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Marius dans les écrins 2012

10 août :  » ♫ Je descends de la montagne ♪ avec mon âne ♫ … ohé! ♪ »

Après une excellente nuit nous avions décidé de nous lever à 5 heures pour rattraper le retard accumulé. Finalement il sera presque 7 heures lorsque nous avons émergé. C’est le carillon des cloches d’un troupeau de vaches venu s’abreuver au bord du lac qui nous a sorti de notre torpeur.

Marius, un peu apeuré par tout ce tintamarre et par les vaches très curieuses qui venaient sentir un peu tout ce qu’il y avait autour de lui était intrigué. Ce sont pourtant ces mêmes vaches que nous avions croisé la veille.

Marius : « Y a quelqu’un? Réveillez vous! C’est l’invasion des vaches là, ne me laissez pas tout seul! » 😉

Nous avons fait vite pour lever le camp, et à 8h30, c’est le départ. Nous étions à 2371 mètres d’altitude et il faisait frais… Les soins de la veille sur mon genou avaient fait leur effet, plus de douleur et je pouvais a nouveau gambader comme une chèvre 🙂

Notre Marius national qui arbore fièrement son drapeau 🙂

Puis, grande première, nous sommes montés à plus de 2450 mètres d’altitude : la première fois pour nous ! Assez rapidement nous avons retrouvé le second lac d’altitude du plateau d’Emparis : le lac noir. La encore ses eaux retenaient tel un miroir le reflet du glacier de la Meije… splendide !

Le lac Noir
Autour de ce lac, 3 tentes et des campeurs sur le départ qui avaient sans doute dû se régaler du même spectacle que nous la veille !
Nous avons ensuite amorcé une longue descente du plateau. Les 4/5 premiers kilomètres fûrent très techniques, beaucoup de roches et des passages assez compliqué pour Marius. Nous avons perdu beaucoup de temps sur ce passage car si Marius sait y aller avec prudence, une fois son sabot bien posé et stabilisé, il ne pense qu’à aller brouter la touffe d’herbe d’à côté… ! Je ne le lâchais donc pas d’un œil et le rappelais à l’ordre assez souvent. Un passage vraiment long et pénible.

Le plateau qui nous attendait ensuite était heureusement plus tranquille. Dans la descente après le lac noir, nous avons croisé plusieurs lacs asséchés, notamment le lac cristallin. On se questionne et on s’inquiète quand on voit ça… il se pourrait que dans quelques décennies, si les glaciers continuent à fondre, les lacs s’assèchent et disparaissent petit à petit. Quand je repense à la magie du spectacle d’hier soir j’ai de la peine à m’imaginer que tout cela pourrait un jour disparaître… En attendant, heureusement les gens peuvent encore en profiter puisqu’ils peuvent se garer juste en bas du col et venir tranquillement en voiture pour consommer du paysage sans effort et sans mérite… S’ils avaient pu faire un parking au bord du lac ça aurait quand même été mieux tant qu’à faire !
Dans la même idée, nous constatons que sur la Meije, on trouve des remontés mécaniques pour faire du hors piste alors que chaque hiver on nous rebat les oreilles pour nous mettre en garde du hors piste, voilà qu’on aménage des structures pour le vulgariser. Et terminé le mérite de ceux qui se donnaient du mal à escalader un sommet, skis sur le dos pour le plaisir de la descente dans des paysages vierges…

Il n’y a pas que les vaches dans les montagnes ! Troupeau de moutons croisés avant de rejoindre le GR

Après avoir quitté les lacs, nous retrouvons le GR54 que nous avions laissé pour voir les lacs. Nous poursuivons notre descente et nous dirigeons vers le col St Georges situé à 2054 mètres (le col où se situe le parking auquel je faisais référence…). Arrivé là-bas, c’est un sentier assez abrupte et étroit qui nous attend. La question se pose de passer par la route, mais le détour serait bien trop long et nous ne sommes déjà pas en avance par rapport à l’itinéraire que nous nous sommes fixé. Et avant de nous engager, nous croisons une famille avec un âne loué pour une randonnée qui nous indique que le chemin se fait bien malgré la pente. Nous prenons le soin de bien replacer le bât sur Marius, de sangler avec précaution pour ne pas risquer qu’il bascule et c’est parti ! Après quelques virages nous croisons à nouveau un couple avec un âne, le chemine st donc à priori régulièrement parcouru par des ânes. Nous avons même croisé à nouveau Michèle, rencontrée au bord du lac du Pontet l’avant-veille, qui accompagnait un groupe de plusieurs personnes.
Finalement tout s’est bien passé. Seul le dernier tronçon entre le col Nazié et la piste était plus dur que ce à quoi nous nous attendions car il descendait fort et sur une longue distance. Avant d’arriver au prochain village, nous avons fait une pause pour casser la croûte, et nous avons terminé vers 15 heures par une glace à Besse en Oisans, et une pause de 2 heures (en ayant pris le soin de dé-bâter Marius pour qu’il puisse aussi se détendre) bien méritée : nous avions déjà 900 mètre d’altitude de descente dans les pattes (Besse en Oisans se trouve à 1550 mètres) !

Alors que nous nous préparions avant de reprendre le départ, nous avons commencé à engager la conversation avec plusieurs cavaliers qui revenaient d’une balade sur le plateau. Nous avons notamment abordé un comparatif chevaux / ânes dont il est ressorti que les ânes étaient plus intelligents 😉 Nous avons consulté ensemble la carte pour la suite de notre trajet et avons remarqué un passage technique que nous avons communément choisi de contourner par la route. Arrivés à proximité de ce passage il s’est avéré qu’il était de toute façon interdit aux équidés, donc pas de regrets !

Point de vue sur le plateau, pas un arbre en vue !

C’est à partir de là seulement que nous avons commencé à retrouver des arbres et de la végétation alors que nous n’en avions quasiment plus croisé depuis Chazelet ! Le plateau d’Emparis et le chemin parcouru pour descendre jusque là n’était recouvert que d’herbe. Seuls les refuges cassaient la ligne d’horizon.


Nous avons poursuivi la descente jusqu’à 1270 mètre avant de remonter, toujours par la route, à Clavans-le-bas (1368 mètre d’altitude). Sur notre trajet nous sommes passés devant un cimetière protestant : à la fin des années 1500, avaient été reconnues officiellement dans la région 4 églises protestantes et une importante communauté de prostestants dans l’Oisans, mais moins de 100 ans plus tard, les pasteurs devaient quitter les temples suite à la révocation de l’Edit de Nantes en octobre 1685. Le cimetière des Huguenots de Clavans est un vestige de ce passé.

Cimetière protestant des Huguenots de Clavans

Nous avons poursuivi par la route (comme nous l’avait recommandé un des cavaliers afin d’éviter un passage difficile pour les équidés). L’étape du soir initialement prévue (le col de Sarène à 2000 mètres) n’était pas raisonnablement envisageable après notre journée, nous avons donc planté notre tente 400 mètres plus bas. Demain il nous faudra rattraper ce col et bien avancer car nous devons atteindre dimanche le col d’Ornon où Radio France et France 3 pourraient venir à notre rencontre.

Ce soir nous ne voyons plus les glaciers aussi bien que les jours précédents mais la vue reste remarquable. Nous avons maintenant quitté le plateau d’Emparis, définitivement une très belle étape ! Ce site est un remarquable belvédère sur les glaciers de La Meije qui présente de superbes panoramas sur les Alpes. En raison de son grand intérêt paysager, il bénéficie même d’une mesure de protection au titre de site classé, depuis 1991 (et à ce titre il ne peut être aménagé sans autorisation du ministre de l’Aménagement et de l’Environnement. A voir si l’occasion se présente 🙂

2 commentaires

  1. Bravo pour votre engagement!!!!
    Bravo à la tenue du Blog qui nous permet de vous suivre avec grand intérêt et plaisir!!!!
    Comptez sur moi pour un don.
    Et surtout : « BONJOUR A MARIUS »

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