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Ce matin, grasse matinée jusqu’à 6h15 !!!Je me lève tôt d’abord parce que la pluie est annoncée et ensuite comme je n’ai pas demandé la permission de dormir là, je préfère éviter la rencontre avec le propriétaire ou son troupeau !!
Le temps de tout ranger et on démarre vers 8H. Arrivé au village, je cherche l’épicerie…je tourne, je déambule dans toutes les ruelles, rien ! Je vois une pierre gravée : « Sous cet arbre, Stevenson s’est arrêté. »
Je demande à une dame que je croise. Elle me dit : « Il n’y a pas de café, ni d’épicerie ici, il faut aller à Ussel, c’est à une kilomètre et demi… » Quoi ? Je ne suis pas à Ussel ? La dame, très aimable, m’invite chez elle à boire le café.Elle s’appelle Catherine et son mari Hilaire. Ils ont un petit garçon de 3 ans et sont écolos. Ecolos au quotidien. Attentifs à la qualité de leur nourriture, de l’eau, de l’environnement, et éduquent leur fils dans cet esprit. D’ailleurs, j’apprécie les tartines de pain aux céréales recouvertes de confiture maison !
Un régal !!Nous parlons « écologie » un bon moment, puis je rebâte Marius donc les sacoches ont glissé et nous repartons tous les deux. Je cherche la sortie du village, en suivant le GR et nous marchons.

 Il y a du brouillard, le ciel est bas et j’entends le tonnerre au lointain. Puis une forte averse nous tombe dessus. Je ne comprends pas pourquoi nous n’arrivons pas à Ussel… nous avons fait plus d’un kilomètre et demi…!!!
Alors je branche le GPS, je ressors la carte et je m’aperçois que je suis dans la direction opposée !!!!
Zut !!! En fait j’ai pris le GR 40 au lieu du GR 70 et cette pierre m’indiquant que Stevenson s’était arrêté là  n’a fait que confirmer mon erreur d’aiguillage  !
Bon, ben …j’ai plus qu’à faire demi-tour et au retour, on reprend la même averse au même endroit !!
A croire qu’elle nous a attendus, celle là !!

Vers une 12h45, j’ai faim ! Nous sommes enfin à Ussel et il y a là un petit restaurant : « Chez Monique ». Pas très sympa, l’accueil. Je demande à manger dehors pour avoir un oeil sur Marius. Et j’attends. 10 mn. Je redemande à être servi. Et j’attends encore 10mn. Personne ne s’occupe de moi. Du coup, je me lève et je pars sans manger, malgré les protestations de la patronne « qui m’avait oublié » !!!

 Chemin faisant, je rencontre un écossais, Méry, qui me confirme que ce restaurant n’est pas accueillant. Nous marchons un peu ensemble.Je lui demande son avis sur ce qu’écrivait Stevenson, à savoir que le Velay ressemble à l’Ecosse. Il répond « oui, un peu, mais plus du tout quand on descend vers le sud ».
A Ussel, si l’on en croit la légende, « le bât de l’ânesse Modestine a mordu la poussière et Stevenson a du porter lui-même son bagage, sous les sarcasmes des gens du pays.. »
 Méry a fait 2 fois le chemin de Compostelle et là il découvre le chemin de Stevenson. Il marche bien et vite. Moi je trouve un pré bien vert et je m’arrête pour manger enfin vers 13h30 !!!
Je reprends la route dans le froid et le brouillard qui s’épaissit de plus en plus. On n’y voit pas à 50m. Ambiance très étrange. J’ai du mal à me repérer, je ne vois pas les paysages. Impression d’être dans une bulle de nuages, dans un autre monde, un peu comme dans les films fantastiques ! Les chemins sont beaux et praticables, bien que très mouillés, je suis sur des plateaux donc plutôt plats avec de temps en temps une bonne côte où il faut mettre un coup de collier, comme pour arriver à Bargette, à 1085m, avec un beau dénivelé. Bargette dans la brume ressemble à un village fantôme, silencieux. J’ai besoin d’eau et je frappe aux portes. Personne ne répond. Il y a pourtant des voitures devant les maisons. J’entends un son de télévision, mais dès que je frappe, le son s’arrête. Etrange impression. Enfin une porte s’ouvre et un jeune homme remplit mes gourdes.

Après Bargette, heureusement, il y a un tunnel qui permet de traverser sous la départementale, car traverser une route avec ce brouillard qui semble aussi étouffer les bruits, m’inquiétait un peu. J’avance et je devine que je passe près du lac de Péchet car il y a une pancarte qui l’indique, mais je ne vois rien, j’entends seulement quelques grenouilles.C’est assez surréaliste ! Et dommage pour le lac ! Je prends quelques photos et dans mon objectif, j’aperçois une silhouette humaine. Je sursaute. On a l’impression d’être seul dans un tel paysage ! Le jeune homme s’approche : c’est un randonneur qui fait le « Stevenson « aussi . Il vient d’Aix les Bains.Nous continuons ensemble, en faisant attention à ne pas nous perdre car il est facile de se tromper de chemin avec le peu de visibilité que nous avons.
Nous sommes dans un pays de volcans, avec ses pierriers et la terre qui change souvent de couleur ici. Elle est tantôt rouge, tantôt noire ou grise, quand elle est volcanique.
Au flanc de la montagne de Preyssac, nous passons près d’une carrière volcanique en activité d’où l’on extrait la pouzzolane, pierre légère qui sert à la décoration des massifs mais aussi au filtrage des fosses septiques.

Vers 17h30, nous arrivons au Bouchet St Nicolas ( 1025m) et je jeune homme décide de s’arrêter là dans un gite. Avec Marius, on fait une pause un peu plus loin, sur une place. Je change mes chaussettes qui sont trempées et pleines de boue. J’ai les pieds gelés.Si je continue, je sens que je vais attraper une bonne crève. Je décide de rejoindre le gite que le jeune homme m’a indiqué, pour y passer la nuit. Je pourrais me réchauffer et surtout , faire sécher les sacs et toutes les affaires qui sont trempées.
Dans ce gite de La Retirade nous sommes très bien accueillis. La « retirade » signifie en patois : « gite très chaleureux loin de chez soi » et c’est le cas! Emilie en est la gérante et l’accueil est vraiment très sympathique !
Le jeune couple est chaleureux et pour 30€, ils offrent un repas succulent et une nuit en dortoir. Marius est accueilli dans un pré derrière la maison. Là, je retrouve l’écossais Méry et le jeune homme rencontré l’après midi. Repas convivial avec des randonneurs et nous parlons d’ânes, de randonnées, de Stevenson….Le repas est délicieux, les convives chaleureux et ça réchauffe le corps et le coeur après une journée passée dans le brouillard et le froid.

3 commentaires

  1. Coucou Stéphane,
    tes impressions me rappellent des portions du chemin de St Jacques… parfois un accueil très froid, mais surtout de belles rencontres et de belles soirées en gîte. Mention spéciale pour l’étape qui m’avait amenée à Ronceveaux, en plein brouillard… « ah tiens, ça descend maintenant, on doit être au col » « ah tiens,on entend des gens, c’est déjà Ronceveaux plus bas? »
    La bise et au plaisir de te lire

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