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Chemin de Stevenson 2012

Jour 8/ A travers des forêts magnifiques

Marius chante avant le coq ce matin et je me lève vers 6H. Un fois prêt et Marius bâté, je dis au revoir au groupe de randonneurs. La chienne qui a adopté Méry est maintenant au gîte avec les français. Il y a là trois randonneurs allemands et dès qu’ils partent, elle les suit ! Pas très fidèle, la petite chienne !!!
Je passe au village et je croise Méry qui boit son café avec un autre marcheur. Je me joins à eux et fais une halte à l’épicerie pour m’approvisionner en barres de céréales. Méry,  qui a dormi à Notre Dame des Neiges, m’apprend qu’on est bien logé mais que la cuisine laisse à désirer. Je lui réponds que les trappistes sont plutôt spécialistes des alcools, ce qui l’amuse car il n’a vu que des bières belges!
Méry reprend le chemin avec moi, puis passe devant car il marche plus vite.

 On monte doucement mais bien, régulièrement, en suivant une piste forestière dans la forêt domaniale de la Gardille. J’aperçois un chevreuil mais pas le temps de le prendre en photo ! Nous sommes à 1300m et d’ailleurs, sur le plateaux, on est toujours entre 1000 et 1300m.
Nous prenons une bonne descente jusqu’à Chabalier et un kilomètre avant d’arriver à Chabalier, je croise un groupe de randonneurs qui m’ invitent à manger avec eux. Ceux là marchent mais ne sont pas chargés car un camion porte leur nourriture. Très sympas, ces personnes, et un monsieur me fait un don de 30€ pour Elisa.
Rien de spécial au village de Chabalier. Nous longeons la départementale jusqu’à Chasserades, sur environ un kilomètre de goudron et avec la compagnie de gros camions.
 Chasserades est un très joli village, typique de Lozère, avec une très belle église en haut du village et un porche qui abrite deux petits lavoirs. En descendant de Charsserades, je vois encore deux chevreuils qui sautent dans les champs et traversent la voie ferrée.

Arrivés au hameau de Mirandolles, voilà le grand viaduc à 1215m d’altitude, qui est le second plus haut viaduc de France après le transpyrénéen. On raconte que Stevenson a passé une nuit avec les hommes participant à la construction du viaduc en 1878. Le viaduc a été ouvert à la circulation des trains seulement 24 ans plus tard !

Après Mirandolles, on longe encore la voie de chemin de fer, un peu tendus car Marius a peur des trains, puis on quitte la voie vers le hameau de l’Estampes : un peu de goudron puis le chemin s’enfonce dans une magnifique forêt : la forêt domaniale du Goulet, à 1460m. Belle, cette forêt de 1250 ha, peuplée de résineux et de hêtres, un peu magique aussi, de celles que l’on imagine peuplées de lutins et de farfadets !
Durant la traversée et jusqu’aux Alpiers, Marius a les oreilles qui font « radar » : ils les tournent frénétiquement comme pour capter des ondes. Il sent peut-être des présences ?… La Bête du Gévaudan ????

Deux kilomètres après avoir pénétré la forêt, nous passons devant le hameau de Serreméjean, en ruines, inhabité. Les murs de pierre sont envahis d’arbres et de ronces, la végétation a repris ses droits et c’est très beau !

Sortis de la forêt, un peu de route et nous retrouvons le sentier, puis on remonte en passant une rivière ( encore!) jusqu’à 1300m. Il y a là une piste qui traverse le sommet et un sentier très défoncé par les machines forestières.
Nous découvrons les sources du Lot, et sa petite rivière que nous suivons en descendant, jusqu’à un terrain bien vert mais marécageux, une tourbière. Je pensais me poser là pour la nuit, mais c’est vraiment trop humide. Alors nous traversons à pied le Lot …Pauvre Marius ! C’est sa journée! Pourtant,à ma grande surprise, il le traverse sans hésiter, et même sans moi !! Cette fois, il semble avoir dépassé sa peur !

Il est 19h et nous prenons une bonne petite montée. C’est l’heure où les animaux sortent et la nature frémit. Marius est aux aguets. Nous voyons un renard qui fait des bonds dans un champ : il est sans doute en train de chasser. Magnifique chorégraphie mais qui s’arrête quand il nous sent et qu’il se sauve !
On continue par la forêt.
A la sortie de la forêt, il y a bien un champ mais il est occupé par des vaches qui n’ont pas l’air très hospitalières ! Je débâte Marius, mais vu que les bestioles ne sont pas très accueillantes, je ne veux pas prendre le risque qu’elles s’énervent et cassent les fils de fer…alors, je rebâte Marius ( et rebelote!) et nous repartons à la recherche d’un coin plus propice au campement.
Nous passons le hameau des Alpiers, et environ un kilomètre et demi après, sur les hauteurs du Bleymard, on trouve un champ. Il est 21h45 et nous avons parcouru 27 km dans la journée.
Demain, nous attaquons un gros morceau : le Mont Lozère, avec ses 1699m au sommet du col de Sinielles.
Nous sommes toujours dans le Gévaudan et je relis Stevenson :  » « C’était en fait la terre de le Bête mémorable, le Napoléon Bonaparte des loups..Quelle carrière que la sienne ! Il figurait en placards comme un criminel politique et sa tête était mise à prix pour 10 000F… »!
Pour l’instant, pas de Bête en vue pour nous.
Il fait moins froid que la veille et nous sommes prêts à dormir à 22h30.

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