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Chemin de Stevenson 2012

Jour 9 / C’est l’ascension…du Mont Lozère !

Ce matin, aux Alpiers, j’ai du mal à me lever. Je sens les rayons du soleil taper sur la tente et j’ai besoin de me réchauffer, alors je reste encore un peu dans le duvet et je me lève à 8H.
Départ du campement à 9H30 et j’arrive aux Bleymards par un joli sentier. J’attache Marius et je vais boire mon petit café. Là je rencontre Arnaud, que j’avais croisé dans le brouillard il y a quelques jours et un groupe de quatre personnes ( trois femmes et un homme) rencontrés au Bouchet St Nicolas. On boit donc le café tous ensemble et c’est sympa. Je demande à Arnaud s’il veut faire un bout de chemin avec Marius et moi et il accepte bien volontiers.

Le chemin de Stevenson traverse le village des Bleymards, encore un  joli village typique et ensuite,on commence à grimper … ça grimpe même bien !  Le paysage est déjà différent ici.

Des Bleymards, à 1069m, nous arrivons au col du Santel (1212m). Nous nous arrêtons au col de Santel pour déjeuner avec Arnaud puis nous continuons sur la piste jusqu’à 1421m pour arriver au chalet de la station de ski du Mont Lozère !
Tiens.. à la station, revoilà la chienne berger allemand qui a suivi les allemands (entre compatriotes) et on se dit que notre écossais ne doit pas être bien loin non plus ! ( voir épisodes précédents !) …
C’est un plaisir de rencontrer les autres randonneurs, on se suit depuis le début tantôt les uns plus en avance que les autres mais on finit  toujours  par se retrouver !

De la station du Mont Lozère, on grimpe jusqu’au sommet de Finiels (1699m) en passant quand même  de 1421m à 1699m ! Enfin, on monte doucement et ça se fait bien !
La piste est une « draille ». Les drailles sont les premières voies de communication à travers les Cévennes, qui ont été tracées naturellement par les animaux sauvages, puis par les troupeaux domestiques.Leur tracé est rectiligne le long des crêtes. D’un côté la draille est balisée par des « montjoies », pierres dressées qui servaient et servent encore au voyageur à retrouver sa route par temps de brouillard ou de neige. La végétation est très rase : herbes courtes et bruyère, quelques arbustes. Le Mont Lozère est assez dénudé, souvent balayé par le vent.

Tout en haut, comme le ciel s’est dégagé et qu’il fait beau, on peut voir les sommets enneigés des Alpes, les hauts sommets du Cantal et je vois même… le Mont Ventoux ! Une pensée pour vous, mes amis!!
Derrière nous, le chemin traversé, montagnes et vallées et devant, toutes les Cévennes, « les collines bleues » comme disait Stevenson car c’est vrai qu’avec cette lumière, elles semblent bleutées.

Dans son lyrisme, Stevenson s’exprime ainsi :  » Tel le vaillant Cortez, quand, avec des yeux d’aigle, il fixa le pacifique, il prit possession en mon nom d’une nouvelle partie du monde, car voici que s’offrait à moi une échappée sur l’air brumeux du ciel et un labyrinthe de collines bleues à nos pieds ! »

Après avoir contemplé l’horizon à 360°, les yeux éblouis par le paysage, nous sommes redescendus…assez forte, la descente,  je dois dire…Un joli chemin plein d’herbe très humide et Marius glisse un peu …puis 800m de pierrier très difficile. Le guide conseillait de l’éviter, mais on ne pensait pas que ce soit si difficile…
Les chevilles et les genoux sont mis à l’épreuve et il faut surveiller Marius aussi !! On arrive au bas du pierrier éreintés avec Arnaud…et on a perdu beaucoup de temps.

Nous sommes dans la forêt domaniale du Mont Lozère, une forêt exploitée. L’orage tourne autour de nous et on se doute qu’on va le prendre en sortant de la forêt…Et en effet, au sortir de la forêt, grosse averse, avec vent et petits grêlons en prime !
Le vent souffle très violemment depuis ce matin, mais dès qu’on est en forêt, on en est protégé,ce qui explique les différences de température en permanence, qui obligent à mettre et enlever les pulls constamment.

Mais le mauvais temps n’arrête pas le pèlerin, et nous continuons jusqu’à Finiels où l’on remplit nos gourdes et nous arrivons à une heure environ du Pont de Monvert. Ici, des champs de vaches et des pierres très rondes, érodées par la pluie et le vent : on dirait un jeu de billes ou un légo pour géant !!!!!!
Il y a des fleurs partout,  c’est très beau et très coloré avec une nette dominante jaune : pissenlits, jonquilles, genêts… Les terrasses aménagées pour la culture sont devenues des pâturages à vaches…il y a beaucoup de vaches…le paysage est grandiose ! Les boules de granit bordent le chemin et percent la prairie, autrefois domaine de la transhumance, et ces boules sont parfois marquées d’une croix de Malte, rappelant la présence des moines chevaliers…Magnifique !!!

Nous décidons avec Arnaud de poser nos tentes par là avant d’arriver au Pont de Monvert, tant qu’il ne fait pas trop froid ( il y a encore un peu de soleil)..On attache Marius et là un couple qui promène son chien nous fait remarquer que c’est un champ à fourrages d’un air pas content…ils font demi tour et on imagine qu’ils vont nous « dénoncer » au propriétaire …mais non… personne en vue ! Il est 20h30.
Nous décidons de nous lever vers 5h demain matin car nous avons une journée de 29km à faire.

Dernière lecture avant de s’endormir :
 » Le Mont Lozère s’étend presque d’ Ouest en Est. Son point culminant, où je me trouvais, s’élève à 5600 pieds au dessus la mer et par beau temps, permet à la vue d’embrasser tout le bas Languedoc jusqu’à la méditerranée .. » Stevenson.
De ce belvédère, Stevenson contemple les Cévennes des camisards, haut lieu de la résistance protestante.

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