter de ce met dont il raffole !

Mmm, ils sont bons ces rosiers !

Nous suivions donc cette petite route pastorale assez fréquentée car elle monte au col qui permet d’atteindre l’Alpes d’Huez. Et si à pied ce n’est pas forcément une partie de plaisir, les motards, automobilistes et autres cyclistes s’en donnent à cœur joie. Nous avons était doublé par un groupe d’une vingtaine de motards en Harley Davidson, puis une grosse centaine (!!) de voitures de collection qui participaient à un rassemblement. 


Une amusante animation sur notre parcours que de voir toutes ces voitures d’avant guerre, d’après guerre, qui ont marqué notre jeunesse, 2CV, tractions et j’en passe ! Le tout dans une ambiance assez joyeuse : la plupart des conducteurs avaient l’air ravis et nous faisaient de grands signes. Assez cocasse aussi de penser que c’est notamment avec l’apparition de ces voitures que les ânes et autres équidés ont été relégué au rang d’animal de loisir entraînant le déclin de leur élevage et une réduction drastique de leurs effectifs… En tout cas un moment vraiment sympathique !

Nous avons atteint le col vers 11h45. Nous y avons retrouvé toutes les voitures garées en file indienne, certaines n’ont pas réussi à atteindre le sommet, mais les dépanneuses suivaient. Et une des tractions a dû finir son ascension poussée par d’autres conducteurs afin de basculer dans la descente et pouvoir redémarrer 😉

A notre arrivée, un homme surexcité se dirige vers nous sans que nous comprenions vraiment de qui il s’agit. Au début il nous posait des questions à notre sujet, je pensais qu’il faisait parti du groupe d’automobilistes mais il s’est avéré qu’il était le tenancier du refuge, sacrément remonté à la vue de toutes ces voitures qui « polluent la montagne, ne sont pas taxées au titre de voitures de collection, sont bruyantes… » et j’en passe. Et, cerise sur le gâteau, elles étaient en plus accompagnées d’un hélicoptère ! Il y avait à proximité l’altiport de l’Alpes d’Huez qui, il est vrai, générait pas mal de trafic aérien.

Ce Monsieur après avoir partagé sa colère nous a ensuite invité à boire un verre. Nous avons donc débâté Marius avant de le rejoindre. Il était expert dans tout ce qui touchait au domaine des énergies renouvelables et mettait en application ses connaissances sur son refuge. Il parvient ainsi à l’autonomie complète grâce à des éoliennes particulières, beaucoup de panneaux solaires, ou encore le traitement de ses eaux usées (il avait même construit un étang artificiel dans lequel se déversaiemt les eaux usées retraitées qui étaient en effet limpides). 
L’étang artificiel de récupérage des eaux
Mais il était aussi un ayatollah de l’écologie en général et se montrait très intransigeant envers ceux qui ne faisaient pas comme lui aurait fait (y compris envers certains modes de constructions dits écologiques mais vraisemblablement pas assez efficace à son goût…). L’écologie et l’environnement sont certes des sujets qui nous touchent aussi, mais qui pour nous s’accompagne aussi de certaines valeurs dont celle de la tolérance notamment qui manquait chez cette personne.

Et c’était sans compter sur sa femme… Elle s’occupait de la restauration, bio évidemment, avec des prix sacrément « bio » également ! 20€ pour une tranche de jambon de pays, un micro taboulé, 2 morceaux de saumon, et une petite tranche de pâté… on sent mieux passer l’addition que le repas dans son estomac… 2 heures après, nous avions à nouveau faim. Nous avions renoncé au plat avec un petit morceau de poulet à 30€ mais avons quand même tenté le café (soluble) pour nous réveiller : 3€…! Et gardez-vous de commander un Coca (à moins que vous ne souhaitiez entendre tout l’argumentaire anti-Coca) ! Cela dit, le jus d’abricot qu’elle proposait à la place était, je dois lui accorder, un des meilleurs que j’ai bu (fait maison, sans conservateur, cueillis mûres sur l’arbre… et sans doute écrasé dans ses pieds pour être réduits en jus ! 😉
Lorsque 3 jeunes randonneurs sont entrés pour demander à faire remplir leurs gourdes ils ont eu droit à un « Je suis prête à le faire mais si vous consommez car ce n’est pas la Croix Rouge ici ». Nous avons été assez surpris de cette réponse (d’autant que leur eau provient sans doute d’une source alentour…). Les jeunes gens ont été très polis et n’ont rien dit, mais j’ai été les voir pour leur indiquer qu’ils pourraient trouver des sources sur leur route (ils prenaient la route par laquelle nous étions arrivés). Ils venaient de Paris pour 8 jours de trek dans les Ecrins et ont eu la gentillesse de nous prendre en photo avec Marius.

Vers 13h45 nous levons le camp, après avoir croisé le tenancier du refuge en train de se faire interviewer par une équipe TV au sujet de ses installations écologiques. Ce refuge ne nous laissera pas un très bon souvenir, car même si ce Monsieur s’est montré accueillant, nous l’avons trouvé un peu trop catégorique et sa femme manquait de sympathie, quant aux tarifs pratiqués…

C’est dommage car cet homme est un puit de savoirs qu’il devrait faire partager de façon moins virulente pour les transmettre. Convertir les gens à son échelle c’est aussi faire avancer et progresser les mœurs écologiques et tout ce qui peut en découler. Avec le passage qu’il y a à ici, il ferait des merveilles… et le lieu est vraiment superbe.

Nous savions que nous n’avions quasiment que de la descente à partir de ce col, via le GR54 qui suivait le chemin de la Sarenne, sur une piste de gravier menant à Huez. Depuis probablement l’installation des hommes dans la région, La Garde-en-Oisans et les autres villages situés au-dessus, Auris, Huez, ou le Villard Reculas, n’étaient reliés à la plaine du Bourg d’Oisans que par ce sentier muletier dit chemin de la Ferrière. Ce type de chemin de deux ou trois mètres de large au maximum, plus ou moins bien pavé lorsque cela est nécessaire, de pentes fort irrégulières, n’est accessible qu’aux piétons et aux mulets chargés de bâts. Depuis 1997, une route alternative permet l’accès aux villages. Marius traînait encore un peu des sabots (ce n’était décidemment pas son jour) et préférait les bordures recouvertes d’herbes au gravier (tant pour ses sabots que pour son estomac ;).


Après cette piste et la traversé (sans que Marius ne fasse trop d’histoires) d’une rivière, nous avons retrouvé le groupe de cavaliers rencontrés la veille avec lesquels nous avons discuté un petit moment puis nos chemins se sont séparés puisqu’ils se dirigaient vers le nord tandis que nous prenions la direction opposée. Nous nous sommes enfoncés dans une forêt de feuillus et de pins : la fraîcheur qu’elle nous procurait a été très appréciée ! 

Une forêt… enfin ! 🙂

Nous avons également fait notre entrée dans le Massif des Grandes Rousses. Passage ponctué de nombreuses remontées mécaniques mais fort agréable.

Point de vue en sortie de forêt

Apres notre passage dans le massif, nous avons fait un arrêt à l’auberge de la Combe Haute pour y déguster une glace car nous avions vraiment faim… En reprenant la route, nous sommes tombés sur un adorable pont romain, avant de quitter cette foret en arrivant à Huez. Nous y avons rencontré une dame qui venait de reprendre un restaurant qui avait mauvaise réputation, et qui nous contait les difficultés qu’elle avait à reconquérir la clientèle. Nous avons pu profiter d’un magnifique point de vue sur l’Oisans et le Taillefer, montagne que nous avions gravi l’an dernier.


Nous pouvions également voir derrière nous la vallée du Ferrand que nous venions de parcourir pour arriver là!

Nous avons continué sur une petite route touristique qui surplombait Bourg d’Oisans de si haut que le village était minuscule et me donnait quelques sensations de vertige, pour arriver à Villard Reculas, 3 kilomètres plus loin. C’est un très joli petit village magnifié à notre arrivés par les rayons du soleil obliques qui venaient s’engouffrer dans les ruelles. Puis nous avons panté la tente non loin du village et en face du Taillefer, débâté Marius, mangé et dormi !

Demain, notre étape nous mènera au col d’Ornon ! 

Tags : randonnéerefuge col de Sarennerefuge du col de Sarennesolidarité élisavillar reculas

3 commentaires

  1. Nous avions rencontré Marius l’an dernier au col de Sarennes. Une belle rencontre ! qui nous as bien remonté le morale sur cette étape assez difficile.

    Et quel plaisir de reparcourir les sentiers des écrins à travers ce blog ! Les paysages, les sensations… c’est comme si on y était.

    Amusez bien sur le sentier de Stevenson cette année. Et continuez comme ça, votre projet est génial 🙂

    signé : un des trois randonneur assoiffé – qui vient de retrouver ce site un peu par hasard

  2. Vous êtes au paradis! Quels paysages !!!
    Je suis d’accord avec toi : être en harmonie avec la nature, la protéger, l’aimer…signifie qu’on savoir l’accueillir, comme on doit savoir accueillir nos « frères humains » avec une certaine générosité. Sinon ce n’est que du prosélytisme et l’écologie, comme d’autres valeurs, ne doit pas devenir une religion intégriste !!!! Bonne route à vous trois !!!

  3. Salut Stéphane

    Si je comprends bien pour Marius il s’agit d’une randonnée culinaire. Pour le bio la qualité a un prix!!!! il faut tenir une année, la saison est courte.
    Bonne continuation

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !