close
Chemin de Stevenson 2012

jour 7/ Un crochet par l’Ardèche

Encore une  nuit glaciale à Espradelle et ce matin, pas de soleil pour se réchauffer un peu !!! Les températures sont toujours négatives et la gelée bien évidente dans les champs. J’ai mal dormi et je suis engourdi par le froid ! J’ai du mal à bouger.
Levé à 6h15, je pars seulement à 9H et commence par une bonne grimpette. Derrière moi, j’aperçois un homme avec un chien. C’est encore mon ami Méry l’écossais !! Le chien l’a suivi depuis le gite et ne veut plus le quitter !! Il m’apprend que nous avons fait 6km déjà, lui en une heure, moi en deux heures !!!!
Méry est un type très chouette, nous parlons beaucoup tous les deux. Il me raconte un peu de sa vie : il a quitté un boulot de comptable, trop stressant et pris une année sabbatique. Pour trouver un peu de paix, il voulait faire le chemin de Compostelle puis finalement, il a choisi celui de Stevenson.Comme il aime écrire, il va essayer de vivre de sa plume d’écrivain…Nous parlons politique tout en marchant ensemble, et nous comparons  le Royaume Uni et la France, notamment par rapport aux services publics auxquels les écossais sont très attachés aussi, contrairement aux anglais. A propos des hôpitaux par exemple, l’Angleterre est un pays où l’on n’a pas vraiment envie de se faire soigner…le libéralisme a supprimé pratiquement tous les hôpitaux publics et les soins sont fait à l’économie, ce qui n’est pas (encore) le cas en Ecosse. Il est étonné, Méry, de voir, ici, des petites communes qui ont toujours une mairie, un point « poste »…ce qui n’existe plus en Angleterre. Et évidemment la conversation est venue sur notre nouveau président, et sur le président sortant !

Sa présence et les beaux paysages traversés me font oublier ma nuit difficile. Nous passons devant un lac, pas très propre, si je compare à ceux des Ecrins, à l’eau pure et transparente.
J’apprends que nous avons un article dans France Dimanche, à la rubrique de Laurent Cabrol. Bonne nouvelle qui peut susciter des dons pour Elisa !!!

Nous approchons de Luc et de son  château  sur les hauteurs ! Plus qu’un château, c’est une véritable forteresse dont une grosse bâtisse est restaurée et le donjon accessible aux visiteurs. Je tente le donjon, mais je dois m’y reprendre à deux fois ! Impossible d’y rester : j’ai beaucoup trop le vertige !!!

Je visite quand même un peu la bâtisse où je retrouve avec plaisir le groupe de randonneurs du Cheylard, puis je redescends au village de Luc.

Marius a débâté  trois fois dans la matinée, je ne comprends pas pourquoi…des mouches qui le piquent et il rue et se secoue ? Chaque fois que je dois le rebâter, je perds beaucoup de temps !!
Méry est parti devant, pour téléphoner au Cheylard et avertir que la chienne l’a suivi. Je le retrouve au village et il me garde Marius et les sacs pendant que je vais prendre un café dans un bistrot, trop près de la nationale pour m’y risquer avec Marius !
Quand je reviens, on s’amuse en dégustant un sac géant de chips, la seule chose qu’il a trouvé à acheter au bar du coin ! L’âne et la chienne tentent de lui piquer ses chips…ils auront leur part !!!
La chienne est toujours là : au téléphone on lui a répondu : « Vous en faites pas, elle reviendra!!! »

Après Luc, beaucoup de goudron et la nationale : faut que je fasse attention à Marius!
Méry repart sans moi : il marche plus vite que moi, avec ses 52 ans !!!

Premier  village après Luc : Pranlac, puis un petit pont au dessus de l’Allier.De l’autre côté du pont :
Laveyrune. Deux villages collés, juste séparés par l’Allier, l’un est en Ardèche (Laveyrune)  l’autre en Lozère ( Pranlac).  Frontière entre les deux régions : Rhône-alpes et Languedoc Roussillon.
Pranlac est un assez joli village. De grandes bâtisses, centres d’accueil, me font sourire en pensant aux jolies de vacances de Pierre Perret !!! Vétustes et pas très engageantes !!!!

On continue ! Avant d’arriver à Rogleton, nous devons passer par une grande descente très boueuse.
Marius fait son « pénible »…ira ? ira pas ? Avance… Recule..Bon, je le débâte, je parviens à le faire descendre jusqu’au bas de la pente. Je remonte chercher les sacoches et le bât. Ce sera la 4ème fois de la journée que je le débâte !!!! Et je perds encore une  heure !!! Grrrrrr!!!!
Finalement; je ne vais pas à la Trappe de Notre Dame des Neiges, je dois faire un détour de 8km et j’ai déjà pas mal ralenti aujourd’hui !
Notre Dame des Neiges, Stevenson en parle comme d’un « asile de silence ». Il écrit : « Je poursuivais ma route vers cet asile de silence. rarement me suis-je approché d’un lieu avec une frayeur plus intense que le monastère de Notre Dame des Neiges Ce fut un choc pour moi de découvrir un frère du Moyen Age… » Et il s’interroge : « Devrais-je m’adresser à quelqu’un qui a fait le voeu de silence ? »
Quand Stevenson, en 1850, est passé par l’abbaye, à 1100m sur ce plateau du Vivarais, elle était relativement récente.

Un peu plus loin, nous avons un cours d’eau à passer..Marius commence à hésiter mais le passe et comme un cours d’eau peut en cacher un autre, en voilà un second ! Avec beaucoup de maladresse mais un peu moins d’hésitations, il finit par le franchir aussi !
Nous continuons en suivant un sentier, surplombé par la voie de chemin de fer. La ligne est en fonctionnement et je crains toujours que les trains  n’effrayent Marius.. Et voilà que passe un train de marchandises…interminable ! Marius n’est pas rassuré, en effet !

Il fait très froid lorsque nous arrivons à la Bastide Puylaurent, vers 18h.
La dernière fois que j’ai rebâté Marius, il y a eu un coup de tonnerre et une averse. J’envisage donc de trouver un gîte pour passer une nuit au chaud et à l’abri. Je n’ai pas encore rattrapé mes 6 km de retard sur l’itinéraire, mais je m’arrête au gîte de la Bastide Puylaurent. Il y a un parc pour Marius qui fait les cent pas dans le parc et n’est pas très rassuré. Comme je trouve une pharmacie, j’en  profite pour soigner mes pieds qui sont très écorchés. Je prends aussi une pommade pour mes chevilles et mon genou qui présentent des signes de faiblesse. J’imagine que le climat y est pour quelque chose. Il fait vraiment froid : j’ai toujours mes deux polaires, le coupe vent et maintenant, j’ai aussi les gants. On m’avait parlé des Saints de glace. Je commence à comprendre ! Même si je préfère marcher en mai car la nature est plus verte pour Marius, je suis surpris par les températures. Il faut que j’avance car la météo annonce maintenant de la pluie pour vendredi et samedi.
Au gîte, j’ai plaisir à retrouver les randonneurs déjà rencontrés dans le premier gîte.Ils sont très gentils et s’inquiètent pour ma santé…Je retrouve aussi la dame qui marche sans son sac. Et je m’apprête à passer une bonne nuit, en espérant que Marius, qui brait beaucoup dès qu’il ne me voit pas, ne va pas nous casser les oreilles !

Un commentaire

  1. Je vous accompagne à présent dans ce périple et dans ces superbes paysages que je connais bien et dont vous m’évoquez le souvenir.
    Un regret pour vous : le temps, quel dommage qu’il fasse froid, je ne sais plus quel temps avait eu Stevenson.
    Bravo à vous et bisous à Marius.
    Doris

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !