close
Chemin de Stevenson 2012

Jour 6/ Un pied dans la Lozère

Il a fait très froid cette nuit. Deux polaires et le gros duvet n’ont pas suffit à me réchauffer. Je n’ai jamais eu aussi froid même dans le Vercors. Et ce matin, bien que j’aie trouvé un endroit à l’abri du vent, il y a de la gelée dans le champ ! Brrrrr !!!
Debout donc à 6h30 et départ vers 8H30. On garde le rythme.
Je rencontre en chemin une petite dame, déjà croisée au Puy, avec qui je discute. Elle me raconte ses problèmes de santé qui l’obligent à marcher sans son sac, sur ordre des médecins, ce qui la rend bien triste!
J’arrive à Langogne vers 10H. C’est une grande ville et j’imagine que quand Stevenson l’a traversée, elle était plus modeste et que son chemin ne passait pas dans la zone industrielle à l’entrée !!!
Je traverse le pont de l’Allier. Un peu tendu sur la nationale où il y a pas mal de circulation, je vais quand même visiter la ville de Langogne. C’est une vieille et belle ville, avec de beaux vestiges et des monuments imposants.

« Au confins de la Lozère, à laquelle elle appartient, de l’Ardèche et de la Haute-Loire, Langogne a conservé tout un ensemble de maisons très représentatif de l’architecture urbaine du Moyen Age. Ces maisons sont pour la plupart disposées en cercle autour de l’église St Gervais et St Protais. Cet édifice roman a été remanié aux XVème et XVIIème siècles. « 
La halle aux grains est magnifique : « En 1743, Dom Ambroise de Fleury, Prieur de la ville, fait construire le Halle, avec ses quatorze piliers, une des plus grandes conservée en France. C’est un lieu d’échange de céreales, de produits fermiers, cuir, laines de pays, contre chataîgnes des Cévennes, vins et huiles de Provence et d’autres marchandises venues du Midi et de la Méditerranée. Classée « monument historique », massive,elle abrita les importantes transactions de grains qui se faisaient à cette époque. De nos jours, elle accueille les marchés hebdomadaires et diverses manifestations traditionnelles. »
Il y a aussi une église du XII ème siècle bâtie sur un monastère construit en 998, avec sa  » place des moines » et les vestiges des remparts effondrés lors des guerres de religion, ce qui a permis à la ville de s’étendre hors les murs. Pour davantage d’informations sur le passé historique de Langogne, vous pouvez consulter ce site.



Je retrouve le groupe de randonneurs rencontrés au gîte et nous prenons un café ensemble.
Pour sortir de Langogne, nous commençons par un peu de goudron. Il faut redescendre dans la vallée puis regrimper vers le village de  St Flour de Mercoire, très animé par une compagnie : « LHermine de rien » et le théâtre de l’Arentelle. Une association qui vit aussi de la location de gîtes, une bonne manière de survivre dans ces contrées! 



Nous avons changé de région, nous voilà en Lozère, dans le Gevaudan.
Les paysages sont différents : finies les pierres volcaniques et la terre rouge, ici la roche est granitique avec d’énormes blocs de granite qui balisent les chemins et bordent les routes. Ces mêmes pierres font le charme des maisons anciennes, très belles, massues, comme des forteresses.
Après le déjeuner, sur le chemin, je découvre beaucoup de bois de pins et de hêtres, une autre végétation que celle rencontrée auparavant. La végétation est plus avancée qu’en Haute Loire, les prairies sont très vertes aussi et envahies de jonquilles. J’ai même vu des hectares et des hectares de pissenlits ! C’est très impressionnant pour moi et c’est un régal pour Marius !





  La température est remontée et je passe du petit pull au tee-shirt dès que le vent se calme. Il y a énormément de cours d’eau ici, au grand désespoir de  Marius, mais les chemins sont bien larges et très praticables.

Je sens que Marius a bien récupéré de sa nuit agitée et qu’il marche à bonne allure.
A l’entrée du village de Fouzillac, un troupeau de vaches occupe le chemin. Ce qui crée un peu de difficulté pour mon compagnon, intimidé par ces vaches qui font les fières. Elles le regardent dans le blanc des yeux et  nous laissent passer paisiblement…A Fuzillac, une dame me donne les 2 € qu’elle a sur elle pour l’association. A ce propos, les dons ne sont pas très abondants, ni en chemin, ni sur le blog.





Il semble, d’après son récit, que Stevenson n’ait pas été très bien accueilli à Fuzillac et qu’il a du dormir dans des marais !
Après Fuzillac, nous traversons un joli bois de hêtres et vers 18H nous arrivons au Cheylard  l’Evêque, petit village typique avec sa mairie, sa chapelle, ses maisons traditionnelles..et au milieu, coule une rivière.
Je retrouve à nouveau mes amis randonneurs et Méry, l’écossais qui est pourtant sensé marcher plus vite que  nous. Méry trouve étrange qu’en France, on s’intéresse tant à Stevenson car « pour les écossais, ce n’est pas un personnage particulièrement intéressant !!  » Je lui réponds que  » ce n’est pas Stevenson qui m’intéresse mais le chemin de 250km ! « 

Il me raconte aussi que Stevenson a écrit qu’au  Monastier, il  n’y avait que des alcooliques et que même les femmes buvaient en cachette !! Méry a retrouvé là bas la petite fille d’un cafetier qui le lui aurait confirmé. Je lui laisse la responsabilité de ses propos !!!

Cheylard L’Evêque est un tout petit village, mais il y a un bar (sans rapport avec la remarque ci dessus !) qui est un lieu de vie sociale où les villageois se retrouvent.
Après le Cheylard, je continue pour rattraper un peu le retard sur l’itinéraire. J’attaque une grosse montée dans un bois de pins, puis redescend dans la vallée. Impossible de dormir là : il y a une rivière, c’est humide et froid et l’herbe n’est pas assez abondante pour Marius. Je regrimpe donc à nouveau sur l’autre flanc et j’arrive à Espradels vers 21H. Là il y a un beau champ qui fera l’affaire pour passer la nuit.
Nous avons parcouru environ 24km aujourd’hui et rattrapé une demi journée sur le planning.
C’ est pas mal et pas trop difficile car les chemins sont plutôt praticables jusque là.
Ah oui ! Une dernière chose : je crois que Marius commence à se rendre compte que je ne partirais pas sans lui !!!



4 commentaires

  1. ça donne envie …..malgrès les difficultés …..
    le temps est pas pire qu’en Moselle! chez nous c’est tout le temps comme ça , à part 10 jours dans l’année ou on meurt de chaud pire que chez vous ! ( pas d’air! )
    courage ! c’est beau et ça fait rever, aux anges!
    esperant que cela aide la cause !

  2. Dommage que je sois absente, tu es passé devantma maison, après le square Stevenson, on prend à droite et 200 m plus laut il y a une petite maison avec une plaque  » Stevenson. bonne route  » et 3 ânes peints. Après l’article sur  » la Lozère nouvelle  » , j’aurais bien aimé parler du handicap….. Bonne continuation. Amitié. Gigi

  3. Fabuleux malgré le froid! Ton récit et tes photos donnent vraiment envie d’y aller. Ce matin en haut de la Lance on avait aussi que 5 degrés.Bonne route
    M R

Laisser un commentaire

Simple Share Buttons
Vous ne voulez manquer aucune de nos publications ? Abonnez-vous en laissant votre mail ici :
Abonnez-vous !